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Le Maroc, leader émergent du solaire en Afrique (rapport)
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Face à la pression climatique et à la montée des besoins énergétiques, l’Afrique intensifie ses importations de panneaux solaires, avec une hausse record de 187 % en un an. Dans ce paysage dominé par les équipements venus de Chine, le Maroc se démarque en doublant sa capacité de production locale, affirmant une ambition industrielle rare sur le continent.
Le dernier rapport d’Ember, publié en août 2025, révèle une dynamique continentale sans précédent dans l’adoption du solaire. De juin 2024 à juin 2025, les importations de panneaux solaires en provenance de Chine vers l’Afrique ont atteint un niveau record, avec plus de 3,4 GW expédiés vers le continent, soit une hausse de 187 % en glissement annuel. Cette accélération traduit un tournant stratégique: l’Afrique investit massivement dans les infrastructures photovoltaïques, en réponse à la pression climatique et aux besoins énergétiques croissants.
Le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Maroc figurent parmi les dix premiers importateurs africains. Le Royaume, bien que moins volumineux que ses homologues nigérians ou sud-africains, confirme sa place à ce peloton de tête, consolidant son engagement vers une transition énergétique structurée.
Mais au-delà des chiffres, cette ruée vers le photovoltaïque illustre une volonté politique partagée, celle d’ancrer les énergies renouvelables dans les trajectoires nationales de développement. L’Afrique, longtemps en marge des grandes transitions énergétiques, semble désormais vouloir rattraper le temps perdu.
Le Maroc, producteur émergent de panneaux solaires
Dans ce paysage dominé par les importations, le Maroc se distingue par une stratégie industrielle plus ambitieuse. Le rapport d’Ember révèle que le Royaume a récemment doublé sa capacité de fabrication locale de panneaux solaires, atteignant désormais 1 GW par an. Cette montée en puissance le place au même niveau que l’Afrique du Sud, seul autre pays du continent à disposer d’une capacité équivalente. Les auteurs du rapport n’ont pas manqué de souligner la rareté de telles initiatives industrielles en Afrique.
Cette capacité de production confère au Maroc un rôle pivot dans la structuration d’une filière solaire régionale, capable de réduire la dépendance aux importations et de favoriser l’émergence d’un tissu industriel local. À l’échelle continentale, peu de pays peuvent revendiquer une telle autonomie productive. Le Maroc, en investissant dans la fabrication, ne se contente pas d’installer des panneaux : il participe à leur conception, leur assemblage et leur diffusion. Ce positionnement industriel renforce sa crédibilité dans les forums énergétiques internationaux et conforte sa stratégie de leadership climatique.
Le pétrole résiste : une transition encore incomplète
Malgré cette dynamique solaire, le rapport d’Ember rappelle que les importations de carburants fossiles restent largement dominantes dans les échanges énergétiques africains. En 2023, la valeur des importations de pétrole raffiné vers les dix principaux pays importateurs de panneaux solaires était jusqu’à 107 fois supérieures à celle des équipements photovoltaïques.
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Le Maroc n’échappe pas à cette tendance : bien qu’actif sur le front du solaire, il continue d’importer massivement des produits pétroliers pour répondre à ses besoins en transport, en industrie et en production thermique.
Cette résistance du pétrole s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, l’inertie des infrastructures existantes, encore largement conçues pour les combustibles fossiles. Ensuite, la lenteur des transitions dans les secteurs du transport et de l’agriculture, où l’électrification reste marginale. Enfin, le coût initial des installations solaires, bien qu’en baisse, demeure un frein pour les ménages et les petites entreprises.
Ainsi, si l’Afrique accélère sur le solaire, elle n’a pas encore freiné le pétrole. Le Maroc, en doublant sa production locale de panneaux, montre la voie. Mais pour que le solaire devienne une alternative dominante, il faudra encore surmonter les verrous économiques, logistiques et politiques qui maintiennent les carburants fossiles au cœur des systèmes énergétiques africains.
