Transport maritime: la success story « unique » du Maroc vue par la CNUCED (rapport)

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Maroc : le déficit commercial s'aggrave de 6,8% en 2024 (Office des Changes)
Port de Tanger Med. © DR.

Le rapport 2025 de la CNUCED sur le transport maritime salue la digitalisation portuaire du Maroc via PORTNET. Mais face aux défis climatiques et géopolitiques, le Royaume doit renforcer la résilience de ses infrastructures.

L’édition 2025 du rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), intitulée «Staying the course in turbulent waters » (Maintenir le cap dans les eaux turbulentes), met en lumière la complexité croissante du transport maritime, tout en saluant les initiatives des pays en développement visant à améliorer la performance portuaire.

À ce titre, le Maroc se distingue comme un exemple réussi de digitalisation maritime, notamment grâce à la mise en œuvre de son guichet unique, PORTNET. Ce système a profondément transformé la chaîne logistique maritime marocaine en améliorant l’efficacité, en réduisant les risques et les délais, et en offrant une meilleure visibilité sur les opérations portuaires.

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L’expérience marocaine avec PORTNET, lancé en 2011 comme Guichet Unique Maritime (MSW), est qualifiée de « tout à fait unique » par la CNUCED. Une success story qui repose sur l’intégration progressive des fonctions portuaires et commerciales. En 2015, la composante commerciale a été incorporée, permettant de relier le Guichet Unique Portuaire au Guichet Unique Commercial.

Ce système, géré par l’Agence nationale des ports (ANP), automatise les procédures et soutient activement le commerce extérieur. La CNUCED souligne qu’une gouvernance solide, impliquant à la fois les secteurs public et privé — avec les douanes comme partenaire clé — a été essentielle à ce succès.

Ces défis mondiaux qui impactent le Maroc

Bien que le Maroc ait démontré sa capacité d’innovation, le rapport de la CNUCED rappelle que le secteur maritime mondial est confronté à une convergence de turbulences nécessitant une adaptation urgente. Le Royaume, en tant qu’acteur majeur sur la façade atlantique et en Méditerranée, est directement concerné par ces défis structurels.

Les tensions géopolitiques persistantes, notamment la crise en mer Rouge, ont provoqué des perturbations sans précédent depuis des décennies. Ces bouleversements contraignent les navires à de longs détours, allongeant considérablement les distances de navigation et faisant exploser les taux de fret. Le rapport indique que les volumes de commerce maritime ajustés en distance ont augmenté de 5,9 % en 2024. Pour des pays comme le Maroc, cette volatilité des coûts logistiques représente un fardeau important, menaçant la compétitivité du commerce extérieur.

La transition environnementale constitue un autre défi majeur. Le durcissement des normes internationales, notamment l’intégration du secteur maritime dans le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (EU-ETS) et l’entrée en vigueur de FuelEU Maritime en 2025, impose de nouveaux coûts de conformité. Ces réglementations remodèlent l’économie du transport maritime, obligeant les flottes à envisager des carburants alternatifs. Le défi est de taille : si plus de la moitié du tonnage commandé repose sur des alternatives, plus de 90 % de la flotte active mondiale utilise encore des carburants conventionnels.

Chocs climatiques

Enfin, la multiplication des événements climatiques extrêmes exige une adaptation climatique dans la planification portuaire. Pour maintenir leur rôle de plaques tournantes, les ports marocains devront investir dans des infrastructures résilientes, capables de faire face aux vents violents, aux inondations potentielles et aux nouveaux types de cargaisons liés à la transition énergétique, comme les minéraux critiques ou l’avitaillement en carburants alternatifs. L’enjeu est de garantir la fluidité des chaînes logistiques, malgré les turbulences climatiques.

La CNUCED confirme que le Maroc a pris une longueur d’avance en matière de digitalisation, mais rappelle que même les leaders doivent faire preuve de vigilance et de stratégie pour « maintenir le cap » face aux défis géopolitiques et environnementaux qui redéfinissent l’avenir du commerce maritime mondial

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