Le Maroc s’est invité malgré lui au sulfureux débat électoral qui agite la classe politique…
Importation de viande rouge d’Espagne: le vrai du faux autour d’une mission attribuée à la CGEM
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Une information diffusée par la presse espagnole sur les retombées d’un accord conclu entre le patronat marocain et des producteurs espagnols de viande rouge s’est répandue comme une traînée de poudre. Info ou intox ? H24Info s’est penché sur la question.
Depuis ce matin, une information selon laquelle deux camions contenants chacun 20 tonnes de viandes rouges partis d’Espagne à destination du Maroc, circule. Si l’information donnée par le média espagnol La Razon, et reprise par plusieurs médias locaux, est à première vue une bonne nouvelle, les vérifications menées par H24Info nous incitent à la prendre avec des pincettes.
En effet, les 40 tonnes de viande rouge censées arriver au Maroc seraient, selon le confrère espagnol, le résultat d’une négociation menée directement par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et sept producteurs espagnols. La délégation du patronat marocain, composée de responsables et d’experts de la viande rouge, aurait négocié pour obtenir le kilogramme de la viande rouge à environ 80 dirhams (DH), sans toute autre forme de précision.
« La délégation a effectué des visites sur le terrain et a conclu par la signature d’accords avec sept entreprises espagnoles pour commencer, à partir de demain (lundi, ndlr), le processus d’importation de la viande qu’elles produisent », est-il écrit dans un article publié hier.
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Le hic, c’est que les services de communication de l’organisation patronale, contactés par nos soins, disent ne pas être au fait d’une telle mission. Même son de cloche du côté des professionnels marocains de la viande rouge qui ignorent également cette information. Rachid Benali, le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER), dubitatif laisse entendre que la CGEM ne s’occupe pas directement de tels sujets.
Clientèle toujours rare
Parlant des négociations, Benali fait également savoir que son institution, compétente sur la question, n’a participé à aucune mission de ce genre. De plus, il affirme avoir eu des échanges avec ses pairs de la CGEM qui, eux aussi, n’assument en aucun cas avoir mené une telle mission. Mais, de quelle mission parle-t-on ?
Quant à savoir si cet arrivage annoncé est bien accueilli par les consommateurs, Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs (FMDC), précise que même si cette information est avérée, « on est toujours dans le cadre du volume d’importation fixé par la loi, lequel volume ne couvre que 11% de la demande locale ». Pour l’organisation, qui a mené une étude sur l’impact de l’importation sur les prix commercialisés, il est urgent de doubler les quotas fixés pour espérer un retour à la normale du prix de la viande rouge.
Par ailleurs, la Fédération estime qu’un prix de revient au-delà de 70 DH/kg reste toujours hors de portée du consommateur. Elle appelle à ce titre à l’activation de l’article 4 de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, qui permettrait de subventionner et plafonner le prix de la viande rouge. Mesure, qui à son sens, bénéficierait autant aux consommateurs qu’aux bouchers confrontés de plus en plus à la rareté des clients.
L’empressement des médias locaux à relayer cette mission attribuée à la CGEM témoigne de l’intérêt que représente le sujet des importations de la viande rouge. Il serait alors judicieux qu’un mécanisme de suivi des volumes d’importation et de leurs effets directs soit mis en œuvre. Suite donc au prochain rebondissement…
