Africom: le Maroc en pole position pour accueillir le commandement militaire US en Afrique

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Les Etats-Unis vont établir un QG indépendant de l’AFRICOM, le Maroc candidat pour abriter le siège
Le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des FAR et commandant la Zone Sud saluant le général d’armée Michael Langley, commandant du Commandement américain pour l’Afrique US AFRICOM, le 5 mars 2025 à Salé lors d’une cérémonie de réception du premier lot de six hélicoptères de combat Apache AH-64E © MAP

Le Maroc favori pour accueillir le nouveau QG africain des États-Unis, alors que l’Africom pourrait être dissociée de l’Europe dans un tournant stratégique majeur.

Les États-Unis s’apprêtent à établir un commandement militaire indépendant pour les opérations en Afrique, suite à l’approbation par le Sénat d’un nouveau commandant pour le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM).

Cette décision marque la séparation officielle de l’AFRICOM et de l’Armée de terre américaine en Europe et en Afrique (USAREUR-AF), marquant un changement stratégique dans l’approche de Washington en matière d’engagement militaire sur le continent africain, rapporte le site Défense24.

Le Maroc est envisagé comme lieu probable d’installation du nouveau quartier général. D’ailleurs, le général Michael E. Langley, chef du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) a recommandé le déplacement de son quartier général d’Allemagne vers le Maroc.

Lors de l’audition du Comité des forces armées au Congrès américain, le général habitué des visites au Maroc en marge de l’exercice African Lion n’a pas tari d’éloges sur le Royaume

Adaptation aux enjeux africains

Cette réforme stratégique, annoncée dans la foulée de la nomination d’un nouveau commandant à la tête de l’US Africa Command, vise à renforcer l’autonomie décisionnelle et opérationnelle de l’armée américaine en Afrique.
Ce changement reflète, selon la même source, l’importance croissante du théâtre africain dans le contexte d’une montée en puissance des influences russes et chinoises sur le continent.

La nouvelle configuration conférerait à l’Africom des prérogatives élargies, indépendantes de l’USAREUR-AF (Commandement Europe-Afrique des États-Unis), avec l’objectif de mieux répondre aux spécificités des enjeux africains, en particulier au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Le Maroc, un candidat naturel pour abriter le QG

Au cœur de cette réorganisation, le Maroc émerge comme le candidat le plus sérieux pour accueillir le futur siège d’Africom. Plusieurs arguments plaident en faveur du royaume : sa position géostratégique au nord-ouest du continent, ses infrastructures militaires développées, et surtout sa coopération militaire historique et approfondie avec Washington.

Le Royaume chérifien accueille depuis plusieurs années les exercices militaires conjoints “African Lion”, les plus vastes du continent, rassemblant les Forces armées royales marocaines, les forces américaines, ainsi que d’autres partenaires internationaux. Une illustration concrète de l’interopérabilité et de la confiance stratégique entre les deux pays.

Vers une implantation de l’AFRICOM à Kénitra ?

En février dernier, le média espagnol La Razón a révélé qu’une étude approfondie du transfert d’Africom vers Kénitra avait été menée, avec des visites de terrain de délégations américaines. La base militaire de Kénitra, modernisée et proche de l’Atlantique, représenterait un emplacement optimal.

Jusqu’alors, la base de Rota en Espagne figurait parmi les options envisagées, mais ce scénario semble aujourd’hui relégué au second plan, notamment depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, qui prône un rapprochement stratégique renforcé avec Rabat.

Des signaux clairs d’un basculement

Le Shelby Cullom Davis Institute for National Security and Foreign Policy, l’un des think tanks américains influents en matière de sécurité, a indiqué en mai 2025 qu’un transfert partiel de capacités d’Africom vers le Maroc était en cours d’examen, dans le cadre d’une consolidation du partenariat militaire bilatéral.

Le think tanks basé à Washington, D.C a également salué les manœuvres African Lion comme “le reflet tangible d’une alliance militaire robuste”, laissant entendre que l’installation d’Africom au Maroc pourrait constituer une prolongation naturelle de cette dynamique.

Un partenaire irremplaçable selon les États-Unis

Le général Stephen J. Townsend, ex-commandant d’Africom, avait déjà reconnu que le Maroc avait accueilli 18 éditions successives des exercices African Lion, et souligné les « capacités d’accueil et la fiabilité logistique exceptionnelles » du royaume, affirmant qu’aucun autre pays africain ne disposait d’un tel niveau de préparation et d’infrastructure ».

Malgré les tentatives en 2022 de délocaliser les manœuvres vers d’autres pays africains, notamment à la suite de pressions de certains élus du Congrès pro-Polisario, le Pentagone a confirmé qu’aucune autre destination ne pouvait égaler l’offre logistique du Maroc.

 

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