Maroc: les clés de la chute spectaculaire de l’inflation en 2025 (BAM)

Publié le
Indice des prix : hausse annuelle modérée, repli mensuel en mars selon le HCP
Image d'illustration © Unsplash

Panier de la ménagère allégé, pétrole en baisse et taux directeur ajusté au millimètre: en 2025, l’inflation marocaine s’est effondré à 0,8 %. Décryptage d’une année d’accalmie, portée par une croissance solide mais toujours en quête de nouveaux emplois.

Après plusieurs années de tensions sur les prix, l’économie marocaine a retrouvé en 2025 un climat nettement plus apaisé. Entre un panier alimentaire qui se détend, une politique monétaire finement ajustée et des conditions climatiques favorables, l’année dernière a offert une véritable bouffée d’oxygène aux ménages. Le dernier rapport annuel de Bank Al‑Maghrib (BAM), remis lundi par le wali Abdellatif Jouahri au Roi, confirme cette embellie: l’inflation est tombée à 0,8 %, un niveau qui semblait encore hors d’atteinte il y a peu.

La première explication de cette accalmie se trouve dans les produits frais. L’huile d’olive, longtemps devenue un produit de luxe, a vu ses prix reculer grâce à une récolte exceptionnelle. Ce retour à la normale a immédiatement allégé le panier des ménages.

Dans le même registre, l’appel royal à s’abstenir du sacrifice lors de l’Aïd Al‑Adha a eu un effet direct sur le marché des viandes fraîches: la pression sur la viande rouge s’est relâchée, entraînant une baisse notable des prix. À cela s’ajoute un recul des cours internationaux du pétrole, qui a permis de contenir l’inflation importée. L’ensemble forme un cocktail favorable qui a contribué à ramener les prix à des niveaux plus supportables.

Inflation: le bon timing de Bank Al‑Maghrib

La détente des prix s’explique aussi par une politique monétaire menée avec précision. En mars 2025, Bank Al‑Maghrib (BAM) a procédé à une troisième baisse consécutive de son taux directeur, assouplissant les conditions financières sans brusquer l’économie. Elle a ensuite choisi de maintenir ce taux inchangé pour le reste de l’année, offrant un cadre stable aux entreprises comme aux ménages. Cette stratégie graduelle a permis de soutenir l’activité tout en gardant l’inflation sous contrôle.

Lire aussi. HCP: l’inflation s’accentue de 0,4% en avril, tirée par les carburants

Mais l’année 2025 n’a pas seulement été marquée par une inflation en recul: la croissance a également accéléré pour atteindre 4,9 %, portée par un secteur du BTP dynamique, un tourisme en pleine expansion et un investissement public en forte hausse (+16,3 % en volume).

Cependant, cette performance ne se reflète pas pleinement sur le marché du travail. Malgré 193.000 créations d’emplois, le taux de chômage est resté bloqué à 13 %, touchant particulièrement les jeunes et les femmes. L’économie avance, mais l’emploi peine encore à suivre le rythme.

Pour les ménages, l’année 2025 marque un réel soulagement: la maîtrise des prix redonne du souffle au pouvoir d’achat. Le défi reste désormais de traduire cette embellie en opportunités concrètes sur le marché du travail. Si la croissance continue de s’affirmer et que les réformes structurelles se poursuivent, l’amélioration pourrait enfin se ressentir dans tous les foyers.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Maroc: les clés de la chute spectaculaire de l’inflation en 2025 (BAM)

S'ABONNER
Partager
S'abonner