Bourita: Gaza interpelle la conscience humaine et Israël sape des décennies d’efforts de paix

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Bourita : Gaza interpelle la conscience humaine et Israël sape des décennies d’efforts de paix
Dubravka Šuica, commissaire européenne chargée de la Méditerranée et Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, présidant la Retraite de haut niveau sur "L’avenir des relations euro-méditerranéennes", le 11 septembre 2025 © DR

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a affirmé vendredi que la tragédie qui se déroule dans la bande de Gaza «ne questionne pas seulement le droit international ou les institutions multilatérales, mais interpelle avant tout la conscience humaine».

S’exprimant lors de la conférence de presse ayant suivi l’ouverture de la Retraite de haut niveau sur « L’avenir des relations euro-méditerranéennes », organisée à Rabat par son département, le ministre des Affaires étrangères a rappelé la position constante du Maroc, sous la conduite du Roi Mohammed VI, président du Comité Al-Qods.

«Bien évidemment la situation à Gaza est arrivée aujourd’hui à un niveau qui questionne non seulement le droit international et le droit international humanitaire, mais avant tout la conscience humaine. Elle questionne également les institutions internationales, les membres permanents (du Conseil de sécurité)», a-t-il déclaré en présence de Dubravka Šuica, commissaire européenne chargée de la Méditerranée.

« Il n’y a jamais eu un défi et mépris des institutions internationales comme ce qu’on voit aujourd’hui », a martelé le chef de la diplomatie marocaine.

Il a également réaffirmé le refus catégorique du Royaume concernant le déplacement des Gazaouis. «La position du Maroc sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al Qods est clair : le Royaume dénonce avec force et rejette catégoriquement toutes les pratiques et déclarations provocantes à propos du déplacement des Palestiniens de Gaza», a-t-il réitéré, précisant que «cela ne viole pas uniquement le droit international et menace la stabilité, mais constitue une menace pour la stabilité des Etats voisins et celle de la région dans son ensemble».

Israël viole le droit international

Bourita a souligné que les attaques israéliennes contre les civils palestiniens constituent «un défi majeur au droit international». Déplacements forcés, famine organisée, violences répétées… «Autant d’actes condamnés par le Maroc, qui estime qu’ils représentent une menace non seulement pour la stabilité régionale, mais également pour la paix et la sécurité mondiales.»

Revenant aux déclarations du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de ses ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich sur le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza, le ministre a précisé que «le Maroc rejette catégoriquement ces déclarations dangereuses».

Selon lui, ces pratiques «ne violent pas seulement les résolutions du Conseil de sécurité, elles donnent aussi l’impression d’une absence totale de mécanismes de dissuasion efficaces». Il a averti que cette spirale de violence «sape les fondements mêmes sur lesquels repose l’espace euro-méditerranéen, intrinsèquement lié au processus de paix au Proche-Orient».

Rejet des discours sur le déplacement forcé des Gazaouis

Bourita a été ferme : «Le Maroc rejette absolument toutes les déclarations provocatrices appelant à l’expulsion des habitants de Gaza. De tels propos sont dangereux, car ils menacent directement la stabilité et doivent être traités avec la rigueur et la fermeté nécessaire».

Et d’ajouter: «La dangerosité de ces déclarations va au-delà du territoire de la bande de Gaza. Elles menacent les civils de Gaza, mais également la stabilité de la région.»

«Le Maroc considère également que les déclarations à propos de l’occupation permanente de la Bande de Gaza doivent être prises au sérieux car elles tentent de réduire à néant des décennies d’efforts visant à consolider la solution à deux États», a-t-il averti, rappelant qu’«aujourd’hui, l’objectif est d’éliminer cet horizon une fois pour toutes».

Al Qods, symbole menacé

Le ministre des Affaires étangères a également dénoncé les incursions et violations répétées à Al Qods (Jérusalem), soulignant qu’elles risquent de «transformer un conflit politique en conflit religieux». Or, «la ville sainte a toujours eu une certaine symbolique. Elle a toujours incarné un espace de coexistence», a-t-il rappelé, avertissant que les atteintes à ce statut particulier alimentent «davantage de radicalisme et de haine».

Le Maroc a condamné l’attaque israélienne récente contre l’État du Qatar et soutient la convocation d’un sommet arabo-islamique pour discuter de cette grave escalade, a assuré Bourita. «La région traverse une phase extrêmement critique qui exige de la communauté internationale et du Conseil de sécurité une réponse responsable et ferme», a-t-il déclaré, estimant que les comportements actuels «mèneront la région vers des scénarios incontrôlables».

Le Maroc réaffirme son attachement à la paix

Tout en dénonçant vigoureusement les pratiques israéliennes, Bourita a réitéré l’engagement du Royaume en faveur de la paix : «Le Maroc reste fermement attaché à la solution à deux États, seule voie pour bâtir un avenir commun». Il a rappelé que ce règlement doit permettre l’établissement d’un État palestinien indépendant dans les frontières de juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

«Il n’y aura pas de stabilité dans la région sans la création de l’État palestinien», a-t-il insisté, soulignant que toutes les mesures contraires «ne feront qu’aggraver les tensions et le radicalisme».

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