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Mariage: l’association Kif Mama Kif Baba dénonce des propos « rétrogrades » de Benkirane
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Lors d’un meeting politique organisé le samedi 5 juillet à Agadir, des propos du secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, sur le mariage et les études des jeunes filles ont suscité la controverse.
«Ô filles, arrêtez de dire ‘on va étudier, travailler et par la suite nous marier’. Vous pouvez faire tout cela après le mariage. Mais, si vous ratez le mariage, les études ne vous serviront à rien et vous allez rester comme une mouette isolée», a déclaré Abdelilah Benkirane lors d’un meeting politique organisé samedi dernier à Agadir. Le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD) avait été interpellé par un sympathisant, alors qu’il prônait le mariage.
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Les propos de l’ex-chef du gouvernement, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont provoqué de nombreuses réactions, y compris de la part de la société civile, des militantes féministes et des organisations de défense des droits des femmes.
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L’association Kif Mama Kif Baba a réagi, pour sa part, via une série de publications condamnant les déclarations de Benkirane. Elle a affirmé que «le Maroc mérite mieux que ce type de discours rétrograde», tout en rappelant que, selon les chiffres communiqués par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, 97 % des filles mariées avant 18 ans quittent définitivement l’école.
Et d’ajouter: «Pendant que l’État investit des milliards pour favoriser la scolarisation des filles, vous les poussez vers la sortie».
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Poursuivant, l’association a défendu le droit au célibat comme un choix d’éducation, d’indépendance ou de liberté, appelant à respecter toutes les trajectoires de vie. «Le mariage peut attendre, mais le savoir, lui, ne se rattrape pas si on l’abandonne. Chaque femme a le droit de choisir son moment, son rythme et son avenir», a-t-elle conclu.
Interrogée par H24Info, Ghizlane Mamouni, avocate et présidente de l’association Kif Mama kif Baba, a estimé qu’«à l’approche des élections, le PJD semble ne rien proposer d’autre qu’un modèle de société fondé sur la dépendance des femmes».
Pour elle, «l’indépendance économique des femmes et des filles est la seule voie permettant de sortir de la précarité. Promouvoir le mariage comme unique solution revient à renforcer un schéma patriarcal dépassé.»
A contre-courant des orientations nationales
L’Association Tahadi pour l’égalité et la citoyenneté (ATEC) a, elle aussi, réagi lundi à la sortie de Benkirane. Dans un communiqué, l’association féministe souligne que ces déclarations vont à contre-courant des orientations nationales en matière de promotion du leadership féminin et d’autonomisation économique des femmes, deux piliers jugés essentiels pour la dignité humaine.
«Les propos de M. Benkirane réactivent une perception dépassée du rôle des femmes, occultant les acquis de la réforme de la Moudawana en 2004, et les garanties constitutionnelles de 2011», indique le communiqué. L’article 19 de la Constitution marocaine stipule l’égalité entre les sexes en matière de droits et de libertés, rappelle l’association.
Quant à la hiérarchisation implicite établie par le chef du PJD entre vie familiale et parcours professionnel, l’ATEC rappelle que le mariage relève d’un choix individuel, protégé par les libertés fondamentales inscrites dans la Constitution. «Le mariage doit rester un choix éclairé, librement consenti, sans pression sociale ni tutelle morale ou politique sur les citoyennes.»
Elle conclut en réaffirmant son engagement à lutter contre tous les discours conservateurs qui cherchent à cantonner les femmes à des rôles subalternes, appelant à une mobilisation sociétale pour la consolidation d’un Maroc égalitaire, moderne et inclusif.
