Des "violations" répétées dans le procès de du patron de presse Taoufik Bouachrine ont contraint…
Procès du «caïd giflé»: la défense dénonce des «irrégularités» et demande une enquête approfondie
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Lors de la première audience du procès du «caïd giflé», la défense de la principale accusée a dénoncé, ce mercredi, des «irrégularités», demandant une enquête approfondie.
La première audience du procès de la femme accusée d’avoir giflé un caïd de la 7e annexe administrative de Témara s’est tenue ce mercredi. Trois autres accusés sont poursuivis dans la même affaire, qui a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une vidéo montrant l’altercation.
Le tribunal de première instance de Témara a décidé de reporter l’audience au jeudi 3 avril à la demande de la défense qui a réclamé un délai pour préparer plus en détail son dossier.
Les quatre accusés sont poursuivis pour «outrage à un fonctionnaire public dans l’exercice de ses fonctions», «refus d’obtempérer» et «violence et complicité de violence», a précisé leur avocat, Me Bouchaib Soufi à sa sortie de l’audience.
Dans une déclaration à la presse, l’avocat a souligné que la vidéo virale ne présente qu’un extrait de l’incident, sans montrer les événements qui l’ont précédé. Il a déclaré avoir demandé l’extraction des contenus des téléphones portables des protagonistes afin d’obtenir une vision plus large des faits et déterminer si sa cliente a été victime de violences avant de réagir.
«Il est évident que la scène a été tronquée, influençant l’opinion publique et désignant injustement l’accusée comme seule responsable», a-t-il affirmé.
«Victime et adversaire»
L’avocat a par ailleurs dénoncé ce qu’il qualifie d’irrégularités dans l’instruction du dossier, notamment le fait que le caïd, bien qu’ayant la qualité d’agent de la force publique, ait été impliqué dans la rédaction du procès-verbal de l’incident: «Bien que le responsable dispose de la qualité d’agent de la force publique, il n’a pas, éthiquement et en vertu de la neutralité, le droit de rédiger un procès verbal et de constater l’incident, car il ne peut pas être à la fois la victime et l’adversaire et procéder à une évaluation sous prétexte qu’il a été agressé». Me Bouachaib Soufi a ajouté que «le responsable aurait dû mandater la police judiciaire pour l’enquête».
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«Les téléphones portables saisis chez nos clients, y compris celui de l’accusée et des autres accusés, devaient être déchargés pour qu’on puisse avoir une vue d’ensemble de la vérité, et pas seulement se concentrer sur la partie visible de l’affaire, mais plutôt prendre en compte l’ensemble du contexte, et observer l’incitation à l’agression, car la saisie d’une marchandise en dehors des normes légales ne peut produire qu’une réaction de ce genre», a-t-il poursuivi.
L’accusée «violentée» par le caïd !
Selon Me Soufi, sa cliente a affirmé devant la police judiciaire avoir été victime de violences et que son téléphone avait été arraché de force, ce qui aurait provoqué sa réaction. «C’est une réaction naturelle face à une agression, bien que cela ne constitue en aucun cas une justification», a-t-il estimé.
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Bouchayeb Soufi a souligné que «l’enquête avait été partielle, car le responsable n’a pas été entendu, et la défense a demandé une enquête plus approfondie, mais la demande a été rejetée». Il a expliqué que l’incident «nécessitait une consultation médicale pour l’accusée et son mari afin que l’enquête soit impartiale».
L’avocat au barreau de Rabat a déploré que l’enquête n’ait pas inclus d’audition du caïd ni d’examen médical pour sa cliente et son mari, ce qui aurait pu établir un bilan impartial des faits.
Il a annoncé avoir déposé une demande de mise en liberté provisoire pour sa cliente, son mari, son frère et un autre accusé.
Appel à une enquête du ministère de l’Intérieur
Enfin, la défense a appelé le ministère de l’Intérieur à mener une enquête parallèle afin d’examiner la conformité des procédures administratives menées par les autorités locales.
«Une simple vidéo ne saurait suffire pour rendre une justice équitable. Il est essentiel de replacer l’affaire dans son contexte global et d’examiner les événements qui ont conduit à cette escalade», a conclu Me Soufi.
Affaire du caïd giflé à Témara: quatre personnes poursuivies en justice
Rappelons que l’affaire remonte au Mercredi 19 mars quand le caïd de la 7e annexe administrative de Témara a été agressé par une femme accompagnée de son mari et de plusieurs autres personnes. Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montre la femme asséner une gifle au caïd alors qu’il est en plein exercice de ses fonctions.
