Enlèvement d’Amir DZ: la justice française maintient l’agent consulaire algérien en détention

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Affaire Amir DZ : l'Algérie s'insurge contre la détention en France d'un agent consulaire
Le blogueur Amir DZ lors d'une manifestation contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, à Paris, en mars 2019. © DR

La justice française a décidé le maintien en détention de l’agent consulaire algérien soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement, en 2024 en France, de l’opposant et influenceur algérien Amir Boukhors, surnommé Amir DZ.

Cette décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris est conforme aux réquisitions du parquet général, qui avait requis la confirmation de l’ordonnance du juge des libertés et de la détention (JLD) refusant sa remise en liberté, selon une source proche du dossier.

D’après cette source, le parquet général avait évoqué notamment un risque de pression sur les témoins, de concertation avec des personnes impliquées dans l’affaire, de trouble à l’ordre public et la nécessité de garantir sa présence sur le territoire français.

Le parquet général avait ainsi pris le contre-pied du parquet national antiterroriste (Pnat). Ce dernier, à la suite d’une demande de mise en liberté déposée le 10 juin par la défense de l’agent, avait requis « au regard des pièces justificatives fournies » sa « mise en liberté et (son) placement sous contrôle judiciaire », selon une autre source judiciaire.

Mais saisi par le juge d’instruction, le JLD avait rejeté cette demande le 18 juin, et l’agent consulaire avait fait appel.

L’avocat d’Amir Boukhors, Eric Plouvier, s’était inquiété auprès de l’AFP que l’agent consulaire algérien, inculpé en avril 2025, puisse servir de monnaie d’échange en vue de la libération par Alger du journaliste Christophe Gleizes. Il avait dénoncé un « marchandage ».

Lire aussi. Amir DZ: le mystérieux enlèvement au coeur de la crise France-Algérie

Le journaliste sportif français avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie, dans le nord-est de l’Algérie, où il réalisait un reportage sur une équipe de football. Il a été condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », une peine confirmée en appel en décembre.

Les réquisitions du Pnat « étaient une anomalie », a réagi jeudi Me Plouvier, sollicité par l’AFP. « Le parquet général et la cour d’appel ont repris les choses en main en déconnectant cette affaire du contentieux qui oppose France et Algérie à propos du journaliste maintenu dans les geôles algériennes », a-t-il souligné.

Interrogées par l’AFP, les avocates de l’agent consulaire se sont refusées de leur côté à tout commentaire. « Le sort de Christophe Gleizes ne laisse pas Amir DZ indifférent, bien au contraire », mais un éventuel échange, après une libération, « créerait un fâcheux précédent légitimant des +trocs+ intercontinentaux ne relevant pas de la compétence des juges », avait récemment estimé Me Plouvier. Cela donnerait « un blanc-seing aux barbouzes de tous les Etats voyous ».

L’enlèvement d’Amir DZ, dans lequel sa défense voit la main d’Alger, et le sort de Christophe Gleizes avaient renforcé les tensions entre Paris et Alger. Celles-ci ont connu un début d’apaisement ces derniers mois. Les parents de Gleizes ont exprimé leur espoir que le président algérien Abdelmadjid Tebboune accorde sa grâce au journaliste.

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