Depuis l’arrestation du journaliste marocain Mohamed Bakkali, correspondant de la chaîne Al Jazeera, samedi soir…
Le SNPM dénonce l’arrestation de Mohamed Bakkali et appelle à une pression internationale sur Israël
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Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a exprimé sa vive inquiétude face à l’interception du navire humanitaire « Handala » par l’armée israélienne, appelant à une mobilisation internationale urgente pour obtenir la libération immédiate et inconditionnelle du journaliste marocain Mohamed Bakkali, arrêté samedi soir alors qu’il participait à une mission de solidarité en direction de la bande de Gaza.
Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a exprimé une profonde inquiétude face à l’attaque israélienne contre le navire humanitaire «Handala», qui se dirigeait vers la bande de Gaza avec à son bord des aides vitales. À bord de cette flottille, figure notamment le journaliste marocain de la chaîne Al Jazeera Mohamed Bakkali, dont l’arrestation par les forces israéliennes a suscité une vague d’indignation dans les milieux médiatiques marocains et internationaux.
Dans un communiqué rendu public dimanche, le SNPM dénonce fermement cette détention arbitraire, qu’elle qualifie d’atteinte grave aux missions pacifiques à caractère humanitaire, journalistique et droit-de-l’hommiste. Elle exige la libération immédiate et inconditionnelle de Mohamed Bakkali ainsi que de tous les membres de l’équipage de la flottille.
Violation des normes de protection des journalistes
Selon les informations recueillies par le SNPM, la marine israélienne a intercepté puis pris d’assaut le navire, après plusieurs tentatives d’intimidation en pleine mer, à moins de sept heures de sa destination finale : les côtes de Gaza.
Le SNPM estime que ce comportement constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et des normes de protection des journalistes en zone de conflit, rappelant que les missions de presse ne peuvent en aucun cas être assimilées à des actes hostiles.
Appel à la mobilisation internationale
Le syndicat appelle l’ensemble des organisations internationales de défense de la presse et des droits humains, ainsi que les instances onusiennes, à agir urgemment pour garantir la sécurité des journalistes et faire pression sur Israël afin qu’il respecte ses obligations internationales.
« Ce nouvel épisode montre, une fois encore, le mépris d’Israël pour les droits fondamentaux et les principes universels de la liberté d’informer », conclut le communiqué.
Appels à l’intervention du gouvernement
Depuis l’arrestation du correspondant de la chaîne Al Jazeera, samedi soir par l’armée israélienne, les appels à une intervention immédiate du gouvernement marocain pour sa libération se multiplient.
Détenu à présent en Israël, Mohamed Bakkali a lancé un appel enregistré avant son arrestation demandant aux autorités marocaines d’intervenir pour sa libération et la protection de sa vie.
SOS! The crew on ‘Handala’ have been kidnapped by Israeli Occupation Forces (IOF)
Mohamed El Bakkali is a citizen of Morocco.
Tag and email the Ministry of Foreign Affairs, African Cooperation and Moroccan Expatriates NOW:
Email: [email protected]
X: @Marocdiplo_EN… pic.twitter.com/4tGdaP3UhD— Freedom Flotilla Coalition (@GazaFFlotilla) July 26, 2025
Ce dimanche, le bateau qui se dirigeait vers Gaza avec de l’aide humanitaire –intercepté samedi soir par l’armée israélienne au large de la bande assiégée de Gaza– est arrivé en Israël dimanche au port d’Ashdod.
Les membres de son équipage, dont le journaliste d’Al Jazeera ainsi que des élues du parti français La France Insoumise, ont été appréhendés par les autorités israéliennes.
Selon l’ONG israélienne Adalah, les autorités israéliennes ont confirmé l’arrivée du navire au port d’Ashdod après 12 heures en mer.
L’ONG spécialisée dans l’aide légale précise que les autorités israéliennes l’ont interdit d’entrer en contact avec les personnes appréhendées ni de leur fournir l’assistance juridique.
Des appels à libérer Bakkali
Dès samedi soir, les appels se sont succédé à protéger le journaliste marocain. Outre Reporters sans frontières (RSF), qui a appelé à la protection immédiate du journaliste qui couverait cette mission aux côtés du caméraman américain Waad Mohamed Salim Al Taii dans une opération à haut risque visant à documenter l’acheminement de l’aide vers Gaza, un territoire enclavé, coupé du monde, la parlementaire de la Fédération de la Gauche Démocratique (FGD), Fatima Tamni, a interpelé le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, en exigeant une intervention urgente pour protéger le journaliste marocain.
Tamni interpelle Bourita
Dans une lettre adressée au président de la Chambre des représentants et au chef de la diplomatie marocaine, Tamni rappelle que la mission a pris départ du port de Syracuse (Italie) avec à son bord plus de vingt journalistes, militants et parlementaires internationaux.
Elle souligne que la mission avait fait l’objet de menaces israéliennes préalables, ainsi que de tentatives de sabotage avérées et documentées avant son départ, comme en témoignent plusieurs déclarations de participants et de médias internationaux.
« Ce qui s’est passé constitue une atteinte grave à la sécurité d’un citoyen marocain et viole son droit fondamental d’exercer sa mission professionnelle et humanitaire », écrit la parlementaire.
Fatima Tamni exprime sa vive inquiétude face à l’absence de réaction officielle jusqu’à présent et appelle à des mesures diplomatiques concrètes. Elle demande au ministre quelles démarches ont été engagées, ou sont prévues, pour assurer la sécurité physique et morale de Mohamed Bakkali et obtenir sa libération immédiate et inconditionnelle, à l’instar d’autres gouvernements qui se sont mobilisés pour leurs ressortissants arrêtés dans le cadre de la même opération.
Outre la FGD, le Parti Justice et Développement (PJD) a également appelé à l’intervention des autorités marocaines pour libérer Bakkali.
شقيقي، الصحافي المغربي، ومراسل قناة الجزيرة محمد البقالي كان ضمن من اختطفتهم قوات الاحتلال الإسرائيلي، في عملية قرصنة غير قانونية بالمياه الدولية، بينما كان يؤدي واجبه المهني والإنساني في تغطية رحلة سفينة “حنظلة” المتجهة إلى غزة لكسر الحصار والتجويع الظالم. pic.twitter.com/0VN0WNrm0L
— Mustapha El Bakkali (@bakkalimu) July 26, 2025
Des membres de la famille du journaliste ont également dénoncé l’arrestation du journaliste natif de Ouazzane.
« Tous les passagers sont sains et saufs »
Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré, ce dimanche, que la marine avait arrêté le Handala pour l’empêcher d’entrer dans les eaux au large de la bande de Gaza. « Le navire se dirige en toute sécurité vers les côtes israéliennes. Tous les passagers sont sains et saufs », a-t-il déclaré.
Samedi, une vidéo diffusée en direct depuis le Handala montrait des soldats israéliens montant à bord du navire.
Un outil de suivi en ligne indiquait que le navire se trouvait dans les eaux internationales à l’ouest de Gaza.
Le navire a pris la mer pour tenter de briser le blocus naval israélien de Gaza et apporter une petite quantité d’aide humanitaire aux habitants du territoire, ravagé par plus de 21 mois de guerre.
I love these people so much. The crew onboard the Handala freedom flotilla were chanting and singing together just minutes before their abduction by the Israeli forces. They are the best of humanity. We are all Handala. pic.twitter.com/3BgDB0ZwvD
— Yipeng Ge 葛义朋 (@yipengGe) July 26, 2025
Avant d’être arrêtés, les membres de l’équipage du Handala avaient déclaré dans un message publié sur X qu’ils entameraient une grève de la faim si l’armée israélienne interceptait le bateau et arrêtait ses passagers.
Le Madleen, un précédent bateau envoyé par la même organisation, avait également été intercepté par l’armée israélienne dans les eaux internationales le 9 juin. Les militants, dont la suédoise Greta Thunberg, avaient finalement été expulsés par Israël.
