Nasser Zefzafi, leader de la contestation populaire du Rif a été arrêté ce lundi matin…
Nasser Zefzafi aux obsèques de son père à Al Hoceïma : « Rien ne prévaut sur l’intérêt du pays » (vidéo)
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Pour la première fois depuis son incarcération en 2017, Nasser Zefzafi, figure emblématique du Hirak du Rif, a retrouvé la maison familiale ce jeudi afin d’assister aux obsèques de son père, Ahmed Zefzafi, décédé mercredi à l’âge de 78 ans des suites d’un cancer.
Le leader du Hirak du Rif, Nasser Zefzafi, a bénéficié ce jeudi d’une permission exceptionnelle pour sortir de prison et accompagner son père, Ahmed Zefzafi, à sa dernière demeure. C’est la première fois depuis son arrestation en 2017 que l’activiste retrouve la maison familiale.
Le cortège funéraire doit avoir lieu après la prière d’Asr, en direction du cimetière Al Moujahidines d’Ajdir, fief historique de Mohamed Ben Abdelkrim El-Khattabi, figure emblématique de la résistance rifaine et source d’inspiration revendiquée par Zefzafi lui-même.
Une image forte et symbolique
Dans la matinée, Nasser Zefzafi est apparu devant la maison familiale, recevant les condoléances de dizaines de proches et sympathisants venus partager leur peine. Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre le militant revêtu d’un keffieh et du drapeau palestinien, affichant un moral solide et déclarant: « Tout s’allège quand il s’agit de la Patrie ».
Nasser Zefzafi a adressé un message de reconnaissance à la Délégation générale à l’administration pénitentiaire (DGAPR), qui lui a permis de sortir exceptionnellement pour assister aux funérailles, mais aussi à tous ceux qui ont exprimé leur solidarité.
S’exprimant devant la maison familiale, le leader du Hirak du Rif a déclaré: « Je ne serais pas parmi vous aujourd’hui sans la grâce de Dieu et sans les efforts déployés par le délégué général à l’administration pénitentiaire. »
« Mon père a été le père de tous les hommes libres de ce beau pays. Quand je dis de ce pays, je ne parle pas uniquement du Rif mais de toutes les régions de notre pays. Notre pays avec son Sahara et toutes ses régions de l’Est à l’Ouest et de Nord au Sud. Rien ne prévaut sur l’intérêt du pays », a martelé Zefzafi dans un message émouvant.
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Un message d’unité et d’organisation
Nasser Zefzafi a également salué la présence massive des citoyens venus de différentes villes pour présenter leurs condoléances, affirmant que « la maison des Zefzafi est celle de tout le monde, sans exception ». Il a par ailleurs appelé les participants à faire preuve d’organisation et de discipline afin de permettre à chacun d’accomplir son devoir de condoléances dans les meilleures conditions.
Un décès qui ravive l’émotion et le débat
Ahmed Zefzafi, âgé de 78 ans, est décédé après un long combat contre un cancer au stade avancé, qui nécessitait plusieurs séances de chimiothérapie. Sa disparition a suscité une vague d’émotion et d’hommages en ligne, de nombreux internautes soulignant qu’il est parti “le cœur brisé”, sans voir son fils ni ses compagnons d’infortune libérés, un vœu qu’il n’a cessé de formuler jusqu’à ses derniers jours.

Son autre fils, Tarik Zefzafi, a déclaré que la famille vivait un moment de profonde tristesse mêlé de fierté face à la solidarité exprimée par des milliers de Marocains, dans le pays comme à l’étranger.
Un dossier toujours sensible
Nasser Zefzafi a été condamné à 20 ans de prison après les manifestations de 2017 à Al Hoceïma. Le mouvement qu’il dirigeait revendiquait principalement la construction d’un centre hospitalier spécialisé dans le traitement du cancer, maladie très répandue dans la région.
Le décès de son père ravive le débat sur la libération des détenus du Hirak, plusieurs voix appelant à des mesures d’apaisement et à une solution politique durable pour tourner la page de cette crise.
