Coûts des transferts MRE: BAM veut optimiser les flux

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Transferts MRE, Fatima-Zahra Echihabi
D'une importance stratégique pour de nombreux pays en développement, les envois de fonds subissent des entraves majeures

À l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille célébrée ce lundi à Oujda, Fatima-Zahra Echihabi de Bank Al-Maghrib a souligné aussi bien leur importance pour le Maroc et les mesures prises pour remédier aux entraves afférentes.

Alors que les transferts MRE de fonds jouent un rôle stratégique dans l’économie mondiale, allant jusqu’à 10 % du PIB dans certains pays, le Maroc affiche pour sa part un taux significatif. Fatima-Zahra Echihabi , directrice de l’Inclusion financière et du Développement durable à Bank Al-Maghrib (BAM) a indiqué que ce taux a atteint 8% du PIB marocain en 2024, pour près de 120 milliards de dirhams (MMDH) transférés par les Marocains résidents à l’étranger.

En effet, à l’occasion de la célébration de la journée internationale des envois de fonds à la famille, célébrée aujourd’hui à Oujda, la responsable de la banque centrale a mis en avant la portée essentielle de ces flux pour les ménages marocains et l’économie nationale.

« Ces fonds jouent un rôle majeur dans le financement des besoins essentiels des ménages, le soutien à l’investissement local et la réduction des inégalités territoriales, notamment dans les régions rurales », a-t-elle déclaré. Fatima-Zahra Echihabi a aussi insisté sur leur impact qui va bien au-delà du simple transfert d’argent, pour dire qu’ils contribuent activement à l’éducation, la santé et le logement des bénéficiaires. De plus, ces flux assurent, selon ses propos, une stabilisation économique, offrant aux familles une protection face aux crises financières et renforçant leur résilience face aux chocs économiques.

Fatima-Zahra Echihabi: Des frais encore trop élevés

Malgré leur contribution essentielle, les transferts de fonds restent entravés par des coûts élevés. Selon les données de 2023, le coût moyen mondial d’un envoi de 200 dollars s’élève à 6,2 %, mais dans certains pays d’Afrique subsaharienne, ce taux peut dépasser 8 %.

Fatima-Zahra Echihabi a alerté sur ces frais excessifs qui limitent l’efficacité des transferts, privant les bénéficiaires d’une part importante des montants envoyés. Elle a expliqué que le manque de concurrence entre les opérateurs financiers, les réglementations strictes et l’absence d’infrastructures digitales adaptées en sont les principales causes. « Ces coûts freinent l’investissement local et empêchent les familles de maximiser l’impact de ces fonds sur leur développement », a-t-elle ajouté.

Lire aussi : Maroc, légère baisse des transferts des MRE à fin février 2025

Ce poids financier disproportionné affecte particulièrement les populations rurales, qui dépendent fortement des envois de fonds. Cette situation soulève des questions cruciales sur l’accessibilité et la facilitation des transferts afin de garantir qu’ils ne soient pas une source de charge mais un moteur de progrès.

Optimiser les flux des transferts MRE

Face à ces défis, Bank Al-Maghrib et les autorités marocaines ont mis en œuvre plusieurs réformes pour diversifier les canaux de transmission et réduire les coûts. Parmi les actions phares, la suppression en 2009 des clauses d’exclusivité entre opérateurs internationaux et banques marocaines a permis une diminution significative des frais liés aux transferts.

Par ailleurs, la Stratégie nationale d’inclusion financière, pilotée en collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances, a permis de structurer un écosystème financier plus inclusif, notamment avec l’émergence de nouveaux acteurs proposant des solutions alternatives comme le paiement mobile, le financement participatif et l’assurance inclusive.

Fatima-Zahra Echihabi a également rappelé le lancement en 2019 du programme Greenback-Maroc, développé en collaboration avec la Banque mondiale, dont l’objectif a été de stimuler la concurrence sur le marché des transferts et de sensibiliser les bénéficiaires à l’utilisation des outils digitaux.

De plus, le projet DigitRemit, cofinancé par l’Union européenne et le Fonds international de développement agricole (FIDA), vise à réduire les coûts des transferts à moins de 3 % d’ici 2030 et à garantir l’accès des communautés rurales mal desservies aux services financiers. Selon Jean-Christophe Filori, chef de coopération à la délégation de l’Union européenne au Maroc, « Les envois de fonds ne sont pas seulement des flux financiers, mais des ponts humains et économiques entre les deux rives de la Méditerranée ».

Envois de fonds : Oujda, au cœur de la réflexion 

La Journée internationale des envois de fonds à la famille, organisée à Oujda, a permis de mettre en lumière l’impact des transferts d’argent des MRE sur le développement économique et social. Cet événement a aussi été l’occasion d’évaluer les moyens de maximiser leur effet sur la croissance locale, en insistant sur l’importance de l’inclusion financière et digitale.

Stefania Gnoato, Directrice de pays du FIDA, a salué le rôle du Maroc en matière de gestion des transferts. Il a déclaré à cet effet, « le Maroc montre l’exemple en intégrant ces flux dans ses stratégies de développement ». Elle a insisté sur la nécessité d’investir dans ces fonds, qui ne doivent plus être vus comme une simple source de revenus, mais comme un levier stratégique de prospérité et de résilience.

Alors que le Maroc figure parmi les principaux bénéficiaires mondiaux, les efforts engagés visent à assurer des transferts plus accessibles, abordables et efficaces, pour accompagner une croissance économique inclusive et durable.

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