Le groupe spécialisé en études de marché au Maroc et en Afrique, Sunergia, s’est intéressé…
Dépenses, alimentation, loisirs: comment les Marocains s’adaptent à la vie chère (enquête)
Publié le
Une récente enquête du cabinet Sunergia, menée en collaboration avec L’Economiste, s’est penchée sur comment les Marocains perçoivent réellement l’évolution des prix au cours des 12 derniers mois.
Les enquêteurs de Sunergia ont posé trois questions principales aux participants. La première était de savoir s’ils estiment que les prix ont augmenté au Maroc au cours des 12 derniers. Une forte majorité des Marocains interrogés, soit 94%, ont répondu par l’affirmative.
Plus en détails, 81% rapportent une «forte» augmentation, tandis que 13% parlent d’une augmentation «modérée». À l’inverse, seuls 4% estiment que les prix sont restés stables, alors que 2% considèrent qu’ils ont diminué. Cette perception d’une flambée des prix est particulièrement marquée chez les femmes ainsi que chez les personnes âgées de 35 à 44 ans, souligne l’étude.

Face à cette hausse généralisée du coût de la vie, les Marocains ont été nombreux à modifier leurs habitudes de consommation afin de préserver leur pouvoir d’achat, fait savoir l’étude. Ainsi, 62% des répondants ayant constaté une augmentation des prix déclarent avoir réduit leurs achats non essentiels. Ils sont également 42% à acheter les produits en plus petites quantités.
Lire aussi. HCP: les Marocains toujours préoccupés par le coût de la vie et le chômage
Quelque 18% des personnes interrogées ont dit avoir réduit leurs dépenses de loisirs et de sorties, tandis que 12% affirment comparer davantage les prix avant de passer à l’achat. D’autres stratégies d’adaptation concernent le recours plus fréquent aux promotions (7%), l’utilisation de l’épargne (5%) ou encore le choix de marques moins coûteuses (4%).
À l’inverse, 14% des sondés affirment ne pas avoir modifié leurs habitudes de consommation, une tendance davantage observée chez les hommes et les catégories socioprofessionnelles les plus aisées (CSP A/B).

Concernant les postes budgétaires les plus affectés par la situation, les dépenses de loisirs et de sorties arrivent en tête, citées par 62% des répondants. Cette tendance est particulièrement marquée chez les femmes, les jeunes adultes âgés de 25 à 34 ans, les citadins et les ménages appartenant à la classe moyenne (CSP C).
L’alimentation arrive juste derrière, avec 61% des répondants déclarant avoir réduit leurs dépenses dans ce domaine. Cette situation touche davantage les personnes âgées de 45 ans et plus ainsi que les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées (CSP D/E).
Enfin, 33% des sondés affirment avoir revu les dépenses d’habillement à la baisse par, devant le transport et les carburants (27%).
Certains postes de dépenses demeurent, toutefois, relativement préservés malgré les contraintes budgétaires. Seuls 3% des répondants déclarent en effet avoir réduit leurs dépenses de santé et d’éducation, signe que ces besoins continuent d’être considérés comme prioritaires par les ménages marocains.

