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Startups: l’écosystème marocain a carburé en 2024 (rapport)
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L’écosystème des startups marocain est en pleine effervescence, se positionnant comme un modèle pour les nations africaines désireuses de stimuler l’innovation.
L’écosystème des startups marocain est devenu un modèle en Afrique qui soutient l’innovation, selon le « Morocco Startup Ecosystem Report« , publié récemment par l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P) en collaboration avec Startup Researcher.
En 2024, les startups marocaines ont levé près de 95 millions de dollars, soit quasiment le triple d’il y a un an. Cette performance a non seulement placé le Maroc au 6e rang en Afrique pour le financement des startups, mais a également contribué à amortir le déclin régional des investissements dû au ralentissement du financement en Égypte.
Cette croissance est portée par des fonds de capital-risque locaux influents tels que UM6P Ventures, Maroc Numeric Fund et le programme 212 Founders de CDG Invest. Casablanca, véritable cœur technologique du pays, a connu une croissance de plus de 40 % et des initiatives comme Technopark et Impact Lab ont accompagné plus de 3.000 startups depuis 2001.
La stratégie Maroc Digital 2030, dotée d’un fonds de 24 millions de dollars, ambitionne quant à elle la création de 3.000 startups et 240.000 emplois numériques d’ici 2030, en s’appuyant notamment sur des événements majeurs comme GITEX Africa pour attirer les investisseurs mondiaux.
Le succès du Maroc repose sur une synergie public-privé solide, illustrée par le fonds gouvernemental Innov Invest, soutenu par la Banque mondiale, qui a injecté 50 millions de dollars dans les startups en phase de pré-amorçage et d’amorçage, donnant naissance à des entreprises comme Chari, une plateforme d’e-commerce B2B.
Des signes d’accélération, mais des disparités persistent
Malgré cette dynamique positive, l’écosystème des startups marocain fait face à des défis notables. Le rapport révèle que le paysage du financement reste très inégal, avec seulement trois startups représentant près de 65% du capital total levé. Parmi elles, Nuitée, une entreprise de traveltech, a réalisé un tour de table record de 48 millions de dollars en série A, propulsant le secteur en tête des investissements de l’année, capturant plus de 53 % du total.
La fintech se classe deuxième en nombre de transactions, avec des acteurs comme Inyad, Tookeez et ORA Technologies. L’agritech gagne également du terrain, attirant près de 10 % des financements, tandis que la deeptech représente 10 % du volume des transactions, suggérant un intérêt croissant pour les technologies de pointe.
Cependant, la majorité du capital reste concentrée en phase de démarrage. Les cycles de pré-amorçage, d’amorçage et de pré-série A dominent, tandis que les investissements en phase de croissance (série A et au-delà) accusent un retard. Ce manque de financement de 5 à 10 millions de dollars pousse les startups marocaines prêtes à se développer à chercher des capitaux à l’étranger, ce qui représente un risque pour les gains économiques liés à l’innovation dans le pays, constate le rapport.
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De plus, seules quatre sorties significatives de startups ont été enregistrées au Maroc au cours des trois dernières années, un chiffre faible comparé à plus de 20 en Égypte. Cette activité de sortie limitée freine l’attraction et le recyclage du capital-risque au niveau local. Des disparités de genre persistent également, malgré des avancées dans les postes de direction.
Pour surmonter ces obstacles, le rapport propose des leviers stratégiques clés: catalyser le financement en phase avancée grâce au Fonds d’investissement Mohammed VI, favoriser l’activité locale de fusions-acquisitions, soutenir les femmes entrepreneures et renforcer les secteurs technologiques émergents tels que l’IA, la climate tech et la fabrication de pointe.
Le modèle marocain, axé sur les partenariats public-privé et le renforcement des capacités locales de capital-risque, offre des leçons précieuses pour d’autres nations africaines. Malgré les défis, l’écosystème des startups marocain est une feuille de route prometteuse pour stimuler l’innovation et la croissance économique sur le continent.
