L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a fait appel de sa condamnation à cinq ans de prison…
Affaire Boualem Sansal: Paris regrette une condamnation « injustifiée »
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Paris « regrette » la confirmation en appel de la condamnation en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal à cinq ans de prison ferme, une décision que la diplomatie française a jugé mardi « à la fois incompréhensible et injustifiée ».
La France appelle les autorités algériennes à faire preuve d’un geste de clémence et à trouver une issue rapide, humanitaire et digne à la situation de notre compatriote, prenant en compte son état de santé et des considérations humanitaires. Notre souhait est qu’il puisse être libéré et soigné », affirme le Quai d’Orsay dans un communiqué.De son côté, le Premier ministre français François Bayrou a dit espérer « des mesures de grâce » du président algérien Abdelmadjid Tebboune après la condamnation en appel de l’écrivain franco-algérien.
« La situation que Boualem Sansal subit est une situation que tous les Français et le gouvernement français trouvent insupportable, à juste titre. Maintenant qu’il y a eu condamnation, on peut imaginer que des mesures de grâce, notamment en fonction de la santé de notre compatriote, soient prises », a déclaré le chef du gouvernement français.
« Je sais que toutes les instances exécutives, depuis le président de la République jusqu’au gouvernement, agissent en ce sens de manière à ce que l’humanité triomphe », a ajouté François Bayrou.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui avait défendu une « riposte graduée » à l’égard de l’Algérie dans cette affaire, a affirmé aux côtés de Bayrou qu’il ne voulait « gâcher aucune chance, d’ici notamment la fin de la semaine, pour que Boualem Sansal puisse être libéré ».
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La cour d’appel d’Alger a confirmé mardi la décision de première instance. Sansal avait été condamné le 27 mars à cinq ans d’emprisonnement par le tribunal de Dar El Beida, près d’Alger, notamment pour des déclarations en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières, où il estimait que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc.
L’écrivain, âgé de 80 ans et atteint selon ses proches d’un cancer de la prostate, fait l’objet d’une âpre lutte diplomatique entre l’Algérie et la France depuis son arrestation à Alger le 16 novembre.
Communiqué… pic.twitter.com/BL4DpSuYzI
— Comité de soutien international à Boualem Sansal (@CSoutienBS) July 1, 2025
Cette affaire a envenimé une brouille entre Paris et Alger déclenchée en juillet 2024 par la reconnaissance par la France d’un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara.
Le chef de file des députés de droite Laurent Wauquiez a estimé sur le réseau social X que Boualem Sansal avait été « lâchement abandonné (par la France) au régime algérien ». « C’est une honte », a-t-il écrit.
La condamnation de Boualem Sansal, « gravement malade, équivaut à une peine de mort », a pour sa part jugé la patronnes des députés d’extrême droite Marine Le Pen, en appelant le président français Emmanuel Macron à « sortir de son silence et agir en conséquence ».
« Ce procès politique initié par le pouvoir algérien, dont les multiples provocations se nourrissent de l’extrême faiblesse et de la pusillanimité du gouvernement français, appelle à une réaction politique concrète, ferme et déterminée », a développé la leader du Rassemblement national.
