Depuis samedi, un hashtag fait le buzz sur les réseaux sociaux et affole les compteurs…
Visas diplomatiques: Alger répond à la France par une mesure de réciprocité
Publié le
L’Algérie a annoncé ce jeudi la fin de l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service français, en réponse à un durcissement de la position française sur les relations bilatérales.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué le Chargé d’Affaires de l’Ambassade de France à Alger pour lui remettre une note verbale officialisant la dénonciation de l’accord bilatéral signé en 2013, qui permettait aux diplomates des deux pays de circuler sans visa. Cette décision intervient après que la France a imposé un visa aux diplomates algériens, dans le sillage d’un changement de ton exprimé par le président Emmanuel Macron, qui a récemment appelé à «plus de fermeté» envers Alger.
À compter de ce jour, les détenteurs de passeports diplomatiques et de service français devront obtenir un visa pour entrer sur le territoire algérien. Le gouvernement algérien précise qu’il appliquera désormais les mêmes conditions que celles imposées à ses ressortissants.
#Communiqué 🇩🇿 pic.twitter.com/1cQpf47U6n
— وزارة الشؤون الخارجية| MFA-Algeria (@Algeria_MFA) August 7, 2025
Une seconde note verbale a également été remise à la partie française, annonçant la fin de la mise à disposition gratuite de biens immobiliers appartenant à l’État algérien au profit de l’Ambassade de France à Alger. Les autorités algériennes ont indiqué qu’un réexamen des baux avantageux contractés par la mission diplomatique française auprès des Offices de Promotion et de Gestion Immobilière (OPGI) est en cours.
Le ministère algérien souligne que sa propre représentation diplomatique en France ne bénéficie d’aucun avantage équivalent. Il affirme que ces mesures visent à rétablir la réciprocité et l’équilibre dans les relations entre les deux pays.
Les relations entre Paris et Alger sont au plus bas depuis l’été 2024. La crise a été marquée par des expulsions de diplomates et fonctionnaires de part et d’autre et un gel de toutes les coopérations officielles.
Mercredi, dans une lettre à son Premier ministre François Bayrou, M. Macron a estimé que la France devait être « forte et se faire respecter ».
Entre autres mesures, il a demandé au gouvernement de suspendre un accord datant de 2013 exemptant de visas courte durée les détenteurs de passeports diplomatiques ou de service.
En réponse, Alger a annoncé jeudi « la dénonciation pure et simple » de cet accord.
Dans sa lettre, le président français a exprimé son « inquiétude particulière » envers des Algériens « dangereux, sortant de prison ou placés en centre de rétention administrative et qui ne peuvent plus être expulsés, faute de coopération des autorités algériennes ».
Il a notamment motivé son tour de vis par la situation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, détenu depuis novembre 2024 en Algérie et condamné en appel début juillet à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale ». Il a aussi évoqué la condamnation du journaliste sportif Christophe Gleizes fin juin à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».
« Rupture totale »?
Malgré son durcissement de ton, le président français affirme avoir pour objectif de « retrouver des relations efficaces et ambitieuses avec l’Algérie ».
Jeudi, François Bayrou a ajouté que la France « n’est pas dans l’esprit d’un affrontement perpétuel » avec Alger avec laquelle elle voudrait « retrouver un jour des relations équilibrées et justes ».
