Le président français Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte Macron, a quitté le Maroc,…
Maroc-France: après la visite d’Etat de Macron, quel bilan?
Publié le
La visite d’État du président français, Emmanuel Macron, au Maroc semble avoir tenu ses promesses. Les sujets qui ont primé lors de ce séjour sont le Sahara marocain, l’immigration et le renforcement du partenariat économique entre Paris et Rabat.
Après trois jours d’une visite d’État de grande envergure, l’heure n’était pas uniquement à l’apaisement, mais à la relance d’un partenariat privilégié aujourd’hui rénové, avec à la clé plus de 10 milliards d’euros d’investissements. Le Royaume du Maroc et la France ont conclu plusieurs accords dès le premier jour de la visite d’État d’Emmanuel Macron, accueilli en grande pompe par le Roi Mohammed VI. Des partenariats renouvelés, des accords scellés et un président français qui a déjà retourné l’invitation au Souverain.
Le point d’orgue de cette visite demeure le discours du président français devant le Parlement où il était notamment question de lever toute ambiguïté sur la nouvelle position de Paris sur le dossier du Sahara. Macron a réaffirmé mardi que « le présent et l’avenir » du Sahara « s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ».
La France emboite ainsi le pas aux Etats-Unis, l’Espagne ou encore l’Allemagne, qui ont déjà reconnu la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Macron a évoqué des investissements français dans les provinces du Sud pour appuyer cette reconnaissance. « Nos opérateurs et nos entreprises accompagneront le développement de ces territoires au travers d’investissements, d’initiatives durables et solidaires au bénéfice des populations locales », s’est-il engagé.
Pluie d’accords
Pas moins de 43 accords ont été signés lundi et mardi derniers et bon nombre d’entre eux font la part belle à l’énergie. Il s’agit notamment du partenariat entre l’OCP et Engie qui devra booster la transition énergétique en misant sur les énergies renouvelables. L’Agence française de développement va aussi aider l’OCP à décarboner sa chaîne d’exploitation via un prêt de 350 millions d’euros.
Lire aussi. Sahara, Algérie, immigration… Les points clés du discours de Macron au Parlement
EDF a conclu un partenariat avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour «poursuivre le développement des capacités de production d’énergie éolienne au Maroc». Hydrogène de France (HDF) a également concouru pour un appel d’offres en matière d’énergies renouvelables.
Sur un autre registre, l’équipementier aéronautique français Safran prévoit d’installer à Casablanca un site de maintenance et de réparation de son moteur vedette LEAP. Le transporteur maritime CMA CGM coexploitera le terminal portuaire de «Nador West Med». Le groupe Suez, lui, construira et exploitera deux centres de traitement des déchets alors que Veolia a signé un protocole d’accord pour le lancement d’un projet de dessalement d’eau de mer, présenté par le groupe comme le plus grand d’Afrique et le deuxième plus grand au monde.
Sur le volet de l’immigration, qui constituait une « attente forte en France », Macron a appelé, dans son discours devant le Parlement marocain, à une « coopération naturelle et fluide » et à « davantage encore de résultats ». Une phrase qui sonne plutôt comme un reproche.
Lire aussi. Maroc-France: vingt-deux accords signés au premier jour de la visite de Macron
En effet, les réadmissions des étrangers en situation irrégulière en France sont conditionnées par l’octroi, par le pays de retour, d’un laissez-passer consulaire. C’est un document indispensable en l’absence de passeport. Début octobre, Nasser Bourita, avait, rappelons-le, précisé que le Royaume est « prêt à rapatrier tout migrant irrégulier dont il est attesté qu’il est Marocain et est parti du territoire marocain ».
Il y aussi la problématique des mineurs non accompagnés. Le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit et son homologue français Bruno Retailleau ont confirmé que le Maroc s’est préparé à accueillir ces jeunes en mettant en place des centres de protection et de formation. Un dispositif qui vise à assurer leur retour et faciliter leur réinsertion dans leur pays d’origine.
Sauf que ce dispositif demeure complexe. En France, la loi interdit l’expulsion de mineurs étrangers non accompagnés, considérés avant tout comme des enfants en situation de vulnérabilité, et donc protégés par les dispositifs de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Ces jeunes bénéficient des mêmes droits que les enfants français conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989.
