Réforme des retraites: le gouvernement veut franchir un cap dès septembre (vidéo)

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Réforme des retraites : le gouvernement mise sur le round de dialogue social de septembre pour accélérer les négociations
La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a entamé des consultations avec les principales centrales syndicales afin de fixer la date et l’ordre du jour de la prochaine réunion de la commission technique chargée de la réforme des régimes de retraite. © DR.

Le mois de septembre s’annonce déterminant pour la réforme des régimes de retraite au Maroc. Le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a annoncé la tenue d’une nouvelle session de dialogue social visant à débloquer ce dossier sensible, dans un contexte marqué par des déficits financiers inquiétants et des tensions sociales persistantes.

Le gouvernement marocain s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’épineux chantier de réforme des régimes de retraite. Lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil de gouvernement ce jeudi, Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, a confirmé qu’une session cruciale de dialogue social se tiendra en septembre 2025 pour accélérer les discussions.

Une réforme stratégique sur la table du dialogue social

Baitas a rappelé qu’un premier round de concertation avait déjà eu lieu avec les centrales syndicales, et qu’une nouvelle rencontre est prévue dans les prochains jours pour approfondir les échanges sur ce dossier qualifié de stratégique.

L’objectif affiché par l’Exécutif est clair : parvenir à des solutions consensuelles afin de garantir la pérennité financière des caisses de retraite et la continuité des prestations pour les générations actuelles et futures.

Un contexte social et budgétaire sous tension

Cette relance du dialogue s’inscrit dans un contexte social chargé, où plusieurs dossiers sensibles occupent la table des négociations entre gouvernement et syndicats, notamment, l’amélioration du pouvoir d’achat, l’extension de la couverture sociale, et la réforme du système de retraite, considéré comme l’un des chantiers les plus complexes en matière de politique sociale.

À ce jour, plusieurs régimes accusent un déficit structurel, menaçant leur équilibre financier à moyen et long terme. Selon les projections, certaines caisses pourraient atteindre un point critique dès la prochaine décennie, ce qui rend l’urgence d’un accord d’autant plus pressante.

Vers une proposition concrète dès septembre ?

Les discussions prévues à mi-septembre porteront principalement sur les scénarios techniques de réforme élaborés par la commission technique mise en place en juillet dernier. Cette instance réunit des représentants du gouvernement, des syndicats, du patronat et des caisses de retraite.

Lors de son précédent conclave, la Commission nationale de réforme des retraites avait opté pour la création d’une sous-commission technique, chargée d’analyser la situation financière des caisses et de formuler des propositions à soumettre à la commission nationale.

Des acquis sociaux à préserver… et des concessions à prévoir

Le dialogue social, relancé depuis 2022, a déjà permis plusieurs avancées significatives :

·         Augmentation générale des salaires,

·         Révision de l’impôt sur le revenu,

·         Règlement de dossiers sectoriels longtemps en suspens.

Cependant, la réforme des retraites pourrait nécessiter des compromis difficiles, notamment le trio maudit des fonctionnaires:

·         Relèvement progressif de l’âge de départ,

·         Augmentation des cotisations,

·         Révision des mécanismes de calcul des pensions pour ne pas dire baisse de celles-ci.

Des mesures qui risquent de susciter des résistances syndicales, surtout dans un contexte marqué par des revendications salariales et l’érosion du pouvoir d’achat.

Un calendrier politique contraint

La session de septembre du dialogue social intervient à un moment stratégique. Elle coïncide avec la préparation et l’examen  du projet de loi de finances 2026,

Et marque la dernière année de mandat du gouvernement Akhannouch, qui cherche à clore ce dossier avant les élections législatives.

Cette conjoncture politique pourrait accentuer la pression sur l’Exécutif pour obtenir un accord avant la fin de la législature, afin d’éviter que ce chantier explosif ne soit reporté à la prochaine majorité.

Coût exorbitant de la réforme (45,738 MMDH)

Le coût du dialogue social atteindra 45,738 milliards de dirhams (MMDH) à l’horizon 2026, et devrait dépasser 46,702 MMDH en 2027, avait révélé Baitas fin avril.

Cette importante enveloppe budgétaire est « exceptionnelle et sans précédent dans l’histoire du dialogue social » au Maroc, avait affirmé le porte-parole.

Elle bénéficiera à 1.127.842 fonctionnaires, touchant ainsi des millions de familles concernées par cette mesure, avait précisé le ministre RNIste.

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