Croissance régionale au Maroc: Dakhla-Oued Eddahab en tête avec 10,1%

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Croissance régionale au Maroc : 5 régions dépassent la moyenne en 2023, Dakhla-Oued Eddahab arrive en tête avec 10,1%
Travaux de construction du port atlantique de Dakhla, le 26 mai 2025. Un vaste projet visant à relier les pays enclavés du Sahel à l'océan Atlantique par des corridors commerciaux. L'« Initiative Atlantique » permettra un accès maritime au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. © Abdel Majid BZIOUAT / AFP

En 2023, cinq régions marocaines ont enregistré des taux de croissance supérieurs à la moyenne nationale de 3,7%, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Dakhla-Oued Eddahab arrive en tête avec 10,1%.

Le statisticien du Royaume a publié, lundi soir, les comptes régionaux pour l’année 2023, mettant en lumière des disparités marquées dans la dynamique économique des différentes régions du Royaume. Si la croissance nationale du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 3,7%, cinq régions ont largement dépassé ce seuil, illustrant des pôles de forte expansion.

Dakhla-Oued Eddahab en tête des régions les plus dynamiques

En tête du classement figure Dakhla-Oued Eddahab, avec une croissance exceptionnelle de 10,1%. Cette performance s’explique principalement par l’essor des secteurs de la pêche maritime et des bâtiments et travaux publics (BTP), piliers du développement dans cette région stratégique tournée vers l’Atlantique et dotée de projets structurants comme le futur port de Dakhla Atlantique.

La région de Fès-Meknès se classe deuxième avec 8,9%, tirée par une agriculture performante et une bonne dynamique des services, notamment dans le commerce et l’artisanat.

En troisième position, Marrakech-Safi affiche 6,3%, grâce à la reprise vigoureuse du secteur touristique, en particulier l’hébergement et la restauration, après le ralentissement lié à la pandémie et les effets positifs de l’organisation d’événements internationaux.

Les régions de Casablanca-Settat (5%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (4,9%) complètent le top 5. Casablanca demeure la locomotive économique du Royaume, portée par l’industrie, la finance et les services, tandis que Tanger continue de capitaliser sur son hub industriel et logistique, avec des zones franches performantes et la montée en puissance de l’automobile.

Des régions en difficulté

À l’opposé, certaines régions enregistrent des croissances modestes, voire négatives. Béni Mellal-Khénifra accuse une contraction de 1,3%, conséquence d’une baisse significative de la production agricole. De son côté, l’Oriental recule de 1%, également impacté par un repli agricole marqué.

Lire aussi. Croissance: dynamique maintenue au T2-2025 grâce aux services et à l’extractif (HCP)

Les régions de Rabat-Salé-Kénitra (0,7%), Drâa-Tafilalet (1,5%), Guelmim-Oued Noun (1,2%) et Souss-Massa (1,8%) affichent des croissances positives mais inférieures à la moyenne nationale, soulignant une dynamique économique moins soutenue.

Concentration de la richesse dans trois régions

L’étude du HCP révèle que les disparités régionales s’accentuent. Trois régions – Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima – concentrent 58,5% du PIB national. Casablanca-Settat domine avec 32,2%, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15,7%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,6%).

Disparités régionales en hausse

Cinq autres régions contribuent ensemble à 33,8% du PIB :

  • Marrakech-Safi : 8,5%
  • Fès-Meknès : 8,4%
  • Souss-Massa : 6,6%
  • Béni Mellal-Khénifra : 5,4%
  • L’Oriental : 5%

Les quatre régions restantes (Drâa-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab) ne représentent que 7,6% du PIB national.

L’écart absolu moyen – indicateur mesurant la différence entre les PIB régionaux – est passé de 73,3 MMDH en 2022 à 83,1 MMDH en 2023, preuve d’un creusement des inégalités territoriales.

Quels enjeux pour le futur ?

Ces chiffres relancent le débat sur l’équilibre du développement régional. Si certaines régions profitent d’investissements stratégiques (industrie, tourisme, logistique), d’autres peinent à trouver leur place, principalement en raison de leur dépendance à l’agriculture, vulnérable aux aléas climatiques.

Le Maroc devra continuer à accélérer la diversification économique et renforcer les infrastructures régionales pour réduire ces écarts, surtout dans le contexte des grands projets liés à la CAN 2025 et au Mondial 2030.

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