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Spicomellus afer: le plus ancien ankylosaure, armé de piques impressionnantes, découvert au Maroc
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Un fossile de dinosaure découvert en 2023 à Boulemane, dans le Moyen Atlas, a révélé l’existence d’un ankylosaure au profil spectaculaire, parmi les plus impressionnants de la préhistoire. Baptisé Spicomellus afer, ce dinosaure, décrit dans la revue Nature, est aujourd’hui considéré comme le plus ancien représentant connu de ce groupe, datant du Jurassique moyen (entre 174 et 161 millions d’années).
D’après les chercheurs, l’animal mesurait environ quatre mètres pour un poids de 2 tonnes et portait un collier de pointes longues autour du cou et de la tête, dont certaines atteignaient près de 90 centimètres. « Il possède ces pointes incroyablement distinctives autour du cou (…), de plus petites pointes sortant des côtes, et à l’extrémité de sa queue, il devait avoir une sorte d’arme », explique le Pr Richard Butler, de l’Université de Birmingham, co-directeur du projet, cité par The Guardian.
Si les ankylosaures, qui ont du Jurassique moyen jusqu’au Crétacé supérieur, possédaient généralement des colliers osseux, Spicomellus afer se distingue par une structure cervicale particulièrement massive et ornementée. Son histoire scientifique remonte à 2021, lorsque des paléontologues ont mis au jour un fragment de côte soudé à des piquants.
La singularité de l’échantillon avait d’abord suscité de la méfiance, alors le spécimen a été soumis à une tomographie pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un faux. Ce n’est qu’après ces analyses que les fouilles ont pu se poursuivre, aboutissant à la découverte complète près de Boulemane deux ans plus tard.

Si les piquants géants de Spicomellus afer constituaient une arme redoutable contre d’éventuels prédateurs, les chercheurs estiment qu’ils remplissaient aussi une fonction de séduction. Ils auraient donc joué un double rôle : attirer des partenaires tout en dissuadant les agresseurs.
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L’étude met également en évidence une queue hérissée de plaques et de protubérances osseuses, annonçant l’évolution vers les célèbres massues caudales des ankylosaures ultérieurs.
Mais une source de frustration demeure: les chasseurs de fossiles. L’étude a en effet reposé sur environ la moitié du squelette, conservée à la Faculté des sciences Dhar El Mahraz de Fès, mais des os fossilisés attribués au même spécimen ont été mis en vente en ligne jusqu’à 10.000 livres sterling, selon Butler. « Le Maroc est confronté à un énorme problème de braconnage de fossiles », déplore le chercheur, ajoutant qu’« une partie significative » du squelette a probablement fini entre les mains de collectionneurs fortunés.
