Le système éducatif marocain classé 2e en Afrique, selon le média “The African Exponent”

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Dans une salle de classe au Maroc. ©DR

Le système éducatif marocain figure à la 55e place mondiale dans le classement 2025 de The African Exponent, média panafricain spécialisé dans les analyses économiques et sociales. Le Royaume se positionne ainsi parmi les trois meilleurs systèmes éducatifs du continent, derrière l’Égypte et devant la Tunisie.

Un récent classement, publié par The African Exponent et s’appuyant sur des données de World Population Review, a placé le Maroc à la 55e position mondiale et à la 2e place en Afrique pour la qualité de son système éducatif. Le Royaume se retrouve ainsi derrière l’Égypte (37e) mais devant des pays comme l’Algérie et la Tunisie.

Si certains classements, basés sur des indicateurs généraux ou des analyses spécifiques, placent le Maroc dans des positions confortables, les évaluations internationales majeures axées sur la performance des élèves, comme les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l’OCDE, peignent généralement un tableau plus nuancé, révélant des défis significatifs en matière d’apprentissage.

The African Exponent, média panafricain spécialisé dans les analyses économiques et sociales, s’est imposé comme une référence en matière de classements continentaux. Sa méthodologie repose sur une lecture croisée des indicateurs internationaux. Cette reconnaissance vient donc saluer les réformes entamées depuis une décennie au Maroc, notamment à travers la Vision stratégique 2015–2030, qui vise à repenser en profondeur le système éducatif national.

L’État a récemment multiplié les mesures pour moderniser les curricula, revaloriser le statut de l’enseignant et promouvoir l’enseignement bilingue. Des partenariats ont été noués avec la France, les Émirats arabes unis et la Banque mondiale, avec l’ambition de faire de l’école marocaine le socle d’une véritable société du savoir.

Lire aussi. Classement PISA: le niveau des élèves marocains en chute libre

Toutefois, derrière ces ambitions et certains chiffres optimistes, la réalité est plus contrastée. Selon divers rapports, dont des études régulièrement citées par des organisations internationales, une part importante des jeunes élèves marocains peine à acquérir les compétences fondamentales. Des chiffres, concordants avec le rapport « Unfulfilled Promises of Morocco’s Vision 2015–2030 », indiquent qu’environ 66% des enfants de 10 ans ne comprendraient pas un texte simple.

Pire encore, le décrochage scolaire demeure un problème majeur, particulièrement accentué dans les zones rurales. L’absence ou l’insuffisance d’infrastructures, de transports et d’encadrement pédagogique dans ces régions mine les ambitions de scolarisation, creusant un clivage urbain-rural préoccupant au sein du système éducatif.

Le système éducatif marocain face à l’enjeu linguistique

Autre défi de taille : la question linguistique qui constitue un véritable casse-tête. Entre l’arabe classique, l’Amazight, le darija, le français et un anglais de plus en plus en vogue, les élèves évoluent parfois dans une confusion qui nuit à l’acquisition des fondamentaux. Ce manque de clarté dans la politique linguistique entrave la cohérence pédagogique et creuse les inégalités d’apprentissage.

Dans l’enseignement supérieur, l’adoption du modèle Licence–Master–Doctorat (LMD) n’a pas encore pleinement porté ses fruits. Les universités sont souvent critiquées pour des programmes qui ne sont pas toujours en phase avec les besoins du marché de l’emploi, ainsi que pour une faible intégration des compétences pratiques. Le fossé entre universités publiques et privées continue de se creuser, accentuant les disparités d’accès à une éducation de qualité.

Malgré ces défis internes, le Maroc reste un acteur régional majeur dans le domaine de l’éducation. Il attire chaque année un nombre croissant d’étudiants venus d’Afrique subsaharienne, séduits par la diversité linguistique de ses cursus et le rayonnement de ses institutions, comme l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). L’investissement dans les centres de recherche et les pôles technologiques témoigne également d’une volonté de miser sur le savoir comme un vecteur essentiel de développement national.

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