Les ambassadeurs des pays de l'OTAN vont se réunir lundi pour discuter de la crise…
Iran-USA: ce que l’on sait de l’accord pour cesser la guerre
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Iran et Etats-Unis sont convenus d’un accord pour mettre fin à près de quatre mois de guerre, ouvrant la voie à des négociations sur le programme nucléaire de la République islamique et la levée des sanctions.
Peu de détails ont été officiellement publiés, mais les médias iraniens ont diffusé ce qu’ils présentent comme des éléments de l’accord en 14 points.
Avant l’annonce, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré que les détails ne seraient rendus publics qu’une fois le texte signé.
Avoirs gelés
L’agence de presse iranienne Mehr a republié ce qu’elle présente comme le cadre de l’accord, précisant qu’il ne s’agissait pas du texte final.
Selon Mehr, il prévoit un « arrêt permanent et immédiat de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban ». Il stipule également la libération de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés pendant une période de 60 jours, dont la moitié de cette somme avant le début des pourparlers.
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Le projet prévoit aussi la suspension des sanctions sur la vente de pétrole iranien, de produits pétrochimiques et de leurs dérivés. Les Etats-Unis devront lever le blocus naval de ses ports et côtes, en place depuis le 13 avril, et retirer leurs forces des abords de l’Iran.
Le vice‑ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que les pourparlers finaux ne commenceraient qu’après que les Etats-Unis auront rempli des engagements clés, notamment la fin du blocus naval, celle des opérations militaires et la libération des fonds iraniens bloqués.
« Une fois ces engagements urgents exécutés, nous entrerons immédiatement en négociations », a‑t‑il déclaré à la télévision d’Etat.
Détroit d’Ormuz
Le président américain a déclaré sur son réseau Truth social que le très stratégique détroit d’Ormuz serait rouvert « sans péage ». Mehr a indiqué que l’Iran rouvrirait la voie maritime « dans un délai de 30 jours selon des modalités iraniennes », sans autres précisions.
L’agence de presse iranienne Fars a déclaré lundi que Téhéran avait ajouté l’imposition de frais de services maritimes à Ormuz dans les derniers instants des négociations.
« L’utilisation du terme +services maritimes+ signifie que Washington a accepté que des frais soient versés à l’Iran », a‑t‑elle ajouté, citant une « source informée ».
Vendredi, Abbas Araghchi avait admis que la perception de péages n’était pas compatible avec le droit international, ajoutant que l’Iran facturerait ses frais dans un dispositif mis en œuvre avec Oman.
« L’Iran a pris la décision ferme que l’administration du détroit d’Ormuz ne sera plus la même qu’auparavant », a‑t‑il relevé, décrivant cette voie maritime comme un « instrument de dissuasion » iranien.
Lundi, le président français Emmanuel Macron a promis de « tout faire pour qu’il n’y ait pas de péage » sur Ormuz.
Négociations de 60 jours
L’accord-cadre est conçu comme un prélude à 60 jours de négociations, notamment sur le programme nucléaire iranien.
L’enrichissement par l’Iran, son stock d’uranium hautement enrichi et les sanctions américaines et onusiennes de longue date devraient être abordées.
A cet égard, Abbas Araghchi a présenté comme approche privilégiée « de diluer à l’intérieur de l’Iran » le stock d’uranium enrichi.
Lundi, le New York Times rapportait un entretien téléphonique avec Donald Trump dans lequel il évoquait des discussions pour déterminer si l’Iran suspendrait son enrichissement pendant 20 ans, ou si Washington se contentait de 15.
Le président a également insisté sur le fait que les niveaux d’enrichissement de l’uranium iranien ne pourraient jamais avoir d’usage militaire, ni « dépasser un certain seuil ».
Les capacités d’uranium hautement enrichi de l’Iran doivent être « neutralisées » sous supervision de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a réclamé Emmanuel Macron lundi, en marge d’un sommet du G7 où Donald Trump est attendu.
La « reconstruction et le développement économique » du pays après‑guerre sera aussi au menu, a assuré Kazem Gharibabadi, soulignant aussi l’existence d’un mécanisme garantissant le respect de l’accord.
Ce qui manque?
On ignore encore si les négociations aborderont le programme balistique de l’Iran, ni son soutien aux groupes de la région opposés à Israël (Hamas, Hezbollah, Houthis, groupes armés irakiens).
Des questions jugées centrales par Israël. Mais selon l’agence Mehr, le « programme balistique de l’Iran et son soutien aux groupes de résistance ont été définitivement retirés de l’ordre du jour » des négociations.
« Une fois finalisé, je m’engage à expliquer les détails (de l’accord) au public », a promis vendredi le chef de la diplomatie iranienne.
