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Coface: le Maroc conserve sa note « B » et confirme son attractivité économique
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Porté par une dynamique d’investissement exceptionnelle et des chantiers d’infrastructures d’envergure, le Maroc conserve en 2026 sa note «B» chez Coface.
Malgré un environnement mondial instable et des tensions sociales internes, le Maroc affiche une résilience macroéconomique notable, soutenue par un tourisme record, une politique budgétaire maîtrisée et une stabilité monétaire qui consolident sa trajectoire. L’assureur‑crédit Coface a reconduit la note de risque pays du Royaume à «B» et confirmé la notation «A4» pour le climat des affaires, un signal de stabilité dans un contexte économique mondial incertain.
Cette évaluation reflète la résilience du Royaume, dont les moteurs de croissance restent solides en 2026, malgré des vulnérabilités structurelles persistantes et une demande extérieure en repli. Après un exercice 2025 marqué par un record de 19,8 millions de touristes (+14 % en glissement annuel), les services et l’investissement continuent de tirer l’activité.
Le secteur de la construction bénéficie d’une accélération notable, stimulée par les préparatifs de la Coupe du monde 2030. Plusieurs projets structurants sont en cours, dont le nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V (1 milliard de dollars), l’extension de la ligne à grande vitesse Tanger–Kénitra vers Marrakech et le futur stade Hassan II, annoncé à 490 millions de dollars.
Parallèlement, les autorités renforcent les capacités industrielles et logistiques dans les provinces du Sud, notamment à Dakhla, El Argoub et El Guerguerat, tout en poursuivant une stratégie de souveraineté énergétique fondée sur les renouvelables et la gestion de l’eau.
Équilibre budgétaire et stabilité monétaire
Sur le plan budgétaire, Coface juge la trajectoire viable, même si la réduction du déficit reste progressive. Les recettes ont fortement augmenté en 2025 (+16 %), portées par les réformes de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les sociétés et de la TVA. Mais les dépenses ont également progressé (+15,6 %), sous l’effet de la hausse de la masse salariale (+8,4 %) et de l’augmentation du salaire minimum du secteur public à 4.500 dirhams.
Les budgets de la santé et de l’éducation ont été relevés de plus de 15 %, en réponse aux manifestations du mouvement GenZ212 d’octobre 2025. À l’approche des législatives de septembre 2026, Coface anticipe une vigilance accrue quant au respect des plafonds budgétaires, dans un climat social encore tendu.
Quant à la politique monétaire, elle demeure stable: Bank Al‑Maghrib maintient son taux directeur à 2,25 % depuis mars 2025, soutenue par une inflation contenue sous les 2 %. Le pays dispose en outre d’un filet de sécurité grâce au renouvellement, en avril 2025, de sa ligne de crédit flexible de 4,5 milliards de dollars auprès du FMI.
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Sur le front extérieur, le déficit courant devrait légèrement se creuser en 2026. La baisse attendue des prix du phosphate diammonique, la faiblesse de la demande automobile en Europe et la morosité du textile pèseront sur les exportations, tandis que les importations resteront dynamiques, tirées par les besoins en équipements pour les chantiers d’infrastructures et une demande intérieure robuste.
Cependant, le déficit commercial structurel du Maroc est largement compensé par l’excédent des services — porté par le tourisme — et par les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Les réserves de change, équivalentes à 5,5 mois d’importations fin 2025, demeurent jugées adéquates.
Cap sur les législatives de 2026
Sur le plan politique, Coface rappelle que les élections de septembre 2026 interviennent dans un contexte de tensions sociales, marqué par une relation dégradée entre la jeunesse et la sphère politique. La coalition RNI‑PAM‑PI devrait rester majoritaire, même si la redistribution des sièges pourrait évoluer. Les attentes envers le futur exécutif sont élevées, notamment sur les questions d’inégalités, de chômage des jeunes (35,8 %) et de financement des services publics.
À l’international, les relations avec l’Algérie restent le principal point de friction, tandis que les liens avec l’Union européenne demeurent complexes autour du dossier du Sahara marocain. Rabat continue toutefois de renforcer ses partenariats stratégiques, notamment avec les États‑Unis (adhésion en janvier 2026 au Conseil de paix du président Trump) et avec l’Afrique de l’Ouest, via des projets structurants comme le gazoduc Afrique‑Atlantique.
