Migration: une ONG marocaine dénonce le «piège sécuritaire» du Pacte européen

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La collaboration avec le Maroc s’est nettement renforcée, a souligné la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuy © DR

Sous couvert de «solidarité», le nouveau Pacte européen pour la migration et l’asile consacre une logique résolument sécuritaire. Au Maroc, le Réseau syndical pour la migration (RSMMaroc) tire la sonnette d’alarme contre une dérive xénophobe et refuse de voir le Royaume réduit au rôle de simple garde-frontière d’une Europe barricadée.

C’est un avertissement lancé depuis Casablanca, mais qui vise directement Bruxelles. Dans un communiqué daté du 20 juin, le Réseau syndical pour la migration au Maroc (RSMMaroc) dénonce avec vigueur les nouvelles dispositions du Pacte européen pour la migration et l’asile. Pour le collectif, le vernis technocratique de «gestion des flux» ne masque plus une politique assumée de tri, de criminalisation et d’externalisation des personnes migrantes.

Selon le RSMMaroc, le Pacte entérine une capitulation politique de l’Union européenne face aux pressions internes. «Derrière ces choix politiques se trouvent les lobbys de la fachosphère de la droite, de l’extrême droite et les partis souverainistes qui ont réussi à imposer leur vision d’une Europe forteresse», accuse le réseau.

En privilégiant la dissuasion au détriment des droits humains, Bruxelles renie les engagements internationaux qu’elle revendique pourtant. Une dérive sécuritaire qui, selon le syndicat, alimente les discours xénophobes et accentue la vulnérabilité des populations migrantes.

Migration: un risque majeur sur l’équilibre social marocain

Pour Rabat, l’enjeu est d’autant plus sensible que le Royaume est à la fois pays de transit, d’accueil et de départ. L’externalisation des frontières voulue par l’UE faitdonc  peser un risque majeur sur l’équilibre social marocain. Le RSMMaroc avertit: le pays pourrait une nouvelle fois payer le prix de «l’irresponsabilité européenne», tandis que les communautés migrantes installées au Maroc seraient les premières victimes de cette déshumanisation.

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Le réseau appelle ainsi l’exécutif marocain à une position ferme, en ne cautionnant pas un accord qui ferait du Maroc un sous-traitant sécuritaire de l’Europe, au détriment des droits fondamentaux des migrants.

Au-delà de la réponse diplomatique à apporter à Bruxelles, le RSMMaroc estime que le Maroc doit réformer en profondeur son propre cadre législatif. Le collectif réclame une révision urgente de la loi 03-02, jugée obsolète et répressive par de nombreux acteurs associatifs.

Ses revendications s’articulent autour de trois priorités. Il s’agit en premier de garantir les droits fondamentaux: accès effectif à la santé, à l’éducation, à la justice et au marché du travail. Il faudra aussi adopter une approche humaine: des politiques qui s’attaquent aux causes profondes plutôt qu’aux symptômes. Et enfin, poursuit l’ONG, combattre le racisme: lutter contre les discours et actes xénophobes visant les communautés migrantes.

« La migration n’est pas un crime. Elle est un droit », rappelle le réseau, qui appelle à une mobilisation syndicale, associative et démocratique, au Maroc comme en Europe.

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