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Législatives 2026: le PPS plaide pour la supervision du scrutin par l’Intérieur et le maintien du quotient électoral
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Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) soutient la supervision du scrutin par le ministère de l’Intérieur, tout en appelant à un encadrement strict contre la corruption politique et à une réforme profonde des lois électorales avant les élections législatives de 2026. C’est ce qu’a affirmé son secrétaire général Mohamed Nabil Benabdallah ce lundi lors de la présentation de la note du parti sur la réforme des lois électorales.
Nabil Benabdellah a défendu sans équivoque le maintien de la supervision des élections législatives par le ministère de l’Intérieur, estimant qu’il reste «le seul acteur disposant des moyens nécessaires pour garantir la transparence du processus électoral». Toutefois, il a posé une condition ferme, à savoir le respect d’une « neutralité positive » vis-à-vis de toutes les formations politiques.
Plaidoyer pour des élections crédibles
« Nous ne disposons pas d’argent sale et nous ne parrainons pas les corrompus », a martelé le leader du parti du Livre, exhortant l’administration à adopter une posture impartiale et à veiller à l’application stricte de la loi contre toute forme d’irrégularité, de la candidature à la campagne électorale, jusqu’au dépouillement.
Pour Benabdallah, l’enjeu est crucial : éviter la répétition du « tsunami » de corruption observé lors des élections de 2021, qu’il a qualifiées de « catastrophiques » pour la démocratie marocaine.
Un «pacte d’intégrité» entre partis
Afin de restaurer la confiance des citoyens, notamment des jeunes, dans la politique, le PPS propose la signature d’un pacte moral entre partis politiques, visant à écarter les candidats impliqués dans des affaires de corruption.
Le secrétaire général insiste : « Il faut éliminer toute personne dont l’odeur de corruption politique se fait sentir ». À ses yeux, les législatives de 2026 doivent marquer un tournant et constituer « une véritable réconciliation entre les Marocains et les urnes ».
Une réforme ambitieuse des lois électorales
La note du PPS contient 72 propositions regroupées en huit axes. Elles portent sur :
- L’assainissement du processus électoral
- L’incitation à la participation électorale
- Le développement des approches du mode de scrutin, du découpage électoral et l’encouragement des alliances pré-électorales
- Le renforcement de la présence des femmes, des jeunes, des cadres et des Marocains du monde
- L’actualisation des listes électorales
- Le développement du cadre de supervision
- Le développement des mécanismes de numérisation, de communication, du calendrier et de l’organisation matérielle
- Le développement du système de financement public (appelé Soutien financier de l’Etat dans les textes officiels).
Benabdellah plaide également pour un cadre légal concerté avant la fin de 2025, conformément aux orientations royales, et rappelle que « les élections ne sont pas qu’une affaire technique, mais un enjeu politique et constitutionnel majeur ».
Diaspora, parité et défiance citoyenne
L’ancien ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la ville alerte sur le phénomène de désengagement politique des Marocains. « Sur 28 millions de Marocains, seuls 18 millions sont inscrits sur les listes électorales, et la moitié ne vote pas », a-t-il mis à l’évidence, appelant à des mesures fortes pour intégrer les Marocains résidant à l’étranger dans le processus électoral via des circonscriptions dédiées et un vote direct, en lieu et place de la procuration actuelle.
Il insiste aussi sur la mise en œuvre effective de la parité hommes-femmes et l’inclusion des jeunes, conformément aux dispositions constitutionnelles.
Pour Benabdellah, si la réforme n’aboutit pas, la crise entre les citoyens et la politique s’aggravera. Il plaide pour « un Parlement fort, capable d’exercer ses fonctions de contrôle et de législation », et insiste que la démocratie est la condition sine qua non d’un véritable développement.
Le PPS défend le quotient électoral !
Nabil Benabdallah a réaffirmé son attachement au maintien du quotient électoral basé sur le nombre des électeurs inscrits. Il considère ce système comme « démocratique », en opposition aux appels à revenir à la méthode fondée sur les suffrages exprimés.
« Le quotient électoral actuel sur la base des inscrits nous convient et nous le jugeons démocratique », a déclaré le leader du PPS, ajoutant que « le véritable enjeu réside aujourd’hui dans l’amélioration des listes électorales, leur nettoyage et l’augmentation du taux d’inscription, notamment via l’instauration d’une inscription automatique et permanente ».
Le débat sur le quotient électoral divise régulièrement les formations politiques marocaines à l’approche des scrutins. Adopté en 2021, le système actuel (calculé sur le nombre des inscrits et non sur les votes valides) a été vivement critiqué par certaines formations, notamment le Parti Justice et Développement (PJD), qui y voit une atteinte au principe de proportionnalité. À l’inverse, ses défenseurs estiment qu’il garantit une meilleure représentativité et empêche la concentration des sièges par un seul parti.
Rejet de l’idée d’une commission indépendante
Interrogé sur la proposition de créer une commission électorale indépendante, Benabdallah a jugé cette idée contre-productive. « La mise en place d’un tel organe reviendrait à remettre en question la crédibilité des institutions, à commencer par le ministère de l’Intérieur », a-t-il averti.
Pour lui, la priorité est à la neutralité de l’administration. « Nous devons nous assurer que le ministère reste strictement neutre et que tout fonctionnaire impliqué dans des pratiques illégales soit sanctionné ». Il a toutefois reconnu que « des comportements isolés ont pu exister lors des précédents scrutins ».
Lutte contre la corruption électorale : un équilibre à trouver
Le PPS plaide également pour l’exclusion des candidats impliqués dans des affaires de corruption, tout en respectant la présomption d’innocence. « Il est nécessaire de trouver une formule claire : par exemple, interdire la candidature de toute personne dont le dossier judiciaire est en cours », a expliqué Benabdallah, tout en alertant sur le risque des plaintes abusives utilisées comme arme politique.
Le leader de la gauche a aussi mis en garde contre l’usage massif de l’intelligence artificielle dans les campagnes électorales. « L’IA peut être utile pour convaincre, mais elle devient dangereuse lorsqu’elle sert à manipuler l’opinion, créer de faux contenus ou diffuser des deepfakes », a-t-il averti. Il a appelé à des sanctions sévères contre toute utilisation malveillante.
Pour la criminalisation de l’usage des données personnelles à des fins électorales
Autre sujet de préoccupation : la protection des données personnelles. « Nous devons renforcer le rôle de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) et criminaliser l’usage des données à des fins électorales », a insisté le responsable.
Avec ce mémorandum, le PPS entend s’imposer dans le débat sur la réforme électorale, à un moment où le Maroc s’interroge sur les meilleures garanties pour des élections transparentes, équitables et à l’abri des ingérences technologiques.
