Sahara, énergie, sécurité: Massad Boulos en Algérie pour remettre les pendules à l’heure

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Le conseiller de Trump entame une visite en Algérie pour discuter du dossier du Sahara
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Le conseiller spécial du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Massad Boulos, est arrivé dimanche à Alger dans le cadre d’une tournée maghrébine qui le conduira également au Maroc. Objectif principal : discuter des priorités stratégiques bilatérales, notamment le dossier énergétique et le dossier sensible du Sahara, au cœur des tensions régionales depuis plusieurs décennies.

L’annonce a été faite par l’ambassadrice des États-Unis en Algérie, Elisabeth Moore Aubin, qui a exprimé sur le réseau X (ex-Twitter) sa satisfaction d’accueillir le haut responsable américain : « Je suis ravie d’accueillir le conseiller principal Masad Boulos en Algérie pour des discussions stratégiques visant à renforcer les priorités communes entre nos deux pays. »

Cette visite intervient dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes autour du conflit du Sahara, alors que l’administration américaine s’efforce de préserver un équilibre diplomatique entre Rabat et Alger.

Massad Boulos, connu pour son rôle croissant dans les dossiers géopolitiques sensibles du Moyen-Orient et de l’Afrique, a rappelé à plusieurs reprises la constance de la position américaine sur le Sahara, affirmant notamment que « la position de Washington est très claire, sans aucune ambiguïté ».

Relancer le dialogue

La visite du conseiller américain est perçue comme une tentative de réactiver le dialogue régional, dans un Maghreb fracturé, à la veille d’échéances diplomatiques majeures à l’ONU sur la question du Sahara. Elle pourrait aussi signaler l’intérêt renouvelé de la Maison Blanche à jouer un rôle plus actif dans les équilibres nord-africains.

Avant de poser le pied à Alger, Massad Boulos, qui était vendredi en visite de Tripoli, où il a rencontré les principaux protagonistes du conflit libyen, s’est rendu d’abord à Paris, le samedi, pour des entretiens avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Cette séquence diplomatique — Tripoli, Paris, puis Alger — n’est pas anodine. Elle reflète à la fois l’interconnexion des crises nord-africaines et l’influence persistante de Paris sur les orientations politiques et diplomatiques de l’Algérie, notamment en matière de sécurité régionale et de positionnement sur les grands dossiers africains.

À l’issue de son entretien avec le président Abdelmadjid Tebboune, Boulos a souligné « le potentiel immense pour renforcer la coopération bilatérale, notamment dans le secteur de l’énergie et dans d’autres domaines économiques ». Il a qualifié cette visite de « très fructueuse », exprimant sa volonté « d’explorer de nouvelles pistes de coopération pour un avenir pacifique et prometteur ».

Une stratégie américaine renouvelée en Afrique

Cette tournée intervient dans un contexte de repositionnement stratégique de l’administration Trump en Afrique. Selon la revue américaine spécialisée The Geopolitical Desk, la Maison Blanche ambitionne de remplacer la logique de l’aide humanitaire par celle des partenariats économiques durables – « des deals, pas des dons ».

Massad Boulos, qui a récemment œuvré avec succès pour rapprocher les positions entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, a été mandaté pour intervenir dans des dossiers régionaux complexes, notamment les conflits en Libye, au Soudan et le différend du Sahara.

Sa visite en Algérie est ainsi perçue comme le premier acte concret de cette nouvelle diplomatie de terrain prônée par Washington.

Prochaine escale de Boulos: le Maroc

D’après des sources diplomatiques citées par la même revue, Massad Boulos poursuivra sa tournée par une visite officielle au Maroc, où il devrait rencontrer de hauts responsables du gouvernement afin de discuter de l’évolution du conflit au Sahara marocain. La relance du processus onusien, gelé depuis plusieurs années, sera au centre des échanges.

Dans une interview accordée à la chaîne Al Arabiya en avril dernier, Boulos avait réaffirmé que l’administration Trump restait engagée à trouver une solution durable au conflit, rappelant que le président Trump lui-même avait reconnu en décembre 2020 la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.

Boulos avait également précisé que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait insisté, lors d’une rencontre récente avec son homologue marocain Nasser Bourita, sur «l’urgence d’accélérer les efforts de l’ONU» et sur «la pertinence de l’initiative d’autonomie marocaine comme seule base réaliste de règlement».

Une médiation à relancer

Alors que la position américaine a connu un fléchissement sous l’administration Biden, cette tournée semble marquer un tournant vers une implication diplomatique plus active dans le dossier du Sahara. Les autorités marocaines espèrent que cette dynamique nouvelle relancera les négociations sous l’égide des Nations unies, dans un contexte géopolitique régional en recomposition.

Lire aussi: Sahara: Massad Boulos, émissaire de Trump, attendu au Maroc et en Algérie

Outre la question du Sahara, les échanges à Rabat devraient également porter sur le renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines de l’énergie, de la sécurité, de la cybersécurité et des investissements.

Le retour de Massad Boulos sur la scène diplomatique maghrébine témoigne d’une volonté claire de l’administration Trump de reprendre l’initiative sur les grands dossiers de l’Afrique du Nord. Reste à savoir si cette offensive diplomatique suffira à débloquer un conflit qui dure depuis près de cinq décennies.

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