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Bac 2026: privée de la vue, Malak Abaouss signe une brillante réussite
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Il était à peine deux heures et demie du matin lorsque Malak Abaouss a consulté les résultats du baccalauréat. En un instant, des années d’efforts, de persévérance et d’attente ont été récompensées par une moyenne de 16,14 à l’examen national unifié du baccalauréat, filière sciences physiques, option française.
Derrière cette réussite se trouve le parcours inspirant d’une jeune fille qui a refusé de laisser la perte de la vue freiner ses ambitions. Malak a perdu totalement la vue à l’âge de 12 ans, alors qu’elle poursuivait ses études en première année du collège, mais elle a su transformer cette épreuve en une source de motivation pour poursuivre son parcours scolaire avec détermination.
Malgré la douleur du moment, une conviction s’est rapidement imposée à elle: ne jamais céder au découragement. Cette expérience a renforcé sa détermination à prouver que le handicap visuel ne constitue en rien un obstacle à la réussite ni à la réalisation de ses ambitions.
Dans un entretien à la MAP, Malak a confié avoir été submergée par une immense joie à l’annonce des résultats du baccalauréat, non seulement parce qu’elle a obtenu son diplôme avec la mention Très Bien, mais aussi parce qu’elle a eu la certitude que les années de travail acharné, de persévérance et de sacrifices consentis n’avaient pas été vaines.
Pour Malak, ce défi s’est transformé en un véritable projet de vie. Alors que certains s’étonnent de son choix de poursuivre des études en sciences physiques, la jeune bachelière explique avoir tout simplement suivi sa passion pour les disciplines scientifiques. Une orientation qui correspond pleinement à sa curiosité intellectuelle.
Consciente des exigences de cette filière, elle s’investit sans relâche tout au long de l’année scolaire. Aux côtés de ses enseignants, elle développe notamment ses capacités d’analyse et de représentation mentale, devenues des outils essentiels pour appréhender des concepts souvent fondés sur l’observation visuelle.
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L’étude des sciences n’était toutefois pas une tâche aisée pour une élève non-voyante. Les figures géométriques et les graphiques, omniprésents dans l’enseignement scientifique, l’obligeaient à rechercher constamment des solutions alternatives.
Elle raconte qu’elle faisait appel à sa sœur ou à ses amies, qui reproduisaient les schémas et les figures en relief afin qu’elle puisse les identifier par le toucher avant de les exploiter comme n’importe quel autre élève en classe.
Mais la réussite de Malak ne se limite pas au domaine scolaire. Le sport occupe également une place centrale dans son parcours. Initiée dès l’âge de quatre ans à la pratique sportive, elle se passionne plus tard pour l’aïkido, discipline dans laquelle elle réalise un parcours remarquable, couronné par l’obtention de la ceinture noire deuxième dan au niveau national et premier dan au niveau international.
Selon elle, le sport lui a apporté bien davantage qu’une simple condition physique. Il lui a inculqué la discipline, la maîtrise de soi, la capacité d’analyse et le sens de la décision. L’aïkido, tout comme la musique, a constitué un précieux levier pour surmonter le choc de la perte de la vue et renforcer sa confiance en elle.
Cette trajectoire exemplaire repose également sur un environnement familial profondément engagé à ses côtés. Sa mère s’est toujours attachée à ce qu’elle ne se sente jamais différente des autres enfants. Lorsque sa vue lui permettait encore de lire, elle prenait soin d’agrandir les textes scolaires afin de faciliter son apprentissage et de préserver son intégration en classe.
Sa sœur Dounia n’hésite pas à qualifier cette réussite de « véritable miracle » au regard des obstacles surmontés, soulignant que toute la famille a accompagné Malak à chaque étape de son parcours, depuis les premiers signes de la dégradation de sa vue jusqu’au moment tant attendu de l’annonce des résultats du baccalauréat.
Selon Dounia, Malak a toujours été une élève brillante et distinguée, mais la perte de la vue a poussé la famille à rechercher en permanence les meilleurs moyens de l’accompagner et de la soutenir.
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Malgré les difficultés, la jeune bachelière n’a jamais perdu confiance en l’avenir. Elle aspire désormais à poursuivre ses études à l’Université Mohammed VI Polytechnique, avec un intérêt particulier pour la kinésithérapie, un domaine qui conjugue, selon elle, son attrait pour les sciences et sa passion pour le sport.
Interrogée sur le moment où elle a eu le sentiment d’avoir vaincu la peur, et pas seulement le handicap, elle marque une pause avant de répondre : « Lorsque les résultats sont apparus, j’ai compris que tous ces efforts n’avaient pas été inutiles. À cet instant, j’ai senti que j’avais relevé le défi ».
L’histoire de Malak Abaouss n’est pas seulement celle d’une élève non-voyante ayant obtenu une excellente moyenne au baccalauréat. C’est aussi le récit d’une volonté qui a choisi de voir avec le cœur et la détermination ce que les yeux ne pouvaient plus percevoir, transformant ainsi la perte de la vue en moteur d’excellence et de dépassement de soi.
