Maroc: timide baisse du chômage au deuxième trimestre 2025 (HCP)

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Chômage en légère baisse au Maroc : un recul modeste mais contrasté au deuxième trimestre 2025
Au deuxième trimestre de 2025, le taux de chômage national s’est établi à 12,8 %, en baisse de 0,3 point par rapport à la même période de 2024 (13,1 %), selon le HCP © DR

Le taux de chômage national recule à 12,8 %, tiré par l’emploi urbain salarié. Mais cette amélioration cache des fragilités persistantes, notamment chez les jeunes, les femmes et en zone rurale.

Dans un contexte économique marqué par les effets prolongés de la sécheresse et les tensions sectorielles, les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP) pour le deuxième trimestre 2025 révèlent un signal modérément positif : le taux de chômage national s’est établi à 12,8 %, en baisse de 0,3 point par rapport à la même période de 2024 (13,1 %).

Ce recul, bien que modeste, rompt avec la tendance à la hausse observée les trimestres précédents, notamment grâce à une progression des emplois salariés en milieu urbain.

Une embellie tirée par les centres urbains

Le chômage en milieu urbain diminue légèrement, passant de 16,7 % à 16,4 % en un an, grâce à la création nette de 114.000 emplois dans les villes. Le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) contribue fortement à cette dynamique avec 74.000 nouveaux postes, suivi par les services (+35.000) et, dans une moindre mesure, l’industrie (+10.000).

Ce sont essentiellement des emplois rémunérés (+132.000 à l’échelle nationale) qui ont été créés, traduisant une légère consolidation du marché du travail formel. Cette dynamique urbaine contraste fortement avec la situation en zone rurale, où l’emploi continue de se dégrader sous l’effet direct de la crise agricole.

Zone rurale : l’agriculture asphyxiée, l’emploi en recul

Le milieu rural reste en souffrance, avec une perte de 107.000 emplois, en grande partie due à la baisse de régime du secteur agricole, qui a supprimé 108.000 postes sur un an. Si le taux de chômage rural baisse paradoxalement de 0,5 point pour s’établir à 6,2 %, cela s’explique davantage par une sortie du marché du travail (découragement, exode rural, inactivité) que par une réelle amélioration.

En réalité, le recul du chômage ne signifie pas que davantage de ruraux trouvent un emploi, mais plutôt qu’un plus grand nombre cesse d’en chercher.

Des fragilités structurelles persistantes

Malgré cette baisse du taux global de chômage, plusieurs signaux faibles appellent à la prudence :

  • Le chômage des femmes augmente, atteignant 19,9 % contre 17,7 % l’an dernier.
  • Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans reste alarmant à 35,8 %, et celui des 25-34 ans continue de grimper à 21,9 %.
  • Le sous-emploi – indicateur de précarité – s’aggrave, touchant 1,15 million de personnes au lieu de 1,04 million l’année dernière, et son taux monte à 10,6 %.

Ces indicateurs montrent que si le chômage baisse légèrement, la qualité et la stabilité de l’emploi restent préoccupantes.

De fortes disparités régionales

La baisse du chômage n’est pas uniforme : certaines régions continuent d’enregistrer des taux dramatiquement élevés. Les régions du Sud culminent à 25,7 % de chômage, suivies par l’Oriental avec 21,1 %. À l’inverse, des régions comme Drâa-Tafilalet (6,4 %) et Marrakech-Safi (7,5 %) présentent des niveaux nettement plus bas.

Sur le plan territorial, cinq régions concentrent plus de 72 % des actifs. Casablanca-Settat reste en tête avec 22,2 % des actifs, mais elle affiche un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale (14,7 %). Les régions les plus touchées par le chômage sont celles du Sud (25,7 %) et de l’Oriental (21,1 %), contrastant fortement avec Drâa-Tafilalet (6,4 %) et Marrakech-Safi (7,5 %), où les taux sont nettement inférieurs.

En termes d’activité, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, les régions du Sud et Casablanca-Settat affichent les taux les plus élevés, dépassant les 45 %, tandis que Béni Mellal-Khénifra et Drâa-Tafilalet ferment la marche avec moins de 40 %.

Ces écarts témoignent de l’urgence d’une stratégie de développement régional différenciée.

Une amélioration timide, mais inégale et fragile

Le léger recul du taux de chômage au deuxième trimestre 2025 constitue une note positive dans un contexte économique incertain. Mais cette évolution ne saurait masquer les inégalités profondes qui traversent le marché du travail marocain : entre villes et campagnes, entre femmes et hommes, entre jeunes et adultes, entre régions intégrées et territoires marginalisés.

À l’approche de la rentrée sociale, ces données rappellent que le véritable défi n’est pas seulement de créer de l’emploi, mais aussi d’assurer un accès équitable à un travail stable, digne et durable pour toutes les catégories de la population.

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