Après avoir garanti sa place à la prochaine coupe d’Afrique des nations, le Maroc s’apprête…
Des Marocains d’Espagne coincés au Maroc pour des raisons administratives
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Des dizaines de Marocains vivant en Espagne se retrouvent coincés au Royaume, incapables de regagner leur vie dans la péninsule ibérique. En cause : des blocages administratifs et des procédures compliquées qui alimentent l’incompréhension.
Ils sont des dizaines, peut-être des centaines, à vivre une situation rocambolesque. Ce sont des Marocains résidant légalement en Espagne, venus au Maroc pour des raisons familiales ou administratives, et sont désormais incapables de retourner dans leur pays de résidence. La raison ? Avoir quitté l’Espagne avec un passeport marocain expiré ou sans titre de séjour valide, pensant pouvoir régulariser leur situation depuis le Royaume. Mais à leur retour, les portes se ferment, et les procédures s’enlisent.
Selon El Faro de Ceuta, plusieurs ressortissants marocains se retrouvent « coincés au Maroc depuis des mois« , malgré des démarches entamées auprès des consulats espagnols, des avocats, et même des autorités marocaines.
Certains ont laissé derrière eux un emploi, un logement, voire des enfants scolarisés en Espagne. D’autres ont vu leur situation se compliquer par la perte de leur carte de séjour ou l’expiration de leur visa, sans possibilité de régularisation à distance.
Le retour en avion devient ainsi impossible en raison de la non validité des documents de voyage. Le permis de séjour espagnol, ou carte de résident, a une date d’expiration. S’ils sont restés au Maroc au-delà de cette date, leur titre de séjour expire.
Un autre moyen, souvent utilisé, est le ferry. Beaucoup de personnes dans cette situation tentent de retourner en Espagne par bateau, car les contrôles à la frontière maritime sont parfois moins stricts. Mais ce n’est pas une garantie et cela ne résout pas le problème de fond, qui est le statut de résident non valide.
Le problème est juridico-administratif, mais ses conséquences sont profondément humaines. Les témoignages recueillis par le média évoquent « l’angoisse, la précarité, et le sentiment d’abandon ». « Je suis parti pour enterrer ma mère, je pensais rentrer en une semaine. Ça fait huit mois que je suis bloqué à Casablanca », confie un père de famille originaire de Murcie. D’autres parlent de « dossiers perdus, de réponses floues ou inexistantes » de la part des consulats espagnols, et d’un manque de coordination entre les deux États.
Ce blocage met en lumière « les failles de la mobilité maroco-espagnole », dans un contexte post-Covid où les tensions migratoires et les exigences sécuritaires ont durci les conditions de circulation. Il révèle aussi « l’absence de mécanismes clairs pour les résidents étrangers en situation temporaire de retour au pays », et la fragilité des droits acquis lorsqu’ils dépendent d’un statut administratif instable.
Impasse administrative
Les familles concernées appellent à une « intervention diplomatique urgente », à la mise en place de « procédures exceptionnelles de retour », et à une « reconnaissance de leur droit à la mobilité ».
En attendant, ces MRE restent en suspens, ni tout à fait chez eux, ni autorisés à rentrer là où ils ont construit leur vie. Une situation qui interroge sur « la gestion des diasporas », sur « la responsabilité des États« , et sur « la place réelle des citoyens dans les relations bilatérales ».
Le consulat général d’Espagne à Tanger a tenté de simplifier le processus en acceptant les demandes de visa de retour sans rendez-vous pour les cas les plus urgents, comme les étudiants et les personnes ayant une urgence médicale. Sauf que ces mesures restent insuffisantes et ne couvrent pas l’ensemble des cas.
