“L’Invité Éco“. Amine Maamri, DG de CDG Capital Bourse: «La Bourse de Casablanca doit attirer davantage de PME»

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Amine Maamri, DG de CDG Capital-Bourse soutient l'éducation financière comme base pour stimuler le marché boursier

Dans cet épisode de L’Invité Eco, Amine Maamri, directeur général de CDG Capital Bourse et président de l’Association professionnelle des sociétés de bourse, partage son analyse sur la dynamique exceptionnelle du marché boursier marocain, les perspectives, ainsi que des conseils pratiques aux investisseurs particuliers.

Pour Amine Maamri, directeur général de CDG Capital Bourse, la croissance spectaculaire qu’a connue la Bourse de Casablanca repose sur des facteurs à la fois divers et majeurs. Il cite à ce titre l’organisation de la Coupe du monde 2030, dont les préparatifs ont «un effet d’entraînement considérable sur notre économie, notamment sur des secteurs clés comme l’immobilier, les banques et la santé».

À cela s’ajoute une décision stratégique de la Bank Al-Maghrib (BAM), qui a abaissé son taux directeur de 3% à 2,5 % en 2024. «Cette politique monétaire a encouragé un regain d’intérêt des investisseurs pour le marché d’actions, et cela s’est traduit par des volumes significatifs», explique Amine Maamri.

Une autre donnée notable soulignée par l’expert est le retour en force des investisseurs individuels. Représentant près de 30% des volumes, ces épargnants particuliers ont injecté un dynamisme crucial, totalisant environ 28% des 90 milliards de dirhams échangés sur l’année.

Entre dynamisme sectoriel et perspectives

Le directeur général de CDG Capital Bourse précise que le boom de 2024 s’est décliné de manière sectorielle. «L’immobilier, véritable locomotive, a capté près de 20% des volumes et affiché une hausse spectaculaire de plus de 200%, soutenue par les nombreux projets d’infrastructure liés à la Coupe du monde. Les banques, avec une contribution avoisinante 30% des volumes, ont également joué un rôle central dans le financement de ces grands projets. La santé, bien qu’en retrait sur les volumes (6% du total), a enregistré une performance exceptionnelle de 110%, portée par des initiatives stratégiques», détaille-t-il.

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Il ne fait aucun doute pour Maamri que les perspectives pour cette année sont des plus optimistes, malgré les phases de correction auxquelles l’on assiste de temps à autre. Si bien qu’il parie sur  «de nouvelles introductions en bourse, qui viendront renforcer la diversité et l’attractivité de la place financière de Casablanca».

Cependant, le spécialiste de la place boursière casablancaise met également en lumière les efforts nécessaires pour rivaliser avec des places boursières comme Johannesburg. «Nous devons attirer davantage de PME et développer un écosystème solide pour soutenir ces entreprises, tout en élargissant notre base d’investisseurs

Accompagner les épargnants 

Face à la montée en puissance des investisseurs particuliers sur le marché boursier marocain, Maamri insiste sur une priorité essentielle: l’éducation financière. «Nous avons le devoir d’accompagner cette nouvelle génération d’épargnants pour qu’elle puisse investir de manière durable et réfléchie», déclare-t-il, soulignant que, souvent, ces épargnants s’engagent dans le marché boursier avec des attentes de rendements élevés, mais sans une compréhension approfondie des mécanismes qui régissent les investissements.

Pour notre invité, le premier prérequis est de comprendre le fonctionnement des marchés. «Les plateformes technologiques ont facilité l’accès aux actions, mais elles ne garantissent pas que l’épargnant soit pleinement conscient des risques», explique-t-il.

La création rapide de comptes et la possibilité de vendre ou d’acheter sans intermédiaire peuvent pousser certains à adopter des comportements spéculatifs, un danger qu’il ne cesse de dénoncer. «L’éducation financière est la clé», affirme-t-il, insistant sur la nécessité pour chaque investisseur de déterminer un horizon de placement clair.

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Le marché des actions est un levier de croissance, mais il ne convient pas aux stratégies à court terme pour les non-initiés, prévient notre interlocuteur. En effet, la volatilité du marché, particulièrement observée en 2025 avec une phase de correction après un début d’année record, démontre les risques importants pour les épargnants imprudents.

Maamri recommande fortement une approche basée sur l’épargne, et non sur la spéculation: «Le marché des actions doit être perçu comme un investissement à moyen ou long terme, soutenu par une connaissance solide des entreprises dans lesquelles on investit.» Il met également en avant la diversité des profils d’investisseurs, allant des spéculateurs aux investisseurs avertis, insistant sur l’importance d’accompagner les nouveaux entrants afin de leur éviter de tomber dans des pièges classiques.

Un rôle central en Afrique

Le Maroc, à travers la Bourse de Casablanca, aspire à jouer un rôle de premier plan dans le développement économique du continent africain. Maamri ne manque pas de mettre en lumière cette ambition stratégique. «La Bourse de Casablanca n’est pas seulement un acteur national, elle est aussi un catalyseur régional, aux côtés des autres places africaines», affirme-t-il avec conviction.

Cette mission d’accompagnement des autres bourses africaines est soutenue par une infrastructure robuste, dont la mise en place d’une chambre de compensation et le lancement d’un marché à terme. Ces avancées permettent au Maroc de se positionner comme un leader du continent en matière de modernisation financière.

Mais Maamri sait que le chemin est encore long. De son avis, le premier défi est d’élargir la base des sociétés cotées pour refléter davantage le tissu économique africain. Aujourd’hui, la Bourse de Casablanca compte 77 entreprises cotées, un chiffre qui, selon lui, devrait être revu à la hausse.

Il évoque également l’importance de réintégrer l’indice MSCI Emerging Markets, dont le Maroc est absent depuis 2013, un élément clé pour attirer davantage d’investisseurs étrangers. «Pour retrouver cette position, nous devons travailler en synergie avec toutes les parties prenantes, de la Banque centrale aux institutions financières, et promouvoir des produits prisés comme le marché à terme», conclut-il.

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