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France: un rabbin agressé à coups de chaise en région parisienne
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Un Palestinien a été placé en garde à vue vendredi en région parisienne après avoir agressé un rabbin à coups de chaise, un acte qui a suscité l’indignation de la communauté juive et du gouvernement.
L’agresseur s’en est pris au rabbin Elie Lemmel, alors qu’il était attablé à la terrasse d’un café à Neuilly-sur-Seine. Il lui a notamment jeté une chaise au visage avant d’être interpellé dans la foulée, a appris l’AFP de source policière. Il s’agirait d’un Palestinien en situation irrégulière en Allemagne, bien que titulaire d’un document lui permettant de circuler dans son Land allemand, a précisé une source proche du dossier.
Une enquête en flagrance a été ouverte pour violences aggravées, a confirmé le parquet à l’AFP. La victime, qui présente une plaie au front, a déclaré avoir déjà subi une agression similaire la semaine dernière à Deauville (nord-ouest).
« J’ai l’impression qu’on est face à (…) un délit de faciès et c’est bouleversant », a réagi le rabbin, reconnaissable à sa kippa et sa longue barbe grise, sur la chaîne BFMTV.
Antisémitisme: un rabbin a été agressé entre les stations La Chapelle et Gare du Nord du métro parisien pic.twitter.com/w2RC8CEgIi
— BFMTV (@BFMTV) November 9, 2023
Le Premier ministre François Bayrou a également réagi : « C’est une agression clairement parce que la personne agressée était un rabbin avec une apparence extérieure qui a mobilisé contre lui l’agression, le déchaînement, la haine d’une personne. » S’il s’est félicité que « l’issue n'(ait) pas (été) tragique », le chef du gouvernement a déploré que « l’état de la société entraîne la radicalisation du débat public ».
Sur le réseau social X, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a condamné « avec la plus grande fermeté l’agression antisémite dont a été victime » le rabbin.
« Quand on est identifié publiquement comme juif, on est potentiellement la cible d’activistes haineux qui peuvent, au nom d’une solidarité dévoyée avec la cause palestinienne, décider de s’en prendre à des Français juifs », a insisté sur BFMTV le président du Crif, Yonathan Arfi.
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« Les actes antireligieux doivent entraîner une tolérance zéro », a réclamé le président du Consistoire central, Elie Korchia.
Cette agression intervient après d’autres incidents récents : le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant ont été aspergés de peinture verte fin mai à Paris. Ces actes ont suscité la colère d’Israël et de vives condamnations en France, qui abrite la première communauté juive d’Europe. Trois Serbes ont été inculpés jeudi à Paris et écroués, soupçonnés d’avoir dégradé ces lieux juifs « dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère », possiblement la Russie.
En 2024, un total de 1 570 actes antisémites ont été recensés en France, selon le ministère de l’Intérieur. Le Crif avait déploré en janvier un niveau « historique » de ces actes, avec une « explosion » après le 7 octobre 2023, date de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël, suivie de représailles meurtrières israéliennes à Gaza.
« Certains actes ont été extrêmement violents », soulignait le Crif dans un rapport, citant notamment la tentative d’incendie à la synagogue de La Grande-Motte (sud) en août 2024, l’incendie de la synagogue de Rouen (nord-ouest) en mai 2024 et le viol d’une adolescente juive de 12 ans en juin 2024 en banlieue parisienne.
