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Investissements: le marché financier marocain pénalisé par des obstacles persistants (rapport)
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Alors que le dernier rapport de l’agence MSCI sur l’accessibilité des marchés met en lumière des réformes notables à travers le monde, la place financière marocaine stagne dans la catégorie des «Marchés frontières», entre restrictions de change, manque de transparence en anglais et rigidités opérationnelles.
L’accessibilité d’un marché financier ne dépend pas uniquement de ses performances économiques, mais de la clarté et de la fluidité de ses règles du jeu. C’est ce que rappelle chaque année le géant des indices boursiers Morgan Stanley Capital International (MSCI) dans son très attendu Global Market Accessibility Review. Son édition de juin 2026 révèle que si plusieurs marchés émergents et frontières ont profité de réformes audacieuses, le Maroc affiche un bilan contrasté, marqué par la persistance de barrières structurelles qui freinent les investisseurs internationaux.
Classé dans la catégorie des « Marchés frontières », le Royaume peine à répondre aux standards de flexibilité opérationnelle et de libéralisation recherchés par les grands gestionnaires de fonds. Le contrôle des changes et les procédures de rapatriement des capitaux restent au cœur des préoccupations.
Pour un investisseur étranger, la capacité à déplacer ses capitaux sans friction, retard ou coût excessif est essentielle. Or, au Maroc, l’absence de preuves tangibles sur l’origine des flux de devises entrants peut entraîner des restrictions strictes lors des opérations de sortie.
MSCI rappelle également que les rapatriements doivent obligatoirement passer par des comptes convertibles en dirhams, et que tout investissement financé par des transferts entrants doit être formellement déclaré auprès de l’Office des changes.
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Cette lourdeur administrative est renforcée par un marché des changes très encadré: des restrictions persistent sur le marché offshore du dirham, tandis que le marché onshore impose que chaque opération de change soit directement liée à une transaction de titres sous-jacente.
Investir au Maroc: un cadre opérationnel encore pénalisant
L’efficacité du cadre opérationnel constitue un autre point de friction pour la Bourse de Casablanca. Selon l’évaluation 2026 de MSCI, plusieurs lacunes persistent et continuent de peser sur l’attractivité du marché. A commencer par l’accès à l’information financière qui reste limité, notamment parce que les données relatives aux entreprises cotées et une partie de la réglementation ne sont pas systématiquement disponibles en anglais, ce qui réduit l’égalité d’accès pour les investisseurs internationaux.
Le système de compensation et de règlement présente également des contraintes. Le cadre marocain ne reconnaît pas le statut de nominee, pourtant largement utilisé dans les marchés développés pour simplifier la gestion des comptes. Par ailleurs, les facilités de découvert pour les investisseurs étrangers demeurent fortement restreintes, ce qui complique certaines opérations de liquidité.
Le coût de courtage constitue un autre frein. La concurrence limitée entre les intermédiaires financiers locaux maintient des frais de transaction jugés relativement élevés par les gestionnaires de portefeuilles internationaux. Enfin, la transférabilité des titres reste entravée par des restrictions importantes sur les transactions hors‑marché, ce qui réduit la flexibilité opérationnelle recherchée par les investisseurs institutionnels.
Le maintien du Maroc dans la même catégorie contraste avec la tendance globale. Le rapport 2026 de MSCI recense davantage d’améliorations que de détériorations dans le reste du monde. Plusieurs pays ont transformé leurs intentions politiques en réformes concrètes : l’Arabie Saoudite a supprimé le statut contraignant de Qualified Foreign Investor, le Chili a fluidifié le rapatriement des capitaux, tandis que des pays de la zone euro comme la Croatie, la Roumanie ou la Slovénie ont vu leur stabilité institutionnelle progresser.
Pour le Maroc, l’enjeu des prochaines années sera de moderniser son infrastructure de marché et d’assouplir son cadre réglementaire afin de regagner l’intérêt des flux internationaux et, à terme, espérer rejoindre le club plus prestigieux des « Marchés émergents ».
