Maroc Telecom et Inwi: feu vert de l’ANRT au projet de joint-venture

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Maroc Telecom, Inwi
Maroc Telecom et Inwi ont obtenu le feu vert de l'ANRT pour leurs projet de joint-venture

C’est une décision majeure qui vient de remodeler le paysage des télécommunications marocaines. Par sa décision ANRT/DG/N°08/2025, rendue publique lundi 23 juin, l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) a officiellement autorisé le projet de concentration économique entre Itissalat Al-Maghrib (Maroc Telecom) et Wana Corporate (Inwi).

Comme décision, elle était attendue, et elle est tombée : Maroc Telecom et Inwi ont le quitus pour co-créer deux entreprises. C’est donc un avis favorable que l’instance de régulation a donné à leur projet de concentration économique, notifiée le 20 mai dernier.

Ce projet porte sur la mutualisation d’infrastructures passives dans deux segments distincts : la fibre optique FTTH et les sites d’hébergement mobile. Il faut le dire, c’est une initiative majeure, qui marque une inflexion stratégique dans la logique de déploiement télécom au Maroc.

Les détails de la décision stipule que la première coentreprise, surnommée FiberCo, sera dotée d’un capital de 3 milliards de dirhams. Cette entreprise sera spécialisée dans le déploiement d’infrastructures passives FTTH accessibles à l’ensemble des opérateurs. Elle proposera un accès passif à la fibre jusqu’au client final, ce qui permettra à chaque acteur de conserver une liberté technique et commerciale sur les services qu’il propose.

Quant à la deuxième entité, TowerCo, elle se concentrera sur les infrastructures d’hébergement des équipements radio – pylônes, sites, antennes – avec un investissement prévu de 1,4 milliard de dirhams. Chacune des deux entreprises sera juridiquement autonome et dotée de ses propres ressources humaines, matérielles et financières.

Préserver la concurrence

L’ANRT insiste dans sa décision sur le caractère indépendant de ces deux entités, qui devront fonctionner selon les principes de neutralité, de transparence et de non-discrimination. Les opérateurs fondateurs ne pourront se prévaloir d’aucun avantage en matière d’accès ou de tarification.

La décision encadre également les flux d’information entre FiberCo et TowerCo, ainsi que leurs maisons-mères. Le régulateur impose pour se faire une étanchéité des systèmes d’information et des processus décisionnels séparés.

Lire aussi : Deal Maroc Telecom-Inwi, l’ANRT notifiée du projet de création des co-entreprises « FiberCo » et « TowerCo »

Sur le plan concurrentiel, l’ANRT considère que l’opération ne soulève pas de préoccupations majeures. Elle ne modifie pas la structure des marchés de détail, dans lesquels les coentreprises n’ont pas vocation à intervenir. Concernant les marchés de gros, l’Agence estime que la création de FiberCo pourrait au contraire favoriser la dynamique concurrentielle, notamment dans le FTTH, à travers une mutualisation des infrastructures passives jusque-là peu développée dans ce format.

S’agissant de la TowerCo, l’ANRT reconnaît que Maroc Telecom et Inwi détiennent déjà ensemble plus de 65 % du marché de l’infrastructure passive mobile. Ce niveau pourrait induire des effets de renforcement de position dominante si l’accès aux infrastructures n’était pas strictement encadré.

Cependant, la régulation actuelle, fondée sur la loi 24-96 et les obligations de partage prévues à l’article 22 bis, ainsi que le mécanisme de surveillance que l’ANRT entend maintenir, constituent selon elle des garanties suffisantes pour éviter toute discrimination.

Régulation active dans un marché en mutation

La décision prend également acte des engagements fournis par les parties Maroc Telecom et Inwi. Des engagements qui couvrent des aspects variés, allant de la publication d’offres de référence validées par l’ANRT, à l’ouverture effective des services aux tiers, en passant par des mécanismes de gouvernance destinés à prévenir toute entente ou coordination anticoncurrentielle.

En validant cette opération, l’ANRT ouvre la voie à un modèle plus rationalisé dans les déploiements d’infrastructures passives. Il s’agit d’un pas vers une mutualisation raisonnée des réseaux, dans un secteur historiquement marqué par une logique de duplication coûteuse. Reste désormais à s’assurer, dans la durée, que les coentreprises tiennent leurs engagements, et que le cadre régulatoire soit capable de prévenir toute dérive anticoncurrentielle. L’Agence annonce à ce titre qu’elle maintiendra une surveillance renforcée sur les premières années de fonctionnement des deux entités.

Ce feu vert intervient alors que le Royaume entame une nouvelle phase de sa transformation numérique, où l’accès équitable aux infrastructures conditionnera en grande partie l’effectivité de la concurrence et la qualité de service pour l’ensemble des usagers.

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