Maladies chroniques: 95% des Marocains présentent au moins un facteur de risque (rapport)

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Près de 95% des Marocains présentent au moins un facteur de risque lié aux maladies chroniques, alerte l’OMS. Derrière ces chiffres, une crise sanitaire silencieuse qui s’intensifie.

Au Maroc, les maladies non transmissibles (MNT) représentent aujourd’hui l’un des défis sanitaires les plus complexes. Hypertension, diabète, cancer… Ces pathologies silencieuses sont responsables de près de 85% des décès dans le pays, dont 24% chez les personnes âgées de 30 à 70 ans. Derrière ces chiffres, publiés par l’OMS, une réalité épidémiologique qui appelle à une stratégie multisectorielle urgente.

Les résultats de l’enquête nationale STEPS, menée entre 2017 et 2018 auprès des adultes marocains, sont alarmants: 94,3% des personnes sondées présentent au moins un facteur de risque lié aux MNT. Tabagisme, alimentation déséquilibrée, sédentarité, surpoids… les risques sont largement répandus.

Près de 29,3% des Marocains souffrent d’hypertension, 10,6% vivent avec le diabète, 10,4% sont pré-diabétiques, 11,7% fumeurs, et plus de la moitié sont en situation de surpoids ou d’obésité, apprend-on de l’étude.

Au-delà de l’impact sanitaire, ces maladies chroniques pèsent lourdement sur le système de santé marocain. Quatre pathologies — insuffisance rénale terminale, cancer, hypertension sévère et diabète — absorbent à elles seules plus de 73% des dépenses consacrées aux maladies chroniques.

Dans un contexte de demande croissante de soins, les ressources humaines restent limitées: le Maroc ne compte que 1,5 professionnel de santé pour 1.000 habitants, bien en deçà du seuil de 4,45 fixé par les Objectifs de développement durable des Nations unies, alerte l’OMS.

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Cette pression est aggravée par la transition démographique que connaît le Royaume. Avec l’allongement de l’espérance de vie et la baisse de la fécondité, la population vieillit rapidement. Actuellement, 2,57 millions de personnes âgées vivent avec au moins une MNT. Si les tendances se maintiennent, ce chiffre pourrait atteindre 3,9 millions d’ici 2030, selon le Haut-Commissariat au Plan.

Face à cette situation, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a lancé en 2019 une Stratégie nationale multisectorielle de prévention et de lutte contre les MNT, couvrant la période 2019–2029. Soutenue par une charte nationale signée par 25 partenaires, dont 13 ministères, cette stratégie vise à renforcer les infrastructures, les protocoles de soins et les capacités humaines.

Des avancées notables ont ainsi été enregistrées : construction de centres d’oncologie, d’hôpitaux psychiatriques, de centres de santé reproductive et de traitement des addictions, avec le soutien de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité. Des programmes de dépistage structurés ont également été mis en place pour les cancers du sein et du col de l’utérus, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Le Maroc a également développé des guides cliniques et des protocoles thérapeutiques, notamment pour le diabète et le cancer. L’intégration de la prise en charge des MNT dans les soins de santé primaires s’est renforcée, notamment à travers l’approche HEARTS de l’OMS, qui vise à améliorer la santé cardiovasculaire en milieu communautaire.

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