Tanger: peine confirmée pour le militant anti-normalisation Rédouane El Kastit

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Condamnation confirmée pour l’opposant à la normalisation, Redouane El Qastit : deux ans de prison ferme pour ses publications
Redouane El Kastit, membre d'Al Adl Wal Ihssane avait été condamné en première instance à deux ans de prison ferme et à une amende de 10.000 dirhams, pour des publications sur les réseaux sociaux jugées offensantes. © DR

La Cour d’appel de Tanger a confirmé, mercredi soir, le jugement prononcé en première instance à l’encontre de Redouane El Kastit, militant connu pour son opposition à la normalisation des relations avec Israël.

Redouane El Kastit, membre d’Al Adl Wal Ihssane, avait été condamné en première instance à deux ans de prison ferme et à une amende de 10.000 dirhams, pour des publications sur les réseaux sociaux jugées offensantes.

Arrêté le 5 février dernier, El Kastit avait été poursuivi pour «outrage à des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions» et «outrage à un corps constitué», en lien avec des posts Facebook critiques à l’égard des institutions et de la politique de normalisation. Il avait été condamné en première instance le 9 mars.

Selon l’accusation, il a écrit que l’attaque au couteau -ayant fait cinq blessés fin janvier à Tel-Aviv- «entraînera une campagne raciste bénie» contre les Israéliens d’origine marocaine, selon son avocat Me Mohamed Serroukh cité par l’AFP.

Il lui a également été reproché d’avoir publié une photo de l’assaillant, un Marocain selon des médias israéliens et marocains, avec en légende «la marocanité» et en commentaire «bonheur à lui», selon la même source.

«La cour a estimé qu’il s’agit d’une apologie d’une opération terroriste», a encore dit Me Serroukh. «Le jugement est sévère alors qu’il a nié avoir écrit ces publications», a estimé l’avocat qui va faire appel.

Mobilisation militante pour El Kastit

À l’annonce du jugement en appel, une mobilisation militante et citoyenne s’est tenue devant le tribunal, rassemblant militants politiques, défenseurs des droits humains et figures anti-normalisation.

Les participants ont exprimé leur colère contre cette condamnation qu’ils jugent politique, et ont dénoncé une répression ciblée contre les voix critiques du rapprochement avec Israël.

Tout au long de son procès, en première instance comme en appel, des sit-in de solidarité ont été organisés, et une commission de soutien a été créée pour suivre son dossier.

Redouane El Kastit écope de deux ans ferme, peine confirmée en appel pour le militant anti-normalisation

L’arrestation et la condamnation de Redouane El Kastit ont suscité un large mouvement d’indignation. Plusieurs organisations ont qualifié ce jugement d’épisode supplémentaire dans une campagne visant à faire taire les opposants à la normalisation, qualifiée de projet d’alignement dangereux au détriment de la cause palestinienne et de la souveraineté du Maroc.

La Jamaâ dénonce une « sentence répressive »

Dans une réaction postée sur Facebook après le jugement, Omar Iharchane, dirigeant de la Jamaâ Al Adl Wal Ihsane, a dénoncé le caractère répressif de la sentence: «Après la confirmation en appel de la condamnation à deux ans de prison ferme à l’encontre de Ridouane El Kastit, militant anti-normalisation, il devient évident que la sévérité est désormais la règle dans tous les procès visant ceux qui s’opposent à la normalisation avec l’entité sioniste», a-t-il écrit.

Et d’ajouter: «Toute notre solidarité va à Ridouane El Qasstit, et honneur à celles et ceux qui sacrifient leur liberté pour la Palestine. Gloire à celles et ceux qui prennent parti pour le peuple palestinien, se désolidarisent de l’axe sioniste et rejettent toute forme de complicité avec l’oppresseur.»

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