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Mondial 2026: Mohamed Ouahbi, l’homme de l’ombre qui a transfiguré le Maroc
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Loin des projecteurs, Mohamed Ouahbi a œuvré pendant des années dans des centres de formation en Belgique, avant que le Maroc ne le remarque enfin et lui confie les rênes des Lions de l’Atlas, qu’il compte bien mener au titre suprême.
« Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde. » Ce message, Ouahbi l’a envoyé à qui voulait bien l’entendre, après la victoire contre Haïti (4-2) en phase de groupes du Mondial. D’aucuns songeant en retour, qu’étant donné le modeste adversaire battu ce jour-là, il était peut-être prématuré de faire une si grande déclaration d’intention.
Ne pas s’y méprendre, chez le sélectionneur il y a le discours et la méthode, corrélés par la même volonté de surfer sur l’excellent parcours réalisé en 2022 au Qatar, où les Marocains avaient atteint les demi-finales, battus par la France, et, surtout, de s’en donner les moyens.
Si cette performance, la meilleure à ce jour d’un pays africain, a changé le statut du Maroc dans le concert des nations, un autre accomplissement ô combien remarquable a mis en lumière une génération de joueurs très talentueux, devenus l’an passé champions du monde des moins de 20 ans au Chili, en battant sur leur route rien de moins que l’Espagne, le Brésil, la France et l’Argentine.
18 ans à Anderlecht
Cette équipe a été façonnée par Mohamed Ouahbi. Un entraîneur que personne ne connaissait au pays jusqu’en 2022, date de sa nomination par le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, interpellé par la qualité de son travail de formateur effectué à Anderlecht.
C’est en effet en Belgique, où il est né en 1976 à Schaerbeek, dans la banlieue de Bruxelles, que tout commence pour celui qui se prend de passion pour le ballon rond en suivant le parcours du Maroc au Mondial 1986 au Mexique, où les Lions de l’Atlas avaient atteint les huitièmes de finale pour la première fois.
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Mais pas au point de devenir joueur pro. Ouahbi, qui veut concilier son métier de professeur d’éducation physique avec le foot, débute à l’âge de 21 ans comme éducateur au Maccabi Bruxelles. Puis, en 2003, il est recruté par le club d’Anderlecht pour entraîner différentes sections de jeunes.
Il contribue à l’éclosion de plusieurs futurs internationaux belges, tels que Youri Tielemans ou Jérémy Doku, jusqu’à devenir treize ans plus tard l’adjoint de l’équipe première, durant quelques mois, avant de reprendre ses fonctions au centre de formation.
En 2022, après un court passage en Arabie saoudite, au club d’Al-Fateh, il est l’heure d’œuvrer pour son pays. En trois ans, il bâtit une équipe autour de jeunes majoritairement binationaux, s’inscrivant dans la stratégie mise en place depuis deux décennies par la FRMF, et connaît donc la consécration au Mondial U20.
Il n’en faut pas plus pour le désigner successeur de Walid Regragui, démissionnaire après une Coupe d’Afrique des nations 2025 remportée sur tapis vert à domicile aux dépens du Sénégal. « L’équipe a besoin d’un nouveau souffle et d’une nouvelle vision », dit ce dernier en partant.
« Plus-value »
Ouahbi, qui prône un style de jeu orienté vers l’attaque, le contrôle du jeu et le pressing haut, va les lui apporter. Très vite, il fédère non seulement les joueurs à son projet, mais aussi les suiveurs. « Des interrogations existaient quant à sa capacité à diriger une sélection remplie de stars, mais ce que nous avons vu lors des matches amicaux était prometteur », se souvient l’ancien international Abdelaziz Bennij.
« Il est arrivé à un moment où tout le monde avait des inquiétudes (…) Le pari était immense et il l’a réussi », ajoute-t-il, soulignant que « le visage de l’équipe a complètement changé ».
Ouahbi « a véritablement apporté une plus-value, et ne s’est pas contenté de poursuivre le travail existant », estime l’ancien international Aziz Bouderbala, l’un des artisans de l’épopée de 1986.
Au Mondial, porté par le capitaine Achraf Hakimi, Brahim Diaz ou encore Ismaël Saibari, révélation du tournoi avec trois buts inscrits, le Maroc a envoyé un premier message fort contre le Brésil (1-1), avant d’éliminer les Pays-Bas aux tirs au but lors d’un seizième de finale épique, puis de s’offrir le droit de défier la France en quarts.
« Lorsque j’ai pris les commandes de la sélection, je voulais imposer mon empreinte et mes principes de jeu », a dit Ouahbi. Il y est parvenu en à peine un peu plus de trois mois, ouvrant une nouvelle ère où un destin peut-être doré l’attend.
