Sahara marocain, expulsions, Sansal… La crise France-Algérie en 6 moments clés

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Reconnaissance de la marocanité du Sahara : l’Algérie utilise l'arme migratoire contre la France
Les présidents algérien Abdelmadjid Tebboune et français Emmanuel Macron. © AFP

L’Algérie et la France, ancienne puissance coloniale, traversent depuis plus de neuf mois une crise diplomatique d’une gravité inédite marquée ces derniers jours par une nouvelle série d’expulsions de fonctionnaires de part et d’autre.

Sahara marocain

Le 30 juillet 2024, le président français Emmanuel Macron apporte son soutien à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara.

Alger réagit avec le « retrait immédiat » de son ambassadeur à Paris.

En octobre, le président Abdelmadjid Tebboune écarte l’idée d’une visite en France, initialement envisagée pour l’automne.

Boualem Sansal détenu à Alger

L’arrestation le 16 novembre à Alger de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal fait encore monter les tensions.

Cet auteur connu pour ses critiques du pouvoir algérien et des islamistes est accusé d’atteinte à l’intégrité du territoire algérien pour avoir repris à son compte, dans le média français d’extrême droite « Frontières », la position du Maroc selon laquelle le territoire de ce pays aurait été tronqué sous la colonisation française au profit de l’Algérie.

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Emmanuel Macron estime le 6 janvier 2025 que l’Algérie se « déshonore » en le détenant. Des propos jugés « inacceptables » par Alger.

La condamnation de Boualem Sansal à cinq ans de prison ferme le 27 mars dernier suscitera une salve de réactions indignées en France.

Influenceurs algériens

Parallèlement, plusieurs influenceurs algériens sont interpellés en janvier en France pour avoir appelé à des actes violents, souvent à l’encontre d’opposants au pouvoir algérien.

L’un d’entre eux, « Doualemn », est expulsé vers l’Algérie le 9 janvier mais renvoyé en France car Alger l’a « interdit de territoire ».

« L’Algérie cherche à humilier la France », réagit le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau.

Algériens expulsables

La situation s’envemine après une attaque au couteau meurtrière le 22 février à Mulhouse (est de la France). L’assaillant est un Algérien sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), que l’Algérie avait refusé à de multiples reprises de reprendre sur son territoire, selon l’exécutif français.

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Quatre jours plus tard, le Premier ministre François Bayrou menace de dénoncer l’accord de 1968 donnant un statut particulier aux Algériens en matière de circulation, de séjour et d’emploi en France, si l’Algérie ne reprend pas dans les six semaines certains ressortissants en situation irrégulière. Une ligne de fermeté défendue par le ministre de l’Intérieur.

L’Algérie rejette le 17 mars une première liste d’une soixantaine d’Algériens expulsables, soumise par la France.

Espoir d’apaisement

Dans un échange téléphonique le 31 mars, Abdelmajid Tebboune et Emmanuel Macron actent une relance de la relation bilatérale, décidant une reprise « sans délai » de la coopération sécuritaire et migratoire.

A l’issue d’une rencontre à Alger le 6 avril avec le président algérien, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, affirme la volonté des deux pays d' »entrer dans une nouvelle phase ».

Les deux pays reprennent alors leurs coopérations dans tous les domaines (sécuritaire, migratoire, etc.).

Arrestation d’un agent consulaire algérien

Mais une semaine plus tard, l’interpellation en France d’un agent consulaire algérien, accusé d’avoir participé à l’enlèvement d’un influenceur algérien exilé en France, met à nouveau le feu aux poudres.

Alger expulse 12 agents français en rétorsion, faisant porter à Bruno Retailleau l' »entière » responsabilité de ce regain de tensions.

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Emmanuel Macron réplique mi-avril en renvoyant 12 agents consulaires algériens et en rappelant pour consultations Stéphane Romatet, l’ambassadeur de France à Alger.

Le 11 mai, Alger notifie la France de sa décision d’expulser d’autres fonctionnaires français, Paris l’informe deux jours plus tard qu’elle va « renvoyer » des diplomates algériens.

Toutes les coopérations sont de nouveau gelées.

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