Data centers: le Maroc 5ᵉ en Afrique

Publié le
Data centers Maroc
Avec 8 data centers actifs sur les 211 que compte l'Afrique, le Maroc est 5e

Le Maroc se hisse à la cinquième place africaine en matière de data centers actifs, selon un rapport publié par Heirs Technologies. Une performance discrète mais révélatrice d’une montée en puissance numérique, portée par des investissements ciblés et une connectivité en expansion.

Selon le rapport de 48 pages publié lundi par Heirs Technologies, intitulé Africa’s Digital Leap: Cloud, Connectivity & AI in the Next Decade, le Maroc se positionne à la 5e place continentale en matière de data centers actifs. Une performance qui témoigne d’une dynamique numérique en consolidation, portée par des investissements ciblés et une volonté de structuration du cloud souverain.

On apprend ainsi que le continent africain compte en 2025 près de 211 data centers opérationnels, concentrés principalement en Afrique du Sud (49), au Nigeria (16), au Kenya (18) et en Égypte (14). Le Maroc, avec huit infrastructures recensées, s’inscrit dans le peloton de tête, devant des pays comme le Ghana (7), la Côte d’Ivoire (5) ou la Tunisie (4). Ces installations sont majoritairement localisées à Casablanca, opérées par des intégrateurs régionaux et des opérateurs télécoms, dans une logique de proximité avec les pôles économiques.

Digitalisation : connectivité renforcée par les projets transcontinentaux

Toujours selon le rapport, le Maroc est intégré dans le projet 2Africa, porté par Meta, qui vise à tripler la capacité internet internationale du continent. Ce câble sous-marin, l’un des plus ambitieux jamais déployés en Afrique, permettra au Royaume de renforcer sa connectivité avec l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et le Moyen-Orient, tout en consolidant ses capacités d’hébergement et de traitement de données.

L’étude souligne également l’annonce faite par Oracle, en marge de la seconde édition du Gitex Africa Morocco tenue en mai 2024, concernant l’ouverture de deux régions cloud dans le Royaume. Cette ambition, s’ajoutant à la présence croissante d’acteurs comme Huawei ou IBM, confirme l’attractivité du marché marocain pour les hyperscalers mondiaux. Elle pourrait accélérer la migration des entreprises vers des architectures cloud hybrides ou natives, dans un contexte de digitalisation accélérée.

Data centers : des enjeux de souveraineté et de régulation

Au-delà des infrastructures, le rapport met en lumière les efforts du Maroc en matière de régulation des données et de souveraineté numérique. Le pays est cité comme un « marché en croissance », avec des initiatives législatives en cours pour encadrer le traitement des données personnelles, la cybersécurité et l’interopérabilité des systèmes publics.

Cependant, Heirs Technologies souligne que l’exécution reste à renforcer, notamment en matière de coordination institutionnelle et de formation des talents. Le déficit de compétences spécialisées dans les métiers du cloud et de l’IA constitue encore un frein à l’essor des services à forte valeur ajoutée. Le rapport appelle donc à une montée en gamme des cursus techniques et à une meilleure articulation entre les besoins du marché et l’offre académique.

Une trajectoire à consolider

Si le Maroc figure parmi les cinq premiers pays africains en matière de data centers, cette position reste fragile face à la montée en puissance des géants régionaux. Le rapport insiste sur la nécessité de consolider les acquis, d’élargir la couverture territoriale des infrastructures et de favoriser l’émergence d’un écosystème cloud local capable de répondre aux besoins des administrations, des entreprises et des startups.

Lire aussi : Dakhla va accueillir un data center vert de 500 MW

En filigrane, cette dynamique pose la question de la place du Maroc dans les chaînes de valeur numériques africaines. Le pays peut-il devenir un hub régional d’hébergement, de traitement et de sécurisation des données ? Ce rapport de Heirs Technologies, en dressant un état des lieux précis, invite à structurer une réponse stratégique, fondée sur l’investissement, la régulation et la montée en compétence.

En clair, derrière ce positionnement, une question demeure : le Maroc saura-t-il transformer ces infrastructures en levier stratégique pour sa souveraineté numérique et son attractivité régionale? Ou restera-t-il un simple relais technique dans l’architecture globale des données ?

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Data centers: le Maroc 5ᵉ en Afrique

S'ABONNER
Partager
S'abonner