Les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l'étranger (MRE) ont atteint 17,86…
Maroc: pourquoi les transferts des MRE valent plus que tous les IDE réunis
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Les transferts des Marocains du monde ont atteint un nouveau record en 2024, confirmant leur rôle majeur dans l’économie nationale. Au-delà du chiffre impressionnant, cette performance met en évidence le rôle majeur de ces flux et pourquoi ils sont plus stratégiques que les investissements directs étrangers (IDE) pour le Maroc. Eclairage.
L’économie marocaine a bénéficié en 2024 d’un apport record des Marocains résidant à l’étranger (MRE), avec 119 milliards de dirhams de transferts, selon le dernier rapport de l’Office des changes sur la balance des paiements et la position extérieure globale. Cette performance marque une hausse de 3,3 % par rapport à 2023 et confirme la résilience de ces flux financiers.
Pilier essentiel des entrées en devises, ces transferts s’inscrivent sur un trend haussier depuis la pandémie de Covid-19. Entre 2021 et 2024, ils ont enregistré un taux de croissance annuel moyen de 5,7%, consolidant leur place comme source de devises stable, souvent supérieure aux investissements directs étrangers (IDE) et aux recettes touristiques.
Ces statistiques reflètent l’attachement des Marocains à leur mère patrie, leurs valeurs de solidarité mais aussi une confiance de la diaspora marocaine dans l’économie nationale, malgré les tensions géopolitiques et la volatilité économique mondiale.
Filet de sécurité de l’économie nationale
Ces chiffres confirment le rôle crucial des MRE dans l’économie marocaine, notamment dans le soutien de la balance des paiements face au déficit commercial, l’alimentation des réserves en devises et la stabilisation du dirham ainsi que la stimulation de la consommation et l’investissement, surtout dans l’immobilier.
Contrairement aux IDE, qui dépendent fortement du climat des affaires, des incitations fiscales ou encore de la stabilité politique, les transferts des MRE sont réguliers et résilients. Même en période de crise économique mondiale, ces envois de fonds se maintiennent, voire augmentent, comme on l’a observé en 2020 pendant la pandémie. Pendant cette période, ces transferts ont démontré leur caractère contra-cyclique.
Ils représentent ainsi un filet de sécurité pour l’économie marocaine, notamment pour le financement des réserves de change et la stabilité du dirham.
Impact sur la croissance
Les transferts des MRE alimentent directement la demande intérieure (de consommation et d’investissement), qui, faut-il le souligner, demeure le principal moteur de croissance de l’économie marocaine.
Envoyés aux familles sous forme de soutien ou investis dans des actifs immobiliers ou de petits projets, ces transferts financent les dépenses des ménages (alimentation, éducation, santé) et les projets immobiliers, ce qui soutient la croissance dans plusieurs secteurs.
Contrairement aux IDE, qui ciblent souvent des secteurs capitalistiques comme l’industrie ou les énergies renouvelables, les transferts des MRE ont un effet immédiat sur la vie des citoyens et la lutte contre la pauvreté.
Autonomie par rapport aux aléas géopolitiques
Les IDE peuvent se retirer rapidement en cas de crise (instabilité politique, tensions régionales, fluctuations des taux d’intérêt…). À l’inverse, les transferts des MRE reposent sur des liens familiaux et culturels solides, ce qui réduit le risque de retrait brutal.
Sur le plan macroéconomique, cela permet au Maroc de disposer d’un levier souverain moins dépendant des conditions imposées par les investisseurs étrangers.
Un pilier important de la balance des paiements
Côté performance, il y a lieu de noter que jusqu’à preuve du contraire, leur performance demeure supérieure à celle des investissements directs étrangers (IDE), et même aux recettes touristiques.
Avec 119 MMDH en 2024, les transferts des MRE ont en effet dépassé les IDE nets (16,3 MMDH) et les recettes touristiques (112,5 MMDH). Des chiffres qui montrent que les MRE sont le premier contributeur en devises du pays, loin devant les flux d’investissement étrangers.
Défis à relever pour maximiser l’impact
Toutefois, si leur poids est indiscutable, ces transferts restent majoritairement orientés vers la consommation et l’immobilier, avec peu d’investissement productif.
Malgré les orientations stratégiques royales voulant en faire un véritable levier de développement, les politiques gouvernementales peinent à créer des incitations attractives pour canaliser une partie de ces fonds vers les PME, l’innovation et les secteurs à forte valeur ajoutée.
Idem sur le plan financier: le Maroc peine à développer des produits financiers dédiés aux MRE (obligations, fonds d’investissement, épargne productive).
Plus qu’une manne financière, les transferts des MRE incarnent un levier de souveraineté économique. Dans un contexte où les IDE mondiaux reculent de 11 % et demeurent vulnérables aux chocs externes, la régularité de ces flux place le Maroc dans une position d’exception en matière de résilience financière.
