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Casablanca: les personnes à mobilité réduite toujours en marge de l’espace urbain (vidéo)
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À Casablanca, Mohammedia et dans plusieurs autres villes, les trottoirs impraticables, les sanitaires inaccessibles dans les cafés et restaurants, ou encore les voiries mal conçues rendent la vie urbaine très difficile pour les personnes à mobilité réduite.
Pourtant, la loi n°10-03 et l’arrêté conjoint n°2306-17, censés garantir l’accessibilité, sont clairs. Mais leur application reste largement insuffisante, notamment dans un contexte où les grands chantiers d’aménagement urbain se multiplient — à l’image de ceux en cours à Casablanca.
Une décennie de plaidoyer pour l’inclusion
Depuis plus de dix ans, l’AMVEH (Association marocaine de vie et espoir pour le handicap) se bat pour une ville inclusive. Son président, Hicham Marbot, alerte sur les incohérences flagrantes entre les lois et la réalité. « Malgré les textes, rien n’est réellement pensé pour les personnes en situation de handicap », déplore-t-il.
L’exemple du boulevard Zerktouni, récemment rénové, est révélateur : les trottoirs restent inadaptés, et une pente de garage dangereuse continue de provoquer des accidents. L’AMVEH a alerté les autorités et obtenu une écoute au niveau préfectoral, mais les actions concrètes tardent à suivre.

«Nous avons tenté de sensibiliser les autorités concernées, et une écoute favorable nous a été accordée au niveau préfectoral. Mais certaines zones à risque, comme cette pente, nécessitent une intervention urgente», insiste Hicham Marbot.

Consciente de l’importance du timing dans la réalisation des travaux, l’AMVEH a récemment sollicité CasaAménagement pour remettre une copie de l’annexe de l’arrêté ministériel et a exprimé le souhait de participer aux réflexions des commissions techniques concernées. «Il est plus judicieux de corriger les erreurs pendant les chantiers plutôt qu’après coup, ce qui coûterait plus cher à l’État», précise le président de l’association.
Des recommandations ignorées
L’association a soumis 18 courriers officiels aux décideurs, dont la présidente du Conseil de la ville de Casablanca et le Wali de la région. Seuls quelques gouverneurs ont répondu, mais dans la limite de leurs prérogatives. L’AMVEH regrette le manque de coordination entre les différents échelons de décision.
Outre la voirie, l’AMVEH pointe: l’absence de places de stationnement réservées, le manque de zones de dépose-minute adaptées, une signalétique quasi inexistante, et des ressauts de trottoirs dépassant parfois 1 mètre, un véritable mur pour un fauteuil roulant.
Seuls les gouverneurs de Mohammedia, Imsouane et Casablanca ont répondu positivement, dans la limite de leurs compétences. C’est un premier pas, mais il faut aller bien plus loin, déplore Hicham Marbot.
Handiplage pour un accès aux loisirs
En parallèle, l’association travaille sur un projet innovant de handiplage écologique, le premier du genre au Maroc. Cette plage aménagée proposera des services paramédicalisés, des équipements adaptés comme des mini-tracteurs, et un accompagnement personnalisé pour permettre aux personnes en situation de handicap de profiter des loisirs balnéaires dans des conditions dignes et sécurisées.
Ce projet vise à créer un espace de rencontre et de détente, contribuant ainsi à la lutte contre l’exclusion et la discrimination. Pour Hicham Marbot, l’accessibilité ne se limite pas à l’espace urbain. Elle englobe aussi les droits au loisir, à la culture et au lien social. La future handiplage entend briser l’isolement et lutter contre la discrimination par l’inclusion concrète.

