À l'heure où plusieurs pays étrangers resserrent la vis, face à la montée des cas,…
Dr Tayeb Hamdi: «Cette année, la grippe saisonnière est très virulente»
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Le Maroc subit une nouvelle vague de grippe saisonnière. Le pic est prévu début février. A quoi faut-il s’attendre? Que peut-on nous faire pour se protéger? Eléments de réponse avec Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé.
H24info: Quel regard portez-vous sur la multiplication des cas d’infections à la grippe ces derniers jours?
Dr Tayeb Hamdi: Effectivement, on rapporte cette année beaucoup de cas de grippe. Toutefois, il faut rester prudent et attendre les indicateurs épidémiologiques qui seront publiés par le ministère de la Santé. La grippe saisonnière a démarré à la mi-décembre et nous nous dirigeons actuellement vers le pic en fin de janvier, début de février. Ce pic de l’épidémie de la grippe saisonnière signifie une augmentation des cas enregistrés. Donc c’est normal qu’on ait le sentiment d’avoir une multiplication des cas d’infections.
De quoi parle-t-on exactement ?
La grippe saisonnière, c’est une maladie infectieuse, dont la virulence diffère d’une année à l’autre selon les souches. Il y a le virus de type B qui affecte uniquement les humains, la souche A touche les humains et les oiseaux et le C affecte les humains mais sans gravité. Donc généralement, ce sont les souches A et B qui posent problème. On estime le nombre décès liée à la grippe entre 300.000 et 650.000 chaque année dans le monde. Tout dépend de la virulence du virus.
Comment évolue actuellement cette grippe au Maroc ?
Cette année, en tant que médecin, on sent qu’il y a effectivement une ruée de patients avec des symptômes grippaux. On a de plus en plus de jeunes qui sont touchés. Jusqu’à présent, on n’a pas de publication du ministère de la Santé qui donne les chiffres, le nombre de cas, ni quelle souche circule. Mais généralement, si on se compare avec les pays du Nord, de l’hémisphère Nord, l’Espagne ou la France, cette année, il y aurait deux souches qui se propagent le plus: le A H1N1, suivi de loin par le B Victoria. Or, ces deux souches sont connues pour toucher beaucoup les jeunes. Généralement, on sait que la grippe saisonnière donne des symptômes plus graves chez les personnes âgées. Mais dans ce cas, il y a une histoire d’immunité. Les gens, nés avant 1957, ont attrapé des souches pour lesquelles ils ont développé une certaine résistance.
La grippe est-elle plus sévère que lors des saisons précédentes ?
Mais maintenant, les H1N1 et B Victoria sont des souches connues pour toucher beaucoup les jeunes, les jeunes adultes, les enfants et les adolescents. Et donc cette année, on voit effectivement des formes un peu sévères de grippe parmi ces populations qui normalement étaient touchées par des grippes bénignes. D’où la virulence de cette grippe.
Comment peut-on expliquer ce caractère exceptionnel?
Actuellement, c’est l’hiver. On a beaucoup d’infections respiratoires comme la grippe, le Covid-19, les VRS et les bronchiolites chez les enfants qui circulent. Pourquoi? D’abord, il fait froid. On vit dans des espaces clos et c’est là que les virus se propagent le mieux. Puis, notre immunité est un peu abaissée l’hiver par rapport au printemps et l’été, car en hiver les virus peuvent vivre, survivre sur les surfaces, sur les poignets, sur les portes plus longtemps que l’été lorsqu’il fait chaud.
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La transmission indirecte s’accentue. Enfin, pendant l’hiver, généralement, on a le nez, la muqueuse du nez, de l’envoi respiratoire, de la gorge et autres qui sont lésées. Or, ces muqueuses sont le premier rempart, la première défense contre les virus. Quand ils sont touchés, ils laissent passer les virus. Donc, actuellement, je pense que c’est surtout la grippe saisonnière qui se propage le plus. Mais il y a d’autres virus. Au ministère de la Santé, il y a un réseau sentinelle qui est très performant, qui fait le suivi. On attend les résultats. Donc, effectivement, actuellement, on a beaucoup de cas. Certainement, le chef de file, c’est la grippe saisonnière, mais il y a d’autres virus.
Alors maintenant, que faut-il faire?
La première des choses à faire, mais avant l’alerte, c’était de se vacciner, au moins pour les groupes qui sont vulnérables. Ces populations à risque peuvent développer des formes graves. Il s’agit des personnes âgées de 65 ans, des femmes enceintes, des enfants de 6 mois à 5 ans et les gens qui sont atteints de maladies chroniques comme le cancer, le diabète, l’asthme..etc. Ils doivent être vaccinés à partir du mois d’octobre ou novembre. Mais il n’est toujours pas trop tard, sauf qu’il faut attendre deux semaines après l’injection pour être protégé. Pour les autres groupes, malheureusement, il fallait se vacciner avant.
Et pour ceux qui sont déjà touchés ?
Si une personne est malade et a des symptômes, elle doit rester chez elle et porter un masque quand elle sort. Autres précautions: ne pas oublier l’hygiène des mains, tousser dans un mouchoir qu’il faut jeter immédiatement, sinon il faut tousser dans son coude, pas dans sa main sinon on va saluer les autres, éviter les accolades et les bises et surtout surtout il faut aérer un maximum, à la maison comme au bureau.
