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Expert: pourquoi la Bourse a la cote auprès des Marocains
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Amine Maamri, président de l’Association professionnelle des sociétés de bourse, analyse pour H24Info les causes et les retombées de l’engouement grandissant des citoyens marocains pour l’investissement en bourse.
Les données communiquées mardi dernier par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) sur la structure du marché boursier ont surpris plus d’un. On y apprend que les transactions des Marocains, personnes physiques, ont compté pour plus de 25% du volume des échanges au terme du 3e trimestre 2024.
Cette statistique révèle un intérêt vif et soudain des citoyens lambda pour les investissements en bourse, un secteur jusqu’alors perçu comme exclusif et élitiste. Il est donc crucial de comprendre les facteurs derrière cet intérêt, de cerner les retombées de cette dynamique pour le marché boursier ainsi que l’économie locale, et, surtout, d’en anticiper les perspectives.
Pour Amine Maamri, président de l’Association professionnelle des sociétés de bourse (APSB), il est essentiel de rappeler le contexte de ce boom des investissements individuels en bourse. Deux éléments majeurs sont identifiés. Le premier est l’introduction successive des groupes Akdital et CFG Bank sur la place boursière.
Des introductions inédites
Le symbolisme de l’introduction d’Akdital en novembre 2022 réside dans le fait qu’elle a inscrit un nouveau secteur, celui de la santé, sur les radars de la Bourse de Casablanca. Un coup d’essai qui s’est avéré un coup de maître avec 4,5 milliards de dirhams (MMDH) récoltés, là où le groupe visait 1,2 MMDH, soit près de quatre fois le montant espéré.
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Cette «opération remarquable à plus d’un titre et exceptionnelle en termes de performance», comme l’a qualifiée Tarik Senajhi, directeur de la Bourse de Casablanca, «a attiré quelque 7.915 souscripteurs personnes physiques avec une part de 42,65%», souligne Amine Maamri.
Ce dernier, qui est également directeur général de la filiale spécialisée dans l’activité boursière de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG Bourse), observe que cette opération est intervenue dans une conjoncture internationale défavorable, marquée par la guerre en Ukraine et une inflation exacerbée à l’échelle mondiale.
L’introduction de CFG Bank en décembre 2023 a été un autre événement marquant. Selon Amine Maamri, «cette opération est définitivement venue sceller l’appétit des personnes physiques pour la bourse avec un chiffre record de 22.873 souscripteurs» sur un total de 23.634 participants. Il s’agit d’une proportion phénoménale d’environ 97% de personnes physiques.
Le président de l’APSB attribue cette révolution à plusieurs facteurs, notamment «un timing idéal en 2023, une année de résilience économique et de rebond financier, une nouvelle banque à la bourse de Casablanca après près de 20 ans, et les perspectives de croissance de la CFG Bank».
Des retombées majeures
Le second élément évoqué par Amine Maamri est le rôle des nouveaux canaux transactionnels, accélérés par les évolutions technologiques et la crise du Covid-19. Il mentionne que la plateforme numérique “La Bourse en Ligne“ s’est progressivement imposée comme le canal privilégié des personnes physiques, représentant près de 70% des ordres traités sur le marché. «L’intelligence artificielle offre aujourd’hui une meilleure expérience client, et la pandémie a instauré une nouvelle habitude de trading en ligne», ajoute-t-il.
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Les retombées de cet engouement des personnes physiques pour le marché boursier sont significatives. «Les investisseurs particuliers jouent un rôle clé dans la dynamique de la Bourse de Casablanca à travers leurs contributions à la liquidité du marché, la réduction des écarts entre les prix d’achat et de vente, et le nombre important de transactions effectuées, indépendamment des montants engagés.»
Notre interlocuteur soutient que la diversité des flux de capitaux, avec différents profils de personnes physiques, contribue à la stabilité du marché, historiquement dominé par les grands investisseurs institutionnels. En outre, «la forte présence des investisseurs particuliers démocratise l’investissement en bourse, attire de nouveaux épargnants et pousse les opérateurs à offrir les meilleures plateformes de trading au niveau international».
Intensification en vue
Ces transactions ont également un impact notable sur l’économie nationale, favorisant l’injection de capitaux dans les entreprises marocaines et faisant de ces investisseurs, à la fois, des contributeurs à la croissance de ces champions nationaux, des actionnaires et des créateurs d’emplois.
Tout porte à croire que cet élan des investissements individuels continuera de s’intensifier. Le président de l’APSB défend cette prévision en affirmant que le momentum est parfait. Ce momentum, comme il l’explique, est défini par des perspectives rayonnantes grâce à un contexte macroéconomique favorable et une inflation maîtrisée.
Ce contexte se caractérise, en premier lieu, par les événements sportifs à venir, notamment la Coupe d’Afrique des nations 2025 et la Coupe du monde 2030, qui dynamiseront tous les secteurs. De plus, la dynamique de développement du marché financier est marquée par la transformation historique de la Bourse de Casablanca en holding, la création d’une société gestionnaire du marché à terme, une chambre de compensation aux standards internationaux, et une prise de participation significative dans le capital de Maroclear.
«La participation des investisseurs particuliers à la croissance économique est cruciale. Ils aident les entreprises à financer leur développement via leur introduction en bourse et soutiennent des projets nationaux innovants, contribuant ainsi à la vitalité du tissu économique marocain et des petites entreprises», conclut Amine Maamri.
