À Khemisset, le stress hydrique bloque un projet minier de 2 milliards de dollars

Publié le
pojet de potasse de khemisset
A Khemisset, le projet de potasse qui avait suscité d'énormes espoirs est à l'arrêt

Le projet minier de potasse à Khemisset, évalué à plus de 2 milliards de dollars, est bloqué en raison du stress hydrique sévère au Maroc. La dernière décision de non-autorisation par les autorités confirme les précédents refus et met en lumière les défis environnementaux cruciaux liés à la gestion de l’eau dans le Royaume.

Le projet minier de potasse, évalué à 2,2 milliards de dollars, à Khemisset, porté par Emmerson Plc, est à l’arrêt après une nouvelle décision défavorable émise par la Commission régionale unifiée d’investissement. Cette décision, qui refuse l’autorisation environnementale nécessaire au lancement du chantier, vient confirmer un premier avis défavorable rendu en octobre 2024.

Malgré les efforts de l’entreprise pour réduire de moitié la consommation d’eau et éliminer les rejets de saumures dans une version actualisée de son étude d’impact environnemental, les autorités estiment que le projet ne garantit pas un usage soutenable des ressources hydriques.

La principale raison de ce blocage réside dans le stress hydrique croissant auquel le Maroc est confronté. Depuis plusieurs années, le Royaume connaît une raréfaction progressive de ses ressources en eau, aggravée par des sécheresses successives.

Des pertes considérables

Entre 2019 et 2022, la Direction générale marocaine de la météorologie a enregistré les niveaux de sécheresse les plus sévères depuis les années 1960, tandis que la faible pluviométrie de 2023 n’a fait qu’accentuer la crise. Selon la Banque mondiale, la dotation annuelle en eau pourrait tomber sous la barre de 500 m³ par personne d’ici 2030, marquant une situation de très grande pénurie.

Lire aussi : Meknès:, le prince héritier Moulay El Hassan préside l’ouverture du SIAM 2025

Ce contexte hydrique critique est d’ailleurs au cœur de l’édition en cours du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), qui se tient sous le thème « L’eau au cœur du développement durable ». L’événement met en avant des solutions innovantes pour une gestion plus efficiente de l’eau, notamment l’irrigation de précision et la valorisation des eaux non conventionnelles.

Pour Emmerson Plc, les pertes liées à l’arrêt du projet sont considérables. L’entreprise, qui avait mobilisé des fonds pour engager une procédure d’arbitrage contre l’État marocain, déplore l’absence de cadre clair concernant les conditions environnementales, notamment en matière de consommation d’eau.

Ce flou réglementaire expose les entreprises à des incertitudes majeures et souligne la nécessité pour l’administration de définir à l’avance des critères environnementaux précis. En établissant des seuils clairs de consommation d’eau, les autorités pourraient éviter que des projets ambitieux ne soient abandonnés après des investissements conséquents.

L’affaire Khemisset illustre la nécessité d’un cadre environnemental clair, notamment sur la gestion de l’eau, afin d’éviter des projets non viables et des pertes lourdes pour les investisseurs. Une anticipation de ces critères s’impose pour concilier développement économique et durabilité.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

À Khemisset, le stress hydrique bloque un projet minier de 2 milliards de dollars

S'ABONNER
Partager
S'abonner