«Chaque match compte»: 13 fédérations, dont la FRMF, recadrent le patron de l’UEFA

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Aleksander Čeferin est président de l’UEFA depuis 2016 (©JAMES MANNING / AFP)

Dans un communiqué conjoint d’une rare fermeté, treize fédérations de football d’Afrique, dont la FRMF, des Caraïbes et d’Asie ont exprimé leur « profonde déception » après les propos d’Aleksander Čeferin. Le président de l’UEFA avait qualifié de « sans intérêt » plusieurs matchs liés à l’élargissement de la Coupe du monde.

C’est une véritable levée de boucliers internationale contre les instances du football européen. Les fédérations de football du Cap-Vert, de Curaçao, d’Ouzbékistan, du Congo et d’Haïti, officiellement soutenues en solidarité par les géants du football africain — le Maroc, l’Algérie la Tunisie, l’Égypte, le Ghana, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud — ont publié un communiqué commun pour recadrer Aleksander Čeferin.

Le président de l’UEFA a récemment déclenché une vive polémique en critiquant l’élargissement du format de la Coupe du Monde de la FIFA, n’hésitant pas à qualifier de « sans intérêt » de nombreuses affiches à venir. La réplique des nations visées a été immédiate : « Nous rejetons respectueusement mais fermement ces propos. »

« Aucun match n’est sans importance »

Pour ces treize nations, la sortie du patron de l’UEFA témoigne d’un mépris flagrant envers le travail des confédérations hors-Europe. Le communiqué rappelle avec force la dimension sociale et historique que revêt une qualification pour ces pays.

Pour le Cap-Vert, Curaçao et l’Ouzbékistan, atteindre la phase finale est un « accomplissement historique et la réalisation d’un rêve partagé par des générations ». Pour le Congo ou Haïti, c’est un retour salvateur sur le devant de la scène après des décennies d’absence, attendu par des millions de supporters.

« Suggérer que ces matchs soient d’une manière ou d’une autre moins importants […] témoigne d’un manque de reconnaissance envers les efforts, les sacrifices et les aspirations des joueurs, des entraîneurs, des clubs, des dirigeants et des supporters du monde entier », dénoncent les signataires.

Le cœur de la contestation repose sur la philosophie même du sport roi. Le collectif de fédérations rappelle une vérité essentielle : le football n’est pas la propriété exclusive d’un cercle restreint de nations d’élite.

« Sa force réside dans son universalité », insiste le communiqué. Au-delà du simple exploit athlétique, une participation au Mondial est un moteur socio-économique majeur qui « inspire une génération, accélère le développement du football local et crée des souvenirs impérissables » pour des communautés entières.

En s’associant massivement à cette protestation, les poids lourds du football africain, menés notamment par le Maroc — demi-finaliste du dernier Mondial —, envoient un message politique puissant. Ils refusent de laisser s’installer l’idée d’une Coupe du Monde à deux vitesses, où les « petites » nations ne seraient que des faire-valoir.

Le communiqué se conclut sur un mot d’ordre clair et sans équivoque, sonnant comme un avertissement aux instances européennes :

« Chaque équipe s’est qualifiée au mérite.

Chaque match compte ».

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