Les Marocains hyperconnectés mais peu friands de l’e-banking (rapport Banque mondiale)

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Le rapport Findex 2025 de la Banque mondiale révèle que, malgré leur hyperconnectivité, les Marocains accusent un retard significatif en matière d’inclusion financière.

Le Maroc se trouve face à un paradoxe en matière d’inclusion financière. Malgré une adhésion massive aux technologies digitales, le Royaume accuse un retard notable dans l’usage des services de l’e-banking, souligne le récent rapport Findex Global Database 2025 de la Banque mondiale.

Publié cette semaine, ce document met en lumière un contraste frappant entre une forte pénétration du numérique et une intégration limitée des systèmes financiers traditionnels via internet. Il révèle en effet que moins de la moitié des Marocains, soit 44%, possèdent un compte bancaire ou utilisent un portefeuille électronique. Ce taux positionne le Maroc derrière des nations africaines comme le Burkina Faso (51%) et le Mali (55%), et loin derrière le Ghana (81 %) ou le Sénégal (76 %), des pays où l’inclusion financière est plus avancée.

L’analyse ne s’arrête pas à la simple détention d’un compte, elle mesure l’utilisation effective des services financiers numériques. Sur ce point également, le Maroc affiche un net retard : seulement 32% des adultes ont effectué ou reçu un paiement numérique au cours des douze derniers mois. Cette proportion est inférieure à la moyenne de la région MENA, illustrée par les 50% de l’Égypte et les 57% de la Jordanie. Ce qui met en évidence une difficulté à intégrer les outils numériques dans les transactions financières quotidiennes.

Ce constat est d’autant plus interpellant que le Maroc bénéficie d’une connectivité numérique remarquable. En effet, 90% des Marocains possèdent un téléphone portable, un taux qui dépasse celui de pays voisins comme l’Algérie (85%) et la Tunisie (84%). De plus, 65% de la population a un accès régulier à Internet, positionnant le pays parmi les plus connectés en Afrique et dans la région MENA.

Pourtant, cette dynamique numérique ne se traduit pas encore pleinement par une amélioration de la bancarisation ni par une utilisation accrue des services financiers en ligne.

L’épargne et le crédit en chute libre 

Le rapport met par ailleurs en lumière des lacunes significatives en matière d’épargne et de crédit formels: seuls 6% des Marocains choisissent d’épargner auprès d’institutions financières, un chiffre bien inférieur à ceux de l’Égypte (17%) ou de la Jordanie (15%). Quant au recours au crédit via les banques ou des entités similaires, il demeure anecdotique, avec un maigre 1% des Marocains l’ayant utilisé au cours de l’année écoulée.

Lire aussi. E-banking: les Marocains pas encore entièrement séduits

Ces données soulignent une forte dépendance aux circuits informels, tels que la famille et les proches, pour répondre aux besoins de financement. Ainsi, conclut le rapport, malgré les efforts déployés par le Maroc pour digitaliser son économie et développer ses infrastructures numériques, l’inclusion financière demeure un chantier prioritaire.

Face à cette situation, la Banque mondiale recommande l’adoption de politiques plus ciblées, notamment en direction des femmes et des ménages à faibles revenus, l’amélioration de l’éducation financière, et le développement de portefeuilles électroniques abordables, appuyés par des réseaux de distribution de proximité pour toucher les populations encore exclues du système financier officiel.

L’inclusion financière en progression

Au niveau mondial, le rapport « Global Findex Database 2025 » atteste de progrès considérables en matière d’inclusion financière. La proportion d’adultes détenant un compte financier est passée de 51% en 2011 à 79% en 2024. Cette croissance est largement attribuable à la démocratisation des technologies numériques, avec 86% des adultes à travers le monde possédant désormais un téléphone portable.

La monnaie mobile et les paiements numériques ont agi comme des catalyseurs majeurs de cette tendance, particulièrement dans les économies à revenu faible et intermédiaire, en facilitant l’accès à l’épargne, au crédit et à la gestion des risques financiers.

Cependant, des défis substantiels persistent. Environ 1,3 milliard d’adultes dans le monde n’ont toujours pas accès à un compte bancaire. Les disparités demeurent, affectant particulièrement les femmes et les populations les plus vulnérables. Il est notamment à noter que 6% de la population adulte mondiale, soit un tiers des adultes non bancarisés, ne dispose ni de compte ni de téléphone portable, ce qui complexifie considérablement leur intégration dans l’écosystème financier actuel.

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