Le substitut du procureur près le tribunal de première instance d'Aïn Sebaâ à Casablanca a…
Justice: le procès de Fouad Abdelmoumni reporté
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Le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ a décidé, lundi, de reporter le procès de l’ancien détenu politique et activiste des droits humains Fouad Abdelmoumni au 16 décembre.
La défense d’Abdelmoumni a demandé ce report pour préparer le dossier, et cette demande a été acceptée par le tribunal. L’activiste est poursuivi en liberté pour «outrage à une autorité publique» et «signalement d’un crime fictif dont il sait qu’il n’a pas eu lieu», en raison d’un post publié sur les réseaux sociaux.
Le substitut du procureur près le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ s’est adressé, le 1er novembre dernier, à l’opinion publique à propos des chefs d’accusation retenus contre Abdelmoumni. Le représentant du ministère public a déclaré qu’à l’issue de l’audition du concerné, arrêté le mercredi 30 octobre et maintenu en garde à vue, ce dernier serait jugé en état de liberté provisoire.
Le substitut du procureur Ahmed Reda Cherkaoui a tenu à noter qu’«Abdelmoumni a bénéficié de tous les droits qui lui sont légalement accordés, y compris d’être informé de son arrestation, de désigner un avocat ou de garder le silence, ainsi que tous les droits qui lui sont garantis à cet égard».
Cherkaoui a également noté que l’économiste et secrétaire général de Transparency Maroc «a été présenté au ministère public» et qu’«il a été interrogé conformément aux normes légales sur les allégations publiées portant atteinte aux intérêts du Royaume et de certaines de ses institutions, qui dépassent les limites de la liberté d’expression et contiennent les éléments constitutifs de crimes passibles de sanctions légales».
Un post Facebook pas comme les autres
Dans un post Facebook, Abdelmoumni avait repris un autre post de l’activiste du 20 février Hamza Mahfoud sur les relations Maroc-France. «Je pense que la crise entre les deux pays est plus profonde que la question de Pegasus. L’État marocain cherche à convaincre ses citoyens de son succès, en voulant prouver qu’il peut plier la puissance coloniale qui était autrefois dominatrice», a-t-il écrit.
Et d’ajouter: «De son côté, la France, qui voit sa position décliner sur la scène internationale, refuse de se soumettre à l’extorsion d’un État fragile, utilisant tous les moyens de pression disponibles, y compris les questions migratoires, le retour des mineurs et des migrants illégaux, les informations sécuritaires, les intérêts économiques et la suspension d’accords. Bien sûr, il y a aussi la question de l’espionnage, que la France considère comme particulièrement problématique, car elle estime qu’Israël est celui qui exploite ces données.»
Ces accusations liées à l’affaire Pegasus n’ont pas été appréciées du côté du Ministère public, surtout que le gouvernement marocain avait publié un communiqué le 21 juillet 2021, affirmant que le Maroc avait choisi de poursuivre une voie légale tant au niveau national qu’international pour faire face à quiconque cherche à exploiter de fausses allégations concernant des accusations d’espionnage via Pegasus pour nuire à l’image du pays.
Il semble que l’enquête judiciaire sur Fouad Abdelmoumni s’inscrive dans cette démarche légale que le Maroc a entreprise pour réfuter toutes les accusations liées au logiciel Pegasus.
