Meurtre de l’enseignante d’Erfoud: 30 ans de prison pour l’étudiant assassin

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30 ans de prison pour l’assassin de l’enseignante Hajar : la justice tranche, la douleur reste
L'enseignante Hajar avait succombé à ses blessures quelques semaines plus tard, le 13 avril, à l’hôpital universitaire de Fès, après un long coma © DR

La Cour d’appel d’Errachidia a condamné à 30 ans de prison ferme un étudiant de 21 ans pour le meurtre sauvage d’une professeure de français à Erfoud. Un verdict qui suscite le soulagement d’une opinion publique encore marquée par la brutalité du crime.

La Chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel d’Errachidia a prononcé ce mercredi une peine de 30 ans de prison ferme contre l’auteur du meurtre de la jeune enseignante de français à Erfoud, survenu en pleine rue. Le tribunal a également ordonné le versement d’une indemnisation de 300.000 dirhams aux ayants droit de la victime.

Un crime d’une rare violence

Les faits remontent à mars dernier, en plein mois de Ramadan. L’enseignante, alors en service à l’Institut de formation professionnelle d’Erfoud, a été attaquée en pleine voie publique par l’un de ses élèves. L’agresseur lui a asséné un coup de hache à la tête, dans un geste d’une extrême brutalité, avant de prendre la fuite. Elle avait succombé à ses blessures quelques semaines plus tard, le 13 avril, à l’hôpital universitaire de Fès, après un long coma.

L’agression, filmée et relayée sur les réseaux sociaux, avait provoqué une vague d’indignation nationale. Des milliers d’enseignants, de citoyens et d’associations avaient exprimé leur colère, exigeant des mesures urgentes contre la montée des violences envers le personnel éducatif.

Une onde de choc dans le monde de l’éducation

Le drame a ravivé un débat brûlant sur la sécurité dans les établissements scolaires et le respect du corps enseignant. Des syndicats, des ONG et des personnalités du monde de l’éducation ont tiré la sonnette d’alarme sur la précarité psychologique et physique dans laquelle travaillent aujourd’hui nombre d’enseignants, surtout en milieu semi-urbain et rural.

L’émotion avait été vive dans les milieux éducatifs et sur les réseaux sociaux, où de nombreuses voix avaient appelé à des sanctions exemplaires pour ce crime qualifié de «lâche» et «insoutenable». Des syndicats et associations d’enseignants avaient dénoncé une montée inquiétante de la violence contre les personnels éducatifs et exigé des mesures concrètes pour garantir leur sécurité.

Un jugement attendu, mais des attentes persistantes

La condamnation de l’agresseur à 30 ans de prison est considérée comme un signal fort de la justice, mais pour de nombreux Marocains, le combat ne fait que commencer.

La communauté éducative continue de réclamer une stratégie nationale de prévention de la violence scolaire, un accompagnement psychologique du personnel et une revalorisation du statut des enseignants.

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