Crédit à la consommation: tendances et profil de l’emprunteur au Maroc (étude)

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Au 31/12/2023, l’encours des crédits à la consommation accordés par les sociétés de financement au Maroc s’est établi à 70,4 MMDH

Une récente étude du cabinet Ailancy offre un éclairage précis sur le rapport des Marocains au crédit. Véritable monographie, elle dresse un portrait détaillé du crédit à la consommation et des habitudes d’emprunt dans le Royaume.

L’étude, dont l’exclusivité de la publication nous a été accordée, offre une vue synoptique sur la thématique du crédit au Maroc. En plus de fournir des détails sur la répartition de ce marché entre les acteurs, notamment les banques et les sociétés de financement et de crédit, elle apporte de précieux éclairages sur la distribution de cette manne allouée au crédit. Par ailleurs, l’étude dresse un portrait-robot de l’emprunteur marocain.

Encours crédit
L’encours total du crédit est en hausse.

En ce qui concerne le marché du crédit bancaire, il a progressé de 5,2% entre 2022 et 2023, avec un encours atteignant 1.114,5 milliards de dirhams (MMDH) à échéance. S’appuyant sur des données mises à disposition par Bank Al-Maghrib (BAM) l’étude indique que les crédits à la consommation et ceux destinés à l’immobilier ont représenté 361,2 MMDH, soit environ 36% de l’assiette totale.

Crédit à la consommation: une tendance haussière

En se penchant sur le crédit à la consommation, l’étude note une tendance haussière depuis 2016. Tant au niveau des banques que des sociétés de financement, cette évolution dépasse 30% sur la période 2016-2023, avec une régression en 2020, Covid oblige. Alors qu’ils ont progressé de 3,7% entre 2020 et 2021, puis de 3,6% entre 2021 et 2022, les crédits à la consommation ont enregistré un bond de 6,3% entre 2022 et 2023, portant l’encours à 150 MMDH.

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Cette évolution est due à «une surperformance des sociétés de financement, notamment en 2021, pouvant capter jusqu’à 56% de la nouvelle production», précise le cabinet Ailancy. Ce dernier souligne que ces 150 MMDH de crédits à la consommation se répartissent entre les banques avec 79,5 MMDH et les sociétés de financement avec 70,4 MMDH.

Autre précision de taille, 60% de l’encours détenu par les sociétés de financement concerne des crédits affectés, c’est-à-dire des prêts amortissables destinés à l’achat d’un bien précis et connu d’avance. Ce type de prêt se différencie du crédit non affecté, où l’utilisation des fonds prêtés est laissée à la discrétion de l’emprunteur.

Maroc, trois facteurs de croissance

Le cabinet apporte également des éclairages sur les facteurs de croissance du crédit à la consommation auprès des sociétés de financement, ainsi que sur leur structuration. Parmi les principaux facteurs, l’on retrouve l’augmentation des dépenses des ménages et l’évolution des modes de consommation, le développement des réseaux de distribution via des partenaires, ainsi que l’accessibilité accrue des offres.

Ces trois facteurs majeurs ont contribué à une hausse de près de 15% des emprunts auprès des sociétés de financement. Quant à la structuration de ces emprunts, elle se répartit entre les crédits affectés à hauteur de 60%, comme mentionné précédemment, et les crédits non affectés à hauteur de 40%.

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Dans le détail, l’offre de financement desdites sociétés est principalement portée par le crédit automobile, qui fait partie de la catégorie des crédits affectés. Ce type de financement atteint à lui seul 42 MMDH, soit 59,6% du stock de crédits à la consommation détenu par les sociétés de financement. Juste après viennent les prêts personnels, figurant parmi les crédits non affectés, évalués à 27,8 MMDH et représentant 39,5%.

Ventilation Crédit à la consommation
Le crédit automobile et le prêt personnel sont en tête des raisons d’endettement des marocains

Le profil type de l’emprunteur

Un autre élément clé de l’enquête est l’établissement du profil type de l’emprunteur au Maroc en matière de crédit à la consommation. En effet, l’étude montre une prédominance des plus de 40 ans (67%) dans ce registre, avec des revenus généralement inférieurs à 6.000 dirhams par mois (52%). Par ailleurs, le recours aux prêts de longue durée demeure la norme, avec une hausse notable du montant moyen emprunté, passé de 61.000 dirhams en 2022 à 71.000 dirhams en 2023.

Enfin, Ailancy précise s’être focalisé sur la segmentation des sociétés de financement, compte tenu de l’indisponibilité de celle des banques dans le rapport annuel de Bank Al-Maghrib. Le cabinet souligne toutefois que les indicateurs des sociétés de financement représentent une base solide pour analyser les habitudes de consommation des Marocains.

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