Taxis ou VTC? Ce que révèle un sondage sur les choix et les habitudes des Marocains

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VTC vs taxis : les Marocains entre adoption sélective et attachement aux transports traditionnels
18 %. C’est la proportion de Marocains ayant déjà eu recours à une application de VTC. © DR

72 % des Marocains utilisent les transports publics, et 18 % ont déjà eu recours aux VTC via des applications comme Indrive ou Yango, selon une enquête Sunergia. Si les jeunes et les citadins adoptent ces services, le taxi classique reste dominant dans l’usage quotidien. Analyse.

Depuis quelques années, un glissement discret mais significatif s’opère dans les rues des grandes villes marocaines. Aux côtés des éternels petits taxis rouges ou bleus, une nouvelle génération de véhicules connectés, géolocalisés et notés en temps réel commence à tracer son itinéraire. Les VTC — ces voitures de transport avec chauffeur — sont le symptôme d’une société en transition, tiraillée entre infrastructures vieillissantes et aspirations numériques.

Mais cette transition, si elle fait la une des récits de modernisation, est loin d’être achevée. Une récente enquête réalisée par groupe spécialisé dans les sondages Sunergia en 2025 jette une lumière crue sur les limites du modèle.

Une avancée… pour les connectés

18 %. C’est la proportion de Marocains ayant déjà eu recours à une application de VTC. Une minorité encore marginale à l’échelle nationale. En miroir, 82 % n’ont jamais utilisé ce type de service. Manque de besoin ? Pas uniquement. 40 % des non-utilisateurs n’en connaissent même pas l’existence, preuve que l’offre VTC reste confinée à certains milieux sociaux et espaces urbains.

La fracture est nette: les jeunes, les femmes, les CSP A et B, et surtout les urbains forment l’essentiel de la clientèle. En revanche, ruraux, seniors, classes populaires sont largement exclus de cette révolution silencieuse. Pas de surprise: là où l’infrastructure numérique est absente, où le réseau 4G flanche, où l’économie informelle est dominante, l’application reste lettre morte.

Le taxi traditionnel, pilier contesté mais résilient

Dans ce contexte, le taxi classique reste roi. Selon l’étude, 50 % des usagers de transport public privilégient les petits taxis, malgré la mauvaise réputation qui leur colle à la carrosserie: refus de courses, qualité du service aléatoire… Les femmes (60 %) et les jeunes de 18 à 24 ans (58 %) y recourent massivement, souvent par nécessité plus que par choix.

Le grand taxi et le bus complètent ce paysage de transport hérité du passé, alors que le tramway (9 %) et le Busway (3 %) — bien que plus confortables — ne couvrent encore que des portions limitées du territoire.

 

Indrive, roi des apps…

Parmi les rares Marocains qui ont franchi le pas du VTC, l’hégémonie est totale : Indrive est cité par 96 % des utilisateurs. Bien loin derrière, Yango (4 %) et Careem (2 %) peinent à se faire une place. Cette domination révèle autant la puissance du modèle Indrive que la faiblesse de l’écosystème local, encore peu ouvert à la concurrence ou à l’innovation locale.

Les chiffres sont sans appel : 97 % des usagers VTC estiment avoir vécu une expérience positive, et 95 % se sentent en sécurité pendant leur trajet. C’est peut-être là la clé de leur succès auprès des jeunes et des femmes : la fiabilité, la transparence, la possibilité de noter, de localiser, d’avoir un tarif fixe avant même de monter à bord.

Un modèle qui divise

Pour 76 % des usagers VTC, ces services sont meilleurs que les petits taxis. Mais là encore, cette opinion est loin d’être unanime. 17 % estiment les deux équivalents, tandis qu’une minorité (4 %) défend encore le taxi traditionnel. La fracture générationnelle et géographique est frappante : les jeunes des régions Nord et Est sont les plus enthousiastes.

Lire aussi: Après les taxis, les VTC dans le collimateur des professionnels du transport touristique 

Ce que montre l’enquête de Sunergia, c’est surtout l’émergence d’un transport à deux vitesses. D’un côté, des services connectés, confortables, sécurisés, mais réservés à une élite numérique. De l’autre, un transport de masse encore ancré dans l’économie informelle, avec ses règles propres, ses dérives, mais aussi son accessibilité.

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