Affaire Aït El Jid: report du procès en appel d’Abdelali Hamieddine, voici la nouvelle date

Publié le
Report du procès d’Abdelali Hamieddine : la défense demande plus de temps pour préparer sa stratégie
Le dirigeant du PJD Abdelali Hamieddine à sa sortie de la Cour d'appel après le report de sa première audience en appel, le 24 juin à Fès. © DR.

La chambre criminelle de la Cour d’appel de Fès a décidé ce lundi matin de reporter le procès en appel d’Abdelali Hamieddine, dirigeant du Parti justice et développement (PJD), dans l’affaire du meurtre de l’étudiant Benaïssa Aït El Jid. L’audience aura lieu le 27 janvier 2025.

Abdelali Hamieddine, poursuivi pour sa participation à l’homicide volontaire de l’étudiant de gauche Benaïssa Aït El Jid en 1993 à Fès, comparaît en liberté provisoire dans cette affaire. Le procès en appel, qui devait initialement se tenir ce lundi, n’a pas démarré comme prévu et devra attendre plusieurs semaines supplémentaires avant d’être relancé.

Ce report, le deuxième après celui de l’audience du 24 juin dernier, a été demandé par les avocats des accusés ainsi que par la partie civile. La raison: un délai supplémentaire pour préparer la défense et organiser la convocation de témoins, notamment El Khammar Haddioui.

Soutiens politiques présents

Comme lors des précédentes audiences, il y a eu une forte présence de responsables du PJD. Parmi eux, Idriss Azami Idrissi, président du conseil national du parti, et Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire, étaient présents, accompagnés de responsables locaux du PJD.

Lors de la précédente audience, l’avocat d’Abdelali Hamieddine, Me Omar El Hallaoui, avait déclaré à la presse que la défense comptait sur la double instance judiciaire pour rendre justice à son client.

Selon lui, la condamnation prononcée en première instance, à savoir trois ans de prison ferme assortis d’un dédommagement de 20.000 dirhams au profit de la famille du défunt, était «incorrecte» et ne correspondait pas à la loi.

Me El Hallaoui a ajouté qu’il demanderait à la Cour de «remettre les choses en ordre» en soulignant que rouvrir ce dossier serait incompatible avec les conventions internationales, la Constitution et les principes du procès équitable. De plus, il a précisé qu’il demanderait la relaxe de son client sur le fond si la demande de non-reprise de procès était rejetée.

La chambre criminelle de la Cour d’appel de Fès avait reconnu le leader PJDiste coupable de «coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner».

Réparation de l’IER

Principal accusé dans cette affaire, Abdelali Hamieddine a toujours nié en bloc les chefs d’accusation contre lui, dont notamment le meurtre par préméditation. Son parti l’a défendu bec et ongles depuis le début de ce procès, et l’actuel secrétaire général du parti et ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, l’avait même accompagné au procès en première instance.

Considéré avec Driss Azami comme l’un des deux futurs leaders du parti de la Lampe, Hamieddine avait été condamné en 1993 à deux ans de prison. Après avoir purgé cette peine, il avait obtenu réparation en 2004 de la part de l’Instance équité et réconciliation(IER) pour «torture subie lors de son arrestation».

Lire aussi: Affaire Aït El Jid: Abdelali Hamieddine écope de 3 ans de prison ferme

Cela fait des années que le dirigeant islamiste ne cesse de plaider son innocence en mettant en avant le principe de l’autorité de la chose jugée (res iudicata). Dit autrement, «la conséquence juridique d’un jugement entré en force n’est plus susceptible de voie de recours (Non bis in idem)». L’autorité de la chose jugée lie, normalement, les parties et tous les tribunaux et les empêche de trancher à nouveau sur le même objet du litige.

Réouverture 25 ans après les faits 

Or, la chambre criminelle de la Cour d’appel de Fès en a décidé autrement après l’apparition d’un nouveau témoin: El Khammar Haddioui. C’est de la sorte que le dossier a été rouvert en 2018, soit 25 ans après les faits.

«Le témoin n’a jamais cité Hamieddine dans 12 témoignages précédents dans le cadre de la même affaire», avait affirmé l’ancien président du groupe du PJD à la Chambre des conseillers, Nabil Chikhi, dans une déclaration à H24Info. «Comment se fait-il qu’il vienne de se rappeler que Hamieddine était impliqué dans ce meurtre?», s’est-il indigné en affirmant avoir «la pleine confiance que la justice saura rétablir l’ordre dans cette affaire».

Lire aussi: Le PJD réagit à la condamnation de Hamieddine dans l’affaire Ait El Jid

Dans le cadre de la même affaire, la Cour d’appel de Fès avait condamné en septembre 2019 quatre membres du PJD. La juridiction avait notamment reconnu coupables de «participation à un meurtre avec préméditation» Taoufiq Ngadi et Abdelouahed Kriouel.

Ils avaient écopé de trois ans de prison ferme, tandis qu’Abdelkebir Kassem et Abdelkebir Ajili avaient été condamnés à trois mois de prison assortis d’une amende de 1.000 DH chacun pour «coups et blessures à l’arme blanche».

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Affaire Aït El Jid: report du procès en appel d’Abdelali Hamieddine, voici la nouvelle date

S'ABONNER
Partager
S'abonner